jeudi 13 mai 2010

Govou : "Je vais pleurer"

Sidney Govou va jouer son dernier match pour Lyon, samedi contre Le Mans, onze ans après ses débuts. Il est lucide sur l'émotion qui va l'envahir. L'international donne aussi le profil de son futur club : un club étranger qui lui permettrait d'affronter Lyon en Ligue des champions.
SIDNEY GOVOU, est-ce un point presse un peu spécial pour vous?

S.G. : Forcément, puisque c'est le dernier. En fait, je n'ai pas trop réfléchi à la situation, je vis les choses et on verra bien.

À quoi vous attendez-vous samedi soir?

S.G. : Bonne question… Je ne sais pas. J'ai envie de jouer et de très bien finir. J'espère que les gens seront contents pour moi et que je leur rendrai sur le terrain, comme j'essaie de le faire habituellement. J'ai vécu pas mal de départs, c'est mon tour. Le temps passe et, forcément, les plus anciens finissent par partir.

Êtes-vous heureux de jouer votre dernier match avec l'OL au stade de Gerland?

S.G. : C'est très bien, notamment pour mes amis. De mon côté, j'ai eu pas mal de places à acheter, à mettre dans des enveloppes, c'était un peu un casse-tête. (Sourires).

Vous attendez-vous à un hommage de la part des supporters?
S.G. : Oui, forcément. Je n'ai connu que Lyon en tant que joueur de foot. Il y aura pas mal d'émotions, ce sera un peu bizarre de me dire que c'est la dernière fois que je vais fouler la pelouse de Gerland, que je vais voir toutes ces personnes au stade. Il y aura de l'émotion mais je suis également content que ça s'arrête comme cela.

Avez-vous vraiment envie d'aller voir ailleurs?

S.G. : Oui, vraiment. Non pas que ce ne soit pas bien ici même si je critique beaucoup plus facilement que je ne donne des compliments. Les joueurs qui sont partis me l'ont toujours dit et me le répètent encore aujourd'hui : à Lyon, c'est magnifique. Mais il n'y a pas que Lyon dans la vie et je souhaite aller autre part et espérer que ce soit aussi bien.

Quel sera votre futur club?


S. G. : Honnêtement, si je le savais, je vous le dirais. Je serais même content de vous le dire! (sourires). Malheureusement, je ne le sais pas encore aujourd'hui. J'ai eu quelques propositions, je réfléchis.

Quelles sont vos envies? L'Angleterre?

S. G. : L'Angleterre fait partie de mes envies mais je ne suis pas fixé sur une destination particulière. J'espère trouver le meilleur club possible. Jouer une coupe d'Europe serait très bien mais ce n'est pas un critère indispensable.

Pourriez-vous rester en France?
S. G. : Ma priorité, c'est de partir à l'étranger.

Aimeriez-vous aller à Paris?
S. G. : Il fallait que cette question vienne (sourires). Honnêtement, l'étranger est ma priorité, c'est sûr et certain. Maintenant, Paris peut être intéressant. J'adorerais trouver un club qui me permettrait de jouer contre Lyon.

Espérez-vous être fixé avant la Coupe du Monde?


S.G. : L'idéal serait de le savoir avant mais je ne suis vraiment pas sûr de le savoir avant.

Cette dernière saison à Lyon vous laisse-t-elle un goût amer?
S.G. : C'est la vie. C'est vrai que cette saison n'a pas été simple pour moi. J'ai connu de belles choses – la victoire à Liverpool, la qualification contre le Real Madrid- et de beaucoup moins belles que ce soit au niveau foot ou extra-foot (sic). Ça fait partie de ma vie, ça m'a permis de grandir encore plus vite : j'ai vieilli cette année, j'ai pris quelques poils blancs à la barbe! (sourires) Malgré tout, j'ai cette fierté d'avoir tout donné sur le terrain, de n'avoir jamais triché même si je n'ai pas toujours été performant, j'en suis conscient.

"L'extra-foot" a-t-il pesé dans vos performances?

S.G. : Dire non serait mentir. J'ai eu du mal à relever la tête après certaines choses mais j'ai réussi quand même. Pour moi, le tournant dans cette saison se situe le moment où l'on m'a enlevé le brassard. Ensuite, cela a été une lutte perpétuelle avec moi-même pour me remotiver et pour avoir envie de tout donner, ça n'a pas tout le temps été évident mais je pense avoir tout même réussi à le faire.

En voulez-vous à Claude Puel?

S.G. : Ça a été dur.

Vos rapports étaient-ils compliqués?

S.G. : Ça a été compliqué mais il n'y a pas qu'avec lui que ça a été compliqué. Je suis conscient de n'être pas tout le temps quelqu'un de très facile. Maintenant, nous avons peut-être des façons différentes de voir les choses et ce n'est pas toujours passé entre nous. Mais pour bien travailler ensemble, on n'est pas obligés de se faire la bise tous les matins. Ce sont deux choses différentes.

Parvenez-vous à ressortir une image de ces onze saisons professionnelles à l'Olympique Lyonnais?

S. G. : C'est trop compliqué, ça me paraît impossible et réducteur par rapport à tout ce que j'ai pu vivre ici. La Coupe de la Ligue 2001, le premier titre de champion en 2002, le doublé en 2008, des groupes, des joueurs… Je ne peux pas sortir un élément en particulier, c'est trop compliqué.

Quelle était la meilleure équipe de l'OL dans laquelle vous avez évolué ?

S.G. : Là encore, je ne peux pas répondre. Par contre, je peux vous dire avec quel groupe j'ai pris le plus de plaisir à vivre : c'était lors de la dernière année de Paul (Le Guen, en 2004-2005, Ndlr). Je ne sais pas si nous étions plus performants que la saison suivante mais, pour moi, il n'y a pas que le terrain, c'est un tout.

À qui tenez-vous vraiment à dire au revoir?

S.G. : Il y en a tellement… Par respect, je vais dire le président, forcément.

Comment allez-vous saluer vos partenaires?
S.G. : Je vais me lever sur la table, je vais faire un grand discours et je vais pleurer (rires). Non, le foot c'est comme ça, certains partent, d'autres arrivent… Je ne suis pas un grand démonstratif, je dirai bien sûr au revoir à tout le monde mais je n'ai rien préparé.

Très peu de joueurs restent aussi longtemps dans un club…

S.G. : C'est vrai. Ce sera bien sûr différent de quitter Antho (Réveillère), Rémy (Vercoutre), Cris, les gens de la direction, les kinés…, car j'ai vécu longtemps avec eux.

N'avez-vous jamais envisagé de terminer à Lyon?

S.G. : Si. (Rires). Rien n'est simple avec moi. Mais ce n'est pas plus mal.

Comment avez-vous accueilli votre sélection dans la liste des 30 joueurs de Raymond Domenech?

S.G. : Même si j'ai été moins performant avec mon club cette année, j'ai été régulièrement appelé en équipe de France lors de cette campagne de qualification. Et je pense avoir donné satisfaction lorsque j'ai joué. Je ne vais pas cacher que je pense avoir des chances d'être dans les 23. Et j'espère vraiment, vraiment y être.

Eurosport

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire