Invisibles ou presque, les joueurs de l'équipe de France vivent dans une bulle. Inaccessibles à leurs supporters ou aux médias, les Bleus sont plongés dans le tout sécuritaire. On pourrait se dire que la réputation difficile du pays hôte en matière de sécurité y est pour quelque chose. L'Afrique du Sud n'est pas la Belgique et mieux vaut prévenir que guérir. On pourrait le penser si les Danois, voisins des Français, ne s'entraînaient pas au vu et su de tous, au coeur de Knysna et devant leurs supporters et des enfants de la ville, souvent descendus des townships, heureux de vivre un moment sans doute unique dans leur vie. Quant à la Suisse et la commune du Châtel-Saint-Denis, elle semblait bien paisible, au fond, malgré le garde-à-vous de la police locale devant le sergent Domenech.
"C'est un choix, ça nous va très bien"
Cet isolement souhaité par le sélectionneur, les joueurs l'assument avec une retenue, voire une gêne. "Chacun a ses préférences, estime Hugo Lloris. Depuis le début (NDLR, Tignes, Tunis, Réunion), les portes sont ouvertes, c'est seulement depuis qu'on est ici que c'est fermé. C'est un choix, ça nous va très bien". Pour le portier lyonnais, il ne faut pas se disperser. Point barre. Sidney Govou, lundi, avait fait comprendre qu'il n'avait rien contre la possibilité de humer l'ambiance locale. La méthode Domenech est-elle efficace ? Et cette amende de 50 euros infligée à tout joueur qui parlerait d'un article paru dans la presse ? En 2006, reclus, les Tricolores avaient atteint la finale de la Coupe du monde. Deux ans plus tard, ils sortaient manu militari dès le premier tour du Championnat d'Europe. La recette miracle n'existe pas. Cela se saurait.
En ce moment, le staff rétropédale. Il est conscient que l'isolement a ses limites et que les règles de bienséance envers une ville qui les a chaudement accueillis oblige à quelques efforts. Une visite d'un township dimanche avec Rama Yade a été décidée mardi dans la journée. Et la délégation française négocie actuellement avec l'équipe du Danemark l'occupation du terrain d'entraînement dévolu à cette dernière, le Lorie Park, ce qui lui permettrait d'organiser une ou des séances publiques. Sage résolution, un brin forcée. Le règlement de la FIFA oblige chaque délégation à se montrer au moins une fois en public lors de la compétition.
Accéder au "Field of dream" : un chemin de croix
En tout cas, ces entraînements ouverts au public ne seront pas organisés au "Field of dream", où les Français se préparent du lundi au dimanche. Il est lové dans une cuvette inaccessible au possible, au sommet de la ville. Pour atteindre l'hôtel et le terrain d'entraînement des Bleus, c'est un véritable chemin de croix. La route principale, bloquée par des forces de police, ne laisse rien passer. Pour parvenir au Pezula, un seul accès : une route en terre, traversant un township. La presse, escortée, peut se permettre le déplacement. Les supporters, on voit mal comment. A force de vouloir être seuls, les Bleus vont finir par l'être véritablement.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/08062010/70/coupe-du-monde-2010-seuls-au-monde.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire