LOUIS VAN GAAL, L'AUTRE DESPOTE
Vainqueur de la Ligue des champions en 1995 (Ajax Amsterdam)
«Au début, il était trop dur avec les joueurs, qui ne s'amusaient pas. Il n'y avait pas d'âme. Il me paraît plus détendu et a réussi à mettre son équipe derrière lui.» Bixente Lizarazu a prononcé cette phrase ce week-end. A propos de Claude Puel ? Non, de Louis Van Gaal, mais la ressemblance peut troubler. L'histoire de Van Gaal au Bayern, c'est celle de Puel à Lyon, celle d'un leadership contesté car trop rigide, dont on a pu penser qu'il allait leur être fatal à force de résultats décevants et de jeu sans relief, rendu par la suite efficace par quelques concession à la méthode autoritaire. Ils ont surtout en commun d'avoir imposé leur autorité technique en apportant la preuve de leur savoir-faire en Ligue des champions. Puel n'a plus besoin de hausser le ton depuis Madrid (1-0, 1-1). Pour Van Gaal, tout est parti du chef-d'oeuvre réussi à Turin en phase de poules (4-1). Ajoutons que leur parcours confère aux deux hommes une sensibilité de post-formateurs qui les rend capables de donner leurs chances à de très jeunes joueurs. Van Gaal a gagné la C1 avec une escouade de gamins à peine sortis de l'adolescence. Puel est fier d'avoir amené Lille en huitième de finale avec «des joueurs qu'on a pris en L2 ou en CFA». Leurs détracteurs leur reprochent un sens de la fidélité exacerbé. Les Néerlandais qu'a recrutés Van Gaal au Barça étaient à peine plus nombreux que les Lillois importés par Puel à Lyon.
JOSE MOURINHO, L'AUTRE DESTRUCTEUR
Vainqueur de la Ligue des champions en 2004 (FC Porto)
Imaginez Claude Puel faire des tirades surjouées de cinq minutes en conférence de presse sur l'arbitrage pas à la hauteur, sur un complot des instances à son égard, sur la paranoïa de ses rivaux. Puel s'autoproclamant le Special One ? Les habitués de ses points-médias en rient grassement. Oublions les personnalités, incomparables, et retenons un sens exceptionnel de la realpolitik appliquée au football. Mourinho et Puel en ont fait tourner plus d'un en bourrique avec leur art de placer le bon joueur au bon endroit, ou plutôt, le parfait grain de sable à l'endroit le plus sensible de la mécanique adverse. La presse européenne s'est passionnée pour deux tacticiens, ce printemps. Pour Puel et ses choix qui ont déréglé le Real Madrid à Bernabeu (1-1). Pour Mourinho et son 4-2-1-3 royal à Chelsea (1-0). Le label Mourinho - Puel, c'est celui qui consiste à pourrir le jeu de l'adversaire, à noyer ses certitudes les plus basiques et à cueillir le match avec un réalisme de tueur. S'ils gagnent à Madrid le 22 mai, il y aura plus d'un édito sur le triomphe d'un football sans style. Ils s'en moqueront comme de leur premier 0-0.
PEP GUARDIOLA, L'AUTRE FACETTE DU 4-3-3
Vainqueur de la Ligue des champions en 2009 (FC Barcelone)
Joueurs, ils auraient fait un beau duo. Puel l'accrocheur devant la défense, jamais en retard sur un duel, toujours à bloc quel que soit le score, et Guardiola la rampe de lancement, le cerveau de l'équipe, dans un rôle identique à celui de Xavi aujourd'hui. Le point commun entre Guardiola et Puel, c'est leur poste. Celui de milieu défensif auquel ils ont fait toute leur carrière (ils se sont affrontés en 1994 lors d'un Barcelone - Monaco), et où ils auront reçu une vision périphérique et extrêmement collective du jeu. Hommes de devoir. Cela se traduit dans leurs discours. Parler des individualités leur donne de boutons. L'équipe, le groupe, sont les seules notions qu'ils cultivent. Confrontés cette année à des cascades d'absents, ils ont l'un et l'autre affronté ces situations sans plainte, malgré des choix parfois improbables (Toulalan - Gonalons en défense centrale, Bastos en pointe à Lyon, Jeffren arrière gauche, Y. Touré en défense, Maxwell milieu gauche à Barcelone). Leurs équipes ressemblent aux styles des joueurs qu'ils étaient. L'un et l'autre adeptes du 4-3-3, ils incarnent chacun de leur côté tout ce qu'un entraîneur peut tirer de l'organisation la plus utilisée en Europe. Pressing haut, possession du ballon et utilisation des couloirs dans sa version la plus offensive à Barcelone. Pressing médian, quadrillage du terrain et explosion vers l'avant dans sa version la plus opportuniste à Lyon.
L'équipe
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