"Un entrainement contre les champions du monde. Les maillots étaient officiels, il y avait les hymnes, le public, les attentes. Mais quand le ballon a commencé à rouler, on en a eu la preuve : l'Espagne était bien loin du niveau qui lui avait permis d'être championne du monde en Afrique du Sud." Clarin n'y va pas par quatre chemins. L'édition en ligne de l'un des plus grands quotidiens argentins est loin de s'enflammer après l'éclatante victoire de sa sélection nationale face à la Roja (4-1) mardi, au Monumental. Un succès de prestige face aux champions du monde largement relativisé par le contenu du match. L'opinion publique argentine est formelle : l'Albiceleste n'a battu que "l'ombre" de l'Espagne.
Le constat n'est pas forcément éloigné de la réalité. Les Espagnols ont débuté la rencontre avec Reina, doublure d'Iker Casillas, dans le but et une défense aux trois-quarts remaniée. Seul Piqué était aligné au coup d'envoi parmi les titulaires habituels. Face à une attaque aussi redoutable que celle de l'Argentine, le pari de del Bosque était osé, mais pas illogique. Le sélectionneur espagnol avait décidé de faire un tourner un effectif qui n'était pas forcément très concerné par cette rencontre de prestige. "Les Espagnols sont arrivés à Buenos Aires en touristes. Ils ont visité la Bombonera, le Monumental, avant d'aller manger dans un bon restaurant, de prendre un verre et d'aller au lit. Sur le terrain, ce n'était que l'ombre de l'Espagne. Et l'Argentine, face à ce miroir, a fait beaucoup avec pas grand chose", rajoute Clarin avec une pointe d'amertume. Les Argentins attendaient manifestement une autre opposition pour cette rencontre de prestige.
L'Espagne dans un jour sans
Le score reste aussi très flatteur pour l'Albiceleste. Certes, elle a livré une belle prestation notamment lors d'une première période parfaitement maitrisée sous l'impulsion d'un Tevez des grands soirs. Après avoir donné deux caviars convertis en buts par Messi et Higuain, l'attaquant de Manchester City a parfaitement senti la bourde monumentale de Reina pour inscrire le troisième but de son équipe, après une grosse demi-heure. Les Argentins ont eu une réussite maximale face à une Roja dans un jour sans : outre le but gag encaissé par Reina, les poteaux de David Villa et la barre trouvée par Cazorla en seconde période sont là pour en témoigner. Le but de Llorente aurait pu permettre aux Espagnols de partir sur une bonne note, mais c'est l'Argentine qui a clôturé la marque par Agüero. En clair, c'est un match à oublier pour les champions du monde. "Le score est un peu exagéré", reconnait del Bosque. "Mais cela n'enlève rien au triomphe des Argentins."
Au moins, cet éclatant succès aura eu le mérite de réconcilier le public argentin avec son équipe nationale, le temps d'un soir. Fantomatique ou pas, l'Espagne reste championne du monde et cette victoire tombe bien pour les partenaires de Lionel Messi, encore marqués par la claque reçue en quart de finale de la Coupe du monde face à l'Allemagne (4-0) et le départ mouvementé du sélectionneur Diego Maradona. Du côté des joueurs, l'heure est donc clairement à la satisfaction. "Battre le champion du monde rend toujours heureux. On a souffert ces derniers temps, on a eu de l'amertume, et ce match était très bien pour nous réconcilier avec le public. Je suis ravi", a déclaré Messi, ovationné à sa sortie en fin de match. "Notre équipe a bien fait circuler le ballon, assez rapidement, et on a fait les choses bien dès le début. Après avoir pris l'avantage, on a juste essayé de le conserver. C'était un match bien abouti. Il faut continuer." Si cette victoire relance l'Argentine, elle finira peut-être par obtenir plus de considération auprès de l'opinion publique.
http://fr.sports.yahoo.com/08092010/70/matches-amicaux-equipes-nationales-l-ombre-de-l-espagne.html
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