mercredi 24 février 2010

Merci Ciani

Difficile de faire mieux que Bordeaux sur la scène européenne à l'heure actuelle. En s'imposant sur le terrain de l'Olympiakos (0-1) en 8e de finale aller, les Girondins n'ont pas seulement pris une belle option sur la qualification pour les quarts de finale. Ils ont aussi enchainé une sixième victoire consécutive en Ligue des Champions, une performance inédite depuis les neuf succès d'affilée du FC Barcelone en 2002/2003. Si les hommes de Laurent Blanc ont réussi cela, ils le doivent d'abord à la qualité de leur défense, qui n'a concédé que deux buts depuis le début de la compétition. Mais aussi à l'efficacité offensive de l'un de ses défenseurs. Déjà décisif face à Haïfa (1-0) et au Bayern Munich (2-1) lors du 1er tour, Mickaël Ciani a remis ça en Grèce. En reprenant victorieusement de la tête un coup franc de Yoann Gourcuff, juste avant la pause, l'ancien Lorientais a lancé sa formation sur les rails des quarts de finale, au meilleur moment possible.

Au passage, le numéro 2 des Girondins s'est emparé de la tête du classement des buteurs du club en Coupe d'Europe avec trois réalisations, soit une de plus que Marouane Chamakh. Pas mal pour un joueur plutôt habitué à défendre et qui n'avait jamais connu le niveau européen avant de rejoindre les bords de la Garonne l'été dernier, contre une indemnité de 4 millions d'euros. Mais Ciani est un perfectionniste. S'il reconnait l'importance de son but, une nouvelle fois inscrit suite à un coup de pied arrêté, il regrette cependant de ne pas avoir mis Bordeaux à l'abri quand il en a eu l'occasion. "En tout cas, ce but débloque tout. C'est bien mais ce n'est vraiment pas ça l'important. J'aurais pu inscrire mon quatrième but cette saison en C1 et, à vrai dire, je m'en veux un peu de l'avoir manqué. Mais je vous le répète, l'essentiel est ailleurs : il fallait rester solide", insiste l'ex-Merlu.

Une défense retrouvée

Car, plus que le but de Ciani, c'est peut-être l'imperméabilité retrouvée de la défense bordelaise qu'il faudra retenir de ce voyage en Grèce. Si les hommes de Laurent Blanc présentent le meilleur bilan dans ce domaine parmi les équipes encore en course en Ligue des Champions, leurs performances récentes en championnat n'incitaient pas forcément à l'optimisme. Avec huit buts encaissés lors de ses trois dernières sorties en Ligue 1, l'arrière-garde girondine ne respirait plus vraiment la fiabilité. En Grèce, dans un contexte toujours délicat et face à une équipe invaincue à domicile en Coupe d'Europe depuis 2006, elle a affiché une solidité remarquable. "C'est parce que l'équipe va mieux. On reste sur trois victoires consécutives (NDLR : Saint-Etienne, Lorient et Olympiakos). On a eu un mois de janvier difficile. Début février a aussi été compliqué. Là, Bordeaux se réveille enfin. On a démontré que dans l'esprit on était là", souligne Ciani.

Si la performance et le résultat des Bordelais appellent une confirmation, ils sont cependant de nature à rassurer après la période délicate traversée par les Girondins. La formation de Laurent Blanc semblait grippée depuis le début de l'année 2010, à l'image de son défenseur d'ailleurs. Il le reconnaissait lui même après la victoire face à Saint-Etienne (3-1) il y a dix jours. "On a tous mal repris. On se relèvera tous ensemble", déclarait-il alors. "C'est un sport collectif, il faut une prise de conscience collective. Sur un plan personnel, je ne suis pas content, je peux mieux faire. Chacun dans son coin doit faire un travail individuel et être prêt mentalement. Comme le coach n'a pas arrêté de le dire: on n'a pas perdu nos qualités du jour au lendemain. C'est plus mental", avait-il souligné. Cet état d'esprit a repris corps en Grèce, grâce une défense retrouvée et un but de Ciani tombé à point nommé. A l'image de son défenseur, le vrai Bordeaux est peut-être bien de retour.

Eurosport

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