samedi 13 mars 2010

La surprise de Kezman

Mateja Kezman a surpris tout le monde en réussissant une bonne rentrée lors du match nul décroché in-extremis par le PSG à Lens (1-1) la semaine passée. L'attaquant serbe a apporté un peu de caractère à une équipe qui n'en a pas, ou très peu. Vu son passé à Paris, c'est déjà pas mal.
Le football réserve décidément bien des surprises. Parfois les plus improbables. Voir Mateja Kezman réussir une action positive avec le PSG par exemple. A la base, on n'imaginait même pas le Serbe porter de nouveau les couleurs parisiennes après sa saison catastrophique de l'an passé. Son jet de maillot au terme d'une énième prestation inacceptable face à Bordeaux (0-3), en demi-finale de la Coupe de la Ligue semblait en effet avoir condamné cette hypothèse, même s'il avait fait quelques apparitions un peu plus convaincantes en fin de saison. Paris a d'ailleurs fait des pieds et des mains pour se délester de son attaquant et de ses 250 000 euros de salaire mensuel (net). Sans parvenir à ses fins. Le Zénith Saint-Pétersbourg, où il était prêté jusqu'en janvier, n'en a pas voulu, pas plus qu'aucun autre club dans le monde. "Batman" n'a pas trouvé preneur et le PSG a dû se résoudre à le garder. S'en plaint-il encore aujourd'hui ? Pas sûr. Car les Parisiens n'auraient certainement pas ramené un point de Lens la semaine passée sans l'ancien buteur du PSV Eindhoven.

A défaut de réaliser une action extraordinaire, Kezman a été décisif à Bollaert. En allant arracher un ballon avant de provoquer la faute de Nenad Kovacevic à l'entrée de la surface lensoise, il a amené le but de Stéphane Sessègnon, plus prompt que la défense artésienne à suivre le coup-franc de Younousse Sankharé. Son geste n'est pas totalement passé inaperçu. S'il n'a, logiquement, pas trouvé un écho prononcé dans la presse, il a en revanche retenu l'attention des supporters parisiens. Sur le site officiel du club, 27% des sondés ont ainsi estimé que le Serbe était le meilleur joueur parisien de la partie. Alors qu'il n'a passé qu'un petit quart d'heure sur la pelouse. Un simple coup franc provoqué justifie-t-il un tel plébiscite ? Pas vraiment. Outre le côté décisif de son entrée en jeu, "Batman" a aussi multiplié les appels, apporté sa hargne, sa combativité et ainsi une nette contribution à la pression du PSG en fin de match. Pas de quoi s'enflammer non plus. Sauf qu'il a été à peu près le seul Parisien à manifester une réelle volonté de vaincre alors que son équipe se dirigeait vers une nouvelle défaite, dans la foulée de l'humiliation subie au Parc face à Marseille (0-3). Et la satisfaction affichée par Antoine Kombouaré et ses joueurs du point pris dans l'Artois ne doit pas masquer l'indigence d'une prestation parisienne qui aurait été étalée au grand jour sans cette égalisation de dernière seconde.

L'histoire d'un match

Oui, si Paris a passé une semaine relativement tranquille, il le doit en partie à Kezman. Le Serbe a d'autant plus de mérite qu'il n'avait quasiment pas de rythme. Au moment de fouler la pelouse de Bollaert, le numéro 14 du PSG avait... 3 minutes de jeu dans les jambes depuis le début de l'année 2010. Les trois dernières minutes du match face à l'OM, au cours desquels il s'était déjà signalé par un... carton jaune pour avoir asséné un tacle violent à l'attaquant marseillais Mamadou Niang. "C'était la première fois depuis plusieurs mois que je portais le maillot du PSG. Je n'ai joué que trois minutes mais j'étais content de retrouver le Parc des Princes", avait-il confié après la rencontre. "En revanche, je ne suis évidemment pas satisfait de la situation de l'équipe. Nous ne sommes pas aussi performants que nous le voudrions. Nous devons êtres forts et continuer à travailler pour renverser la situation. J'espère être en mesure d'aider l'équipe dans cette perspective", avait-il ajouté. Face à Lens, Kezman a prouvé que ce n'était pas des paroles en l'air. Malgré un temps de jeu extrêmement limité, il a pesé sur la rencontre et sur son résultat. A l'heure où la plupart des cadres du PSG donnent l'impression de se cacher, où la formation d'Antoine Kombouaré manque cruellement de caractère et de combativité, c'est un joueur sur lequel Paris ne comptait plus qui montre l'exemple en quelque sorte.

On peut cependant imaginer que cela restera l'histoire d'un match. Kombouaré a attendu durant trop longtemps de pouvoir aligner son duo Guillaume Hoarau-Mevlut Erding pour faire entrer Kezman dans son onze de départ aujourd'hui. Le Serbe devra vraisemblablement se contenter de bouts de matches jusqu'à la fin de la saison, sauf blessure d'un des deux attaquants titulaires du club. Son seul espoir d'être aligné repose peut-être sur la Coupe de France, dans l'hypothèse où l'entraineur parisien fasse tourner son effectif, ce qui est loin d'être acquis. D'ailleurs, cette compétition lui tient à coeur, alors que le PSG se déplacera à Auxerre en quart de finale, le 23 mars. "Bien sûr, j'aimerai remporter un trophée avec Paris. C'est magnifique de gagner un titre et de partager ça avec les supporters. Nous avons une opportunité d'aller au Stade de France, mais avant il y a un match difficile contre Auxerre. Nous sommes à 180 minutes d'une finale et on doit tout faire pour offrir cette coupe au club. Je suis conscient que les supporters sont déçus et on doit tout faire pour leur redonner le sourire", affirme l'homme aux innombrables tatouages. En attendant, il y a la réception de Sochaux en championnat samedi, au Parc des Princes. Un match que Kezman débutera probablement sur le banc de touche. Mais qui sait s'il ne sortira pas encore le PSG d'un mauvais pas. Il y a tellement de surprises dans le football...

Eurosport

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