ROLAND ROMEYER, Saint-Etienne va mieux depuis 2010. A quoi attribuez-vous ce renouveau ?
R.R. : Principalement à l'état d'esprit qui règne, aujourd'hui, dans l'équipe. Christophe Galtier a redonné un esprit de groupe, un fighting spirit.
Comment expliquez-vous que, pour le moment, Christophe Galtier réussit là où Alain Perrin a échoué ?
R.R. : Nous sommes dans la gestion de l'humain On ne sait jamais vraiment pourquoi un discours passe mieux qu'un autre. Christophe Galtier est très proche de ses hommes. Il a un profil qui correspond parfaitement aux valeurs du club et il n'est pas sans rappeler, si tant est qu'on peut comparer deux individus, Frédéric Antonetti. Et ses débuts sont plus que concluants dans le contexte.
Quel est le but principal du nouvel organigramme présenté en début d'année ?
R.R. : Le Directoire, que je préside, a deux missions principales : une sportive, à court terme, qui est de maintenir le groupe professionnel en Ligue 1 et une mission générale qui est de retrouver les valeurs du club qui s'étaient émoussées avec le temps. Je veux que nous retrouvions nos valeurs de travail, d'humilité et de solidarité qui ont fait notre force par le passé . Et retrouver une ambition certaine et légitime pour le décuple champion de France, six fois vainqueur de la Coupe de France. Demain se décidant aujourd'hui, j'ai pris ma responsabilité d'actionnaire en devenant le président du Directoire.
En tant que pur Stéphanois, très attaché à l'ASSE, que représente pour vous le derby qui se profile samedi ?
R.R. : Le derby est un match très particulier, en effet, pour tous les Stéphanois. La rivalité, qui s'est exacerbée dans le football aujourd'hui, est un antagonisme qui remonte à la nuit des temps, avec deux villes que tout oppose : Saint-Etienne, la travailleuse, la laborieuse et Lyon, la bourgeoise, la hautaine. Mais cette rivalité doit se réaliser avant tout dans le fair play : le match, ce derby, doit être une fête, un grand moment de football et de partage.
Saint-Etienne ne s'est plus imposé face à Lyon depuis 1994, comment le vivez-vous ?
R.R. : Tristement, évidemment ! Mais, vous savez, toutes les séries sont faites pour s'achever. L'oublier c'est manquer d'humilité. Hier, le grand « Real Madrid » est tombé alors qu'il se voyait déjà sacré à Santiago-Bernabeu Donc nous allons à Gerland avec l'esprit combatif et des points à prendre même si on sait que cela va être difficile face au 4ème du championnat, qui brille en Ligue des Champions.
Que pensez-vous du mode de gestion de l'OL ?
R.R. : Jean-Michel Aulas est le Roger Rocher lyonnais : il a construit indubitablement un grand club en se structurant comme il l'a fait. Après tous les modèles ne sont pas fortement exportables partout. Chaque club a son histoire, son environnement.
Supportez-vous l'OL en Ligue des champions ?
R.R. : Je supporte les clubs français en Coupe d'Europe..
L'écart qui sépare désormais l'OL à l'ASSE est-il insurmontable ?
R.R. : Je ne le crois pas Les budgets ne font pas tout. C'est la richesse du football. Regardez le parcours de Montpellier, cette saison. Regardez également le Real mercredi soir A nous de trouver les moyens de nos ambitions, de former les joueurs de demain.
Plus généralement, après deux saisons moroses, ne craignez-vous pas que le fossé se creuse entre Saint-Etienne et les trois cadors de la L1 (Bordeaux, Marseille, Lyon) ?
R.R. : L'ASSE a sa propre histoire, son propre destin, je le répète. Tous les clubs rencontrent des passages à vide. Je note que vous ne citez d'ailleurs plus le PSG dans les « cadors » Nous croyons au potentiel de l'ASSE qui est soutenue par des milliers de supporters dans toute la France et qui garde intact son capital sympathie
Le club végète depuis deux saisons dans les bas fonds de la L1 malgré de belles ambitions affichées en début de saison. Quelles ont été selon vous les principales erreurs commises par l'équipe dirigeante selon vous ?
R.R. : Des erreurs dans le choix des hommes et, surtout, de s'être éloigné de façon insidieuse de nos valeurs fondatrices. Vous oubliez quand même notre beau parcours en Coupe UEFA la saison dernière, ce qui n'était pas arrivé depuis 26 ans.
Eurosport
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