lundi 14 juin 2010

Parole à la défense

Malgré un énorme potentiel offensif, les Pays-Bas devront surtout soigner leur défense s'ils veulent aller loin en Afrique du Sud. Arrivé après l'échec de l'Euro 2008, Bert Van Marwijk veut mettre fin à l'image d'une équipe joueuse mais incapable de gagner. Premier test face au Danemark, à 13h30.
Après une campagne de qualification bouclée haut la main, avec huit rencontres et autant de victoires, les Pays-Bas ne cachent pas leurs ambitions. Leur parcours amène souvent des comparaisons avec l'Espagne. Leur potentiel offensif aussi. Même sans Arjen Robben, sans doute forfait face au Danemark, les Oranje ont suffisamment d'armes pour rivaliser avec les champions d'Europe grâce à Van Persie, Kuyt, Van der Vaart, Sneijder ou Huntelaar. En revanche, leur défense a du mal à soutenir la comparaison avec Puyol, Ramos et compagnie. Depuis des années, c'est le cliché qui colle à la peau des Néerlandais : esthétiques mais jamais assez solides pour aller au bout. Régulièrement attendus, ils ont l'habitude de flamber en phase de groupes avant de s'écrouler. Souvent la faute à une défense friable au moment d'affronter de plus gros calibres. "Je crois que ça a commencé en 1974", se souvient Giovanni Van Bronckhorst. Finalistes malheureux en 1974 et 1978, les Pays-Bas ont effet dû attendre 1998 pour monter à la 4e place d'un Mondial.

C'est cette image que l'entraîneur Bert van Marwijk tente de changer depuis sa nomination, dans la foulée d'un Euro 2008 décevant. En Suisse, la défense avait encore une fois plombé les espoirs nés du premier tour. Capable de balader les deux derniers finalistes de la Coupe du monde, l'Italie (3-0) et la France (4-1), la formation de Marco Van Basten avait ensuite buté sur la Russie en quart de finale (1-3, a.p.). Andreï Arshavin et ses troupes s'étaient alors joué de la lenteur des arrières bataves. "La défaite face aux Russes a permis à l'équipe de grandir. Nous avons tiré énormément de leçons de ce match", assure aujourd'hui Van Bronckhorst. Mais quelles leçons ? L'entraîneur de Derby County Johnny Metgod, chargé de superviser les futurs adversaires des Hollandais au sein de la sélection, se montre plus précis dans The Independent. "Cette Coupe du monde se jouera non pas à celui qui marquera le plus de buts mais à celui qui en concédera le moins", met-il en garde.

Meilleure défense des qualifications

Les Oranje sont donc prévenus. Mais faut-il les croire pour autant ? Après tout, deux ans après, les mêmes hommes sont en place. Durant ses quatre saisons de règne, Van Basten avait expérimenté 18 défenseurs avant l'Euro 2008. Bert Van Marwijk, son successeur, a reconduit ses hommes de base en défense. En Afrique du Sud, on reverra donc Joris Mathijsen et John Heitinga dans l'axe et le vétéran Giovanni Van Bronckhorst (35 ans), qui fêtera sa 100e sélection face au Danemark, à gauche. Il y aura néanmoins deux différences de taille. A droite, Gregory Van der Wiel est annoncé comme l'une des révélations du Mondial. Malgré son jeune âge (22 ans), le latéral de l'Ajax figure déjà sur les tablettes des plus grands clubs : Barcelone, le Real Madrid ou Arsenal. En revanche, dans le but, Maarten Stekelenburg a succédé au mythique Edwin Van der Sar. Mais il n'a ni le talent ni l'aura du portier de Manchester United. Autre souci : la qualité des remplaçants. Edson Braafheld (Celtic), Andre Ooijer (PSV) ou Khalid Boulahrouz (Stuttgart) restent en effet sur une saison médiocre en club.

La défense restera-t-elle alors l'éternel maillon faible des Néerlandais ? "Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous dévoiler les forces et faiblesses des Pays-Bas, botte en touche Van Marwijk. Globalement, on peut dire que notre équipe est créative, qu'elle aime produire du jeu. Pour le reste, je vous laisse à votre propre analyse". Malgré tout, la campagne de qualification incite à l'optimisme. Avec seulement deux buts encaissés, bizarrement face à l'Islande et la Macédoine, les Pays-Bas ont affiché la meilleure défense de la zone Europe. Une petite révolution qui porte le sceau de Van Marwijk. Depuis son arrivée, l'ancien entraîneur de Feyenoord a insufflé un nouvel état d'esprit. Il a également demandé à Mark Van Bommel, son gendre, et Nigel De Jong de resserrer les rangs devant leur défense.

"Apprendre à gagner sans bien jouer"

Mais on ne change pas des décennies de jeu offensif du jour au lendemain. Les matches de préparation face au Mexique (2-1), au Ghana (4-1) et à la Hongrie (6-1) sont venus rappeler les risques du "tout à l'attaque". A les écouter, les Hollandais ont néanmoins retenu la leçon. Les Danois, même privés de leur buteur Nicklas Bendtner, seront un premier test. Mais les Pays-Bas voient plus loin. Arrivés en Afrique du Sud avec des grandes ambitions, ils savent qu'ils devront défendre s'ils veulent les assouvir. "Notre première intention reste de développer un beau football. Mais il faut aussi apprendre à gagner sans bien jouer, résume Ooijer. Dans un Euro ou une Coupe du Monde, si tu veux aller au bout, il faut pouvoir trouver d'autres armes pour vaincre quand l'équipe joue moins bien. Peu importe comment, parfois il faut juste gagner". De là à les voir jouer à onze derrière...

Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/14062010/70/coupe-du-monde-2010-parole-a-la-defense.html

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