Vous avez été élu dimanche meilleur entraîneur de L1 par vos pairs. Que ressentez-vous ?
Une immense émotion. J'avais déjà eu l'occasion de recevoir un trophée UNFP lorsque j'ai été champion de France de L2 avec Sochaux en 2001. Mais être sacré en L1, c'est autre chose. Mon travail est reconnu par mes pairs. C'est encore mieux que d'être reconnu par la presse.
Honnêtement, vous vous y attendiez ?
Pas du tout. C'est une petite surprise pour moi. Sur l'ensemble de la saison, Didier Deschamps le méritait tout autant que moi. Il a quand même réalisé le doublé Coupe de la ligue - Championnat avec l'OM.
Vous n'avez toutefois pas combattu avec les mêmes armes que lui cette saison...
C'est certain. Avec nos faibles moyens, on a réalisé une saison exceptionnelle avec l'AJA. On finit européen alors que nous ne sommes pas programmés pour ça. Maintenant, il va falloir obligatoirement renforcer l'équipe dans la mesure où l'enchaînement des matches risque de nous être préjudiciable sur le plan physique. On risque d'y laisser des plumes.
«Mon plaisir, c'est le quotidien»
Pensez-vous pouvoir confirmer la saison prochaine avec Auxerre ?
C'est jouable. Il ne faudra pas se louper sur le recrutement. Mais je constate que l'an dernier, nous avions déjà fait une bonne saison, en terminant huitième. Un groupe s'est créé, avec un état d'esprit irréprochable. Cette saison, on doit notre succès à notre très bonne organisation défensive et l'efficacité de Jelen. Notre série de sept victoires consécutives entre la 7e et la 14e journée a facilité les choses. Cela a posé les bases d'une année exceptionnelle.
Que répondez-vous à ceux qui critiquent le jeu très défensif de votre équipe ?
Le haut niveau, c'est avant tout l'efficacité. Après si vous pouvez y ajouter un côté spectaculaire, il ne faut pas s'en priver. Mais pour cela, il faut des joueurs offensifs de qualité. Et ça se paye cher. Regardez Lisandro, le prix de son transfert, c'est le budget de l'AJA. Un coach s'exprime à travers les joueurs qu'il a sous la main. A Marseille, j'avais de très bons joueurs offensifs (Niang, Ribéry, Pagis, Maoulida, ndlr), donc je prônais un jeu offensif. Idem en L2 à Sochaux. On avait terminé meilleure attaque (67 buts).
Certains font de vous un candidat idéal à la succession de Raymond Domenech chez les Bleus. Pourriez-vous être tenté par une aventure de sélectionneur dans les prochains mois ou les prochaines années ?
Non, pas du tout. D'ailleurs, si on me propose les Bleus, je refuse. C'est un autre métier. Moi, c'est dans le travail au quotidien que je prends mon pied. Mon plaisir, c'est d'être tous les jours sur le terrain avec mon équipe, de trouver des exercices pour faire progresser mes joueurs individuellement et collectivement. Je ne me sens pas capable d'être sélectionneur. Mais je me reconnais d'autres compétences, notamment celle de pouvoir durer dans un club et dans la profession. De nos jours, c'est de plus en plus rare.
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