Après le fiasco du Mondial 2010, l'équipe de France est en reconstruction. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder l'équipe que pourrait aligner Laurent Blanc vendredi face à la Biélorussie. Sur les 11 titulaires probables au Stade de France, six joueurs comptent moins de 10 sélections (Hoarau, Rémy, Ménez, Rami, Diaby et Clichy). Sur la pelouse, les Bleus se présenteront avec une moyenne de 25 ans et demi d'âge et seulement 14 sélections. Rarement la France avait abordé une campagne de qualification avec une équipe aussi inexpérimentée. En Géorgie septembre 2006 (victoire 3-0), pour le début des qualifications pour l'Euro 2008, elle affichait 49 sélections de moyenne. Deux ans plus tard en Autriche (défaite 3-1), elle en comptait 26 de moyenne pour son premier rendez-vous sur la route du Mondial 2010.
Une reconstruction n'est jamais facile. Les Bleus, absents de l'Euro 1988 ou du Mondial 1990, l'ont déjà appris à leurs dépends dans le passé. Mais elle l'est encore moins lorsqu'elle s'accompagne d'un mouvement de rajeunissement aussi profond. Ce rajeunissement, Laurent Blanc le répète à l'envi, il ne l'a pas complètement choisi. Il l'a aussi subi. Une séquelle de l'Afrique du Sud qu'il porte comme un fardeau. Entre les sanctionnés (Anelka, Evra, Ribéry, Toulalan), les suspendus (Gourcuff) ou les blessés (Nasri), les absent sont légion. Le sélectionneur a donc dû faire avec, même s'il a choisi de lui-même de se priver d'Abidal et Gallas par exemple. "Avoir une équipe de jeunes joueurs, c'est bien mais pour être compétitif au plus haut niveau ça ne suffit pas, a-t-il prévenu. Pour composer la liste pour son premier match officiel, il a donc "essayé de faire un groupe qui allie la jeunesse et le talent et quelques-uns qui puissent les guider avec plus d'expérience car le haut niveau, c'est ça aussi."
Louis Saha, surpris d'être rappelé à 32 ans après quatre ans d'absence, est tout désigné pour faire partie de ces joueurs susceptibles d'encadrer la nouvelle génération. L'attaquant d'Everton le sait, il est là pour "transmettre son envie et sa sérénité". Un rôle qu'il a embrassé à bras le corps, même s'il relativise : "C'est marrant parce qu'on dit jeunes joueurs mais quand je vois des joueurs de 22 ans qui ont autant d'expérience... J'ai dû mal à leur taper sur l'épaule à leur dire : "Tu vois, gamin". Non. Aujourd'hui, il y a certains de ces jeunes qui ont débuté à 16 ou 17 ans et qui ont déjà de la bouteille. Ce que je crois, c'est que les jeunes sont désormais prêts à prendre beaucoup de responsabilités".
Cette semaine, Hugo Lloris a résumé le débat entre la jeunesse et l'expérience. "C'est toujours intéressant d'avoir un groupe qui a de l'envie et de l'enthousiasme. Souvent, ça se traduit par une grosse débauche d'énergie sur le terrain. Mais il faut aussi avoir la lucidité nécessaire pour faire les bons choix", estime le gardien de l'OL qui ferait presque figure d'ancien du haut ses 14 sélections. En Norvège, où ils s'étaient inclinés 3-1, les "jeunes" avaient découvert que la marche n'était pas si facile à gravir entre championnats et matches internationaux. Vendredi, il leur faudra pourtant en gravir une nouvelle pour se montrer au niveau de la compétition officielle. Que ce soit en raison de leur âge ou de leur manque d'expérience, ces six là seront attendus au tournant :
. GUILLAUME HOARAU
1 sélection
(Match amical : 1)
En attaque, il y a des places à prendre. Blanc doit trouver les successeurs de Thierry Henry ou encore Nicolas Anelka. Le Parisien a donc une belle carte à jouer. Ce n'est pas un secret, son profil plaît beaucoup au nouveau sélectionneur. Son jeu en déviation, sa grande taille (1,92m) et cette capacité à alimenter ses coéquipiers lui font sans doute penser au Chamakh de ses heures girondines. "Je me dis que j'ai 26 ans, il faut foncer. Je sais que c'est aujourd'hui ou jamais", a confié cette semaine l'ancien Havrais. En forme en championnat (2 buts), où il entame sa troisième saison avec le PSG, il ne peut toutefois s'appuyer que sur 11 matches de C3 comme expérience du haut niveau.
. LOIS REMY
2 sélections
(Matches amicaux : 2)
Face à la Biélorussie, le néo-Marseillais devrait épauler le Parisien Hoarau. "Loïc, je le connais, ce qu'il fait, ça vient compléter mon jeu", assure ce dernier. Alors que Benzema soigne une cheville un peu tendre et est loin d'avoir une place de titulaire assurée au Real Madrid, Blanc pourrait privilégier la complémentarité entre les deux hommes pour bâtir son attaque. Rémy a d'ailleurs démontrer l'étendu de son potentiel lors de son premier match avec l'OM, dimanche à Bordeaux. Deuxième meilleur buteur français de L1 avec 14 buts en 2009-10, l'ancien Niçois a déjà disputé la Ligue des Champions (2 matches). C'était il y a quatre ans avec Lyon...
. JEREMY MENEZ
1 sélection
(Match amical : 1)
Grand oublié de la génération 87 (Benzema, Nasri, Ben Arfa), Jérémy Ménez a dû patienter. A 23 ans, son heure est-elle venue ? Depuis sa prise de fonction, Blanc ne tarit pas d’éloges au sujet du Romain. "On sait que c'est un garçon bourré de talent", assure le sélectionneur qui est persuadé que l’ancien Sochalien a gagné en maturité et en régularité dans les rangs de l’AS Rome. "Il est intéressant car il offre une palette de possibilités sur le terrain, il peut jouer à droite, à gauche, au centre, dans l'axe. Il est intéressant pour le collectif", a-t-il encore affirmé cette semaine. Reste à savoir quel sera son rôle lorsque les créateurs que sont Ribéry, Gourcuff ou Nasri seront de retour.
. ADIL RAMI
1 sélection
(Match amical : 1)
Titulaire en Norvège, le Lillois sera à nouveau associé à Philippe Mexès face à la Biélorussie. Car la charnière centrale, c'est le principal chantier de Laurent Blanc. Ce dernier a donc envie de stabilité à ce poste. "Pour bâtir, il faut faire confiance aux joueurs, sinon la défense changerait à chaque match", explique-t-il. "Ce sont des joueurs qui ont des qualités individuelles qui peuvent être complémentaires". Les critiques nées à Oslo n'ont donc pas ébranlé la confiance de Blanc, ni celle de l'intéressé. "Je vais m’en servir pour grandir. J’ai beaucoup de travail devant moi notamment dans la communication avec mes nouveaux coéquipiers. Avec le temps, ça fera l’affaire", promet Rami qui évoluait encore en CFA il y a cinq ans. Le grand écart.
. GAEL CLICHY
5 sélections
(Matches amicaux : 2, Qualifications : 2, Coupe du monde : 1)
Sur le papier, il est le plus expérimenté. A 25 ans, il s'est imposé comme une référence à son poste en Angleterre où il évolue depuis 2003. Mais, malgré ses trois matches de Ligue des Champions sous le maillot d'Arsenal, son expérience internationale reste limitée. Seulement cinq sélections, dont trois en compétitions officielles. Un bilan qui s'explique en grande partie par la forte concurrence à son poste. La suspension de Patrice Evra lui a ouvert une porte. Mais va-t-elle se refermer quand le Mancunien sera sélectionnable ? Clichy espère que non : "J'ai quelques mois, quelques entraînements, quelques matches devant moi pour prouver que je peux apporter quelque chose à l’équipe. Une porte s’est ouverte. On va essayer d’ouvrir la deuxième et voir où ça m’amène".
. ABOU DIABY
8 sélections
(Matches amicaux : 4, Qualifications : 1, Coupe du monde : 3)
Avec une Coupe du monde et trois matches convaincants derrière lui, Abou Diaby est attendu. Il ferait presque partie des meubles en équipe de France. Ce serait oublier que sa carrière internationale n'a vraiment décoller qu'en mai dernier. "Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pensé débuter et disputer les trois matchs de poule. Cette expérience est inestimable. Quand je vois le joueur que je suis aujourd’hui et celui que j’étais en mai… cela n’a rien à voir", avoue-t-il. Aujourd'hui, il doit faire face à la concurrence de Yann Mvila, 20 ans, dont l'implication dans le jeu avait marqué les esprits à Oslo. Sans compter que le retour des meneurs de jeu pourrait inciter Blanc à modifier son système. Mais Diaby est prêt à supporter la pression. "Je la ressens, mais cela ne me fait pas peur, dit-il. Je veux dépasser mes limites pour continuer à grandir".
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/03092010/70/qualifications-euro-2012-le-peril-jeune.html
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