mercredi 3 mars 2010

Le défi du milieu

Toulalan et Lassana Diarra à la récupération. Ribéry à droite, Gourcuff dans l'axe, Henry à gauche. Le milieu de terrain type de l'équipe de France n'est un secret pour personne et Raymond Domenech va pouvoir l'aligner, mercredi contre l'Espagne, pour la première fois depuis treize mois et la défaite contre l'Argentine (0-2). Tout concourt à faire de ce secteur, «le coeur du jeu», comme l'appelle Laurent Blanc, le point névralgique de la rencontre de ce soir. Le style et l'exceptionnel niveau de l'adversaire dans l'entrejeu lancent défi aux Tricolores. Vicente Del Bosque va opposer au cinq majeur français Busquets, Xabi Alonso, Xavi, Iniesta et Silva, c'est-à-dire au moins trois des plus grands joueurs du monde à ce poste, programmés pour priver l'adversaire du ballon et étirer ses lignes à force de suffocation.

Au-delà du problème tactique porté par l'adversaire, le milieu de terrain est au coeur de tous les dysfonctionnements rencontrés dans le jeu français depuis l'Euro. Les soucis des Bleus en défense, récurrents ou conjoncturels, imposent au milieu de protéger correctement une arrière-garde inédite, qui ne résisterait pas à une série d'assauts rapprochés. Quant au jeu vers l'avant, les Français avaient étalé au milieu de vrais soucis de complémentarité et d'attitude avant le barrage retour contre l'Irlande (1-1, a.p.), leur dernier match en date, sur fond de peur et de néant généralisés. France - Espagne est un bon jour pour remettre en ordre toutes les pièces du puzzle.


Eviter le remake de l'Argentine

Revenons à France - Argentine. Ce soir-là, le milieu des Bleus avait été confronté à une privation du ballon semblable à celle qu'il faut anticiper avant de jouer l'Espagne. Ils avaient réalisé une très belle première mi-temps dans le pressing collectif, à l'image de ce que Lyon avait su faire contre Barcelone à l'aller l'an passé (1-1) ou le Real il y a deux semaines (1-0). Mais ils avaient souffert d'une impatience coupable dans l'utilisation du ballon, manifestant une très faible capacité à la conserver, à rester maître du rythme et à garder de la lucidité pour avancer dans le terrain. Rendant le ballon à l'Argentine gratuitement, la France, épuisée et frustrée, s'était condamnée à faire de la figuration après la pause. Depuis, il y a eu les deux matches contre la Lituanie (1-0, 1-0), qui ont montré - surtout à l'aller - que Toulalan et Diarra avaient intériorisé la nécessité de soutenir les attaquants, même s'ils sont encore loin de faire oublier la mécanique Makelele - Vieira dans ce registre.

Depuis, il y eut surtout France - Roumanie (1-1) et Serbie - France (1-1), deux matches relativement aboutis sur le plan collectif. Les hommes de Domenech y avaient enfin cultivé une certaine patience dans la construction des actions qui leur avait permis de rester les maîtres du match. Franck Ribéry est un joueur qu'il vaut mieux avoir avec soi que contre, mais tout s'est passé comme si son absence dans le onze de départ, ces deux soirs-là, avait contribué à cette heureuse gestion des tempos, en éloignant la tentation du coup gagnant sur chaque ballon gagné. Si le Munichois s'inscrit dans ce projet-là, rien ne s'opposera à ce que les Bleus franchissent un cap dans leur maîtrise collective. Restera à reconstruire la complicité que Ribéry avait suscitée avec Gourcuff, meneur de jeu en souffrance ces derniers mois sur le plan individuel, mais surtout privé de ses ailes à Dublin (1-0) par la mobilité excessive d'Henry et Anelka vers sa zone d'influence. L'Espagne, au cas où, se tient disponible pour montrer aux deux excentrés français qu'il est plus facile de faire circuler le ballon en utilisant toute la largeur du terrain

l'équipe
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