vendredi 12 mars 2010

Bordeaux doute?

C'est peut-être un signe. Le jour où Lyon renaissait de ces cendres à Madrid en Ligue des Champions, Bordeaux s'est perdu dans les méandres du calendrier de Ligue 1. Si sa date a longtemps fait débat, ce match en retard était pourtant une belle occasion pour les Bordelais de reprendre leurs aises en tête du championnat. Au lieu de ça, les Girondins ont atteint "le néant total" face à Auxerre (1-2) à en croire Benoît Trémoulinas. Ils redonnent ainsi espoir à leurs poursuivants. Mais, surtout, ils confirment le malaise qui assombrit aujourd'hui leurs rêves de doublé. "On doute, avoue d'ailleurs Laurent Blanc. Il n'y a qu'à voir notre manière de jouer. On a perdu quelques certitudes et individuellement une certaine confiance. C'est une période à traverser, à assumer puis il faut rebondir. Il y a deux solutions : ou vous vous écroulez ou vous avez une franche et bonne discussion et vous essayez de rebondir".

Cette discussion, l'entraîneur l'a eue avec ses joueurs jeudi au lendemain de la défaite à domicile face à l'AJA. "Il y avait une mise au point à faire, elle a été faite", a-t-il simplement dévoilé sans entrer dans le détail. Mais les mots du Président n'ont sans doute pas été tendres. "Sur les deux matches qu'on vient de faire, c'est insuffisant. Il y a des choses qui ne m'ont pas plu, a tout même fait savoir Laurent Blanc devant la presse. Quand je dis qu'il faut aider les joueurs et ne pas les accabler, ce n'est pas forcément avoir de la compassion, mais les mettre devant leurs responsabilités et surtout faire prendre conscience au groupe qu'en continuant comme ça on se met en danger par rapport à nos objectifs. Il ne faut pas tomber dans la sinistrose mais dire la vérité. Dire certaines vérités, c'est aider les joueurs".

2010, année du déclin ?

On peut imaginer que le Cévenol a eu quelques mots pour Marouane Chamakh, à court de forme, ou surtout Jussiê, pris en grippe par le stade Chaban-Delmas pour sa nonchalance, son absence de révolte, et ses deux pertes de balles amenant les deux buts sur les contres de Jelen. Le "sang frais" (quatre nouveaux joueurs par rapport au match de Montpellier) qu'il a essayé d'amener n'a pas non plus porté ses fruits. "Cela n'a pas donné ce qu'on escomptait", concède Blanc. Pour couronner le tout, après Alou Diarra, préservé pour son retour à la compétition mais dont l'impact physique a cruellement manqué au milieu de terrain, les Bordelais ont perdu Marc Planus. Victime d'une entorse du ligament latéral interne du genou gauche, le patron de la défense a lui aussi laissé un vide que l'équipe n'est pas parvenue à combler.

Certes, la situation n'est pas encore alarmante. Avec un match en retard à jouer contre Le Mans, les Girondins restent leaders du championnat. "L'année dernière à la même époque on avait pris une belle gifle à Toulouse (défaite 0-3) et on était 5e du championnat", rappelle d'ailleurs Blanc. Mais les problèmes hivernaux tardent à se résoudre et ont fait naître des inquiétudes, y compris dans les rangs bordelais. En 2010, le club a ainsi déjà laissé filer 9 points à Chaban-Delmas (trois nuls contre Marseille, Boulogne-sur-Mer, Montpellier et une défaite contre Auxerre) contre seulement 3 lors de la phase des matches-aller. "On n'a pas attaqué cette deuxième partie de saison comme on aurait dû le faire", ne peut que constater Laurent Blanc qui appuie là où ça fait mal au lieu de se réfugier derrière un calendrier démentiel : "Depuis janvier, on pense beaucoup plus individuellement que collectivement. Je parle des joueurs et du staff".

"Un peu de suffisance"

"On peut dire que depuis 2010, on a un peu de suffisance, finit par pointer du doigt Laurent Blanc. C'est un vilain défaut. Actuellement, les adversaires se méfient de Bordeaux, mais quand après 30, 40, 45 ou 60 minutes, ils s'aperçoivent que Bordeaux n'est pas si bien que cela ils prennent confiance et ont conscience qu'ils peuvent faire un bon résultat". Mis face à leurs responsabilités, ce sont désormais aux joueurs d'apporter des réponses. "On va voir si on est capable de rebondir et montrer qu'on a du caractère. C'est le moment de le démontrer, notamment à Monaco et puis lors des échéances que l'on a dans le futur", a prévenu le technicien. "Le paradoxe est qu'on traverse une mauvaise passe et qu'on est toujours premier. Actuellement on n'a pas les qualités que notre place en championnat pourrait laisser penser, conclut-il. La fin de saison, on va la faire avec le même groupe. Il faut faire en sorte qu'il retrouve sa confiance, ses qualités".

Eurosport

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