Entre la maladresse et la malchance, la frontière est mince. L'OM a appris la subtilité à ses dépens mercredi soir. Aux yeux de Didier Deschamps, ses premiers pas dans la Ligue des champions 2010-2011 "ressemblent à un cauchemar". "C'est le pire scénario qu'on pouvait envisager, surtout quand on voit le contenu du match", enrage l'entraîneur marseillais. Le revers face au Spartak Moscou (0-1) est effectivement frappé du sceau de la malédiction. Ou d'un manque flagrant de réalisme, c'est selon. Pour la première fois de la saison, l'attaque olympienne est restée muette. Elle aurait évidemment fait trembler les filets russes si Lucho n'avait pas raté une occasion en or (76e). Ou si, dans les ultimes secondes, Gignac n'avait pas trouvé le poteau d'un Dikan qui a multiplié les prouesses dans sa cage. Avec des si, on referait le match. Pas sûr que son dénouement serait très différent. "Il nous manque encore quelque chose, a reconnu Benoit Cheyrou au micro de Canal+. On a eu beaucoup de réussite en fin de saison dernière et là c'est exactement l'inverse qui se produit: on marque contre notre camp, on tape les poteaux, donc c'est compliqué."
Deschamps : "Quand on n'ouvre pas le score, on se crispe un peu"
A la pause, Didier Deschamps a pointé du doigt "un manque de percussion, de mouvements et de mobilité à l'approche de la surface russe". Vrai. Sauf qu'on complèterait volontiers son analyse en détournant la devise du club : cet OM-là est décidément maladroit au but. Les statistiques attestent d'une maîtrise incontestable (55% de possession) et d'une inefficacité qui l'est tout autant (28 tirs, dont 8 cadrés, pour zéro but à l'arrivée). "S'il y a des occasions, il faut les mettre au fond, peste Deschamps, car quand on n'ouvre pas le score, on se crispe un peu." A l'image d'un Lucho peu inspiré, les Marseillais ont pêché dans le dernier geste. "On avait fait ce qu'il fallait même si en première mi-temps ça a été un peu laborieux face à un bloc défensif du Spartak bien en place. On a notamment manqué de précision dans les centres. En deuxième mi-temps, on a eu la mainmise, les opportunités et les occasions. Mais ça arrive dans le football, on prend un but casquette."
Valbuena contraint de dézoner
Ce constat avait déjà sauté aux yeux dimanche, face au Monaco (2-2). Mais la prestation de Mathieu Valbuena avait eu valeur de cache-misère. Nul doute que Valery Karpin avait décrypté au peigne fin sa prestation : en lui collant deux joueurs sur le dos, l'entraîneur moscovite a considérablement réduit l'influence de l'insaisissable lutin phocéen. Bloqué par Makeyev et Kombarov, Valbuena n'a créé le danger que durant le dernier quart d'heure. Lorsqu'il a déserté son couloir droit pour s'offrir des espaces de liberté. Cette période a également coïncidé avec l'entrée d'André-Pierre Gignac. Sur le banc au coup d'envoi, l'attaquant international a apporté une touche technique et de la puissance dès qu'il a remplacé Brandao. Sans connaître plus de réussite que le Brésilien, copieusement sifflé par le Vélodrome lors de sa sortie. A la pointe du 4-3-3 marseillais, Brandao a pesé et pressé. Mais ses déchets techniques et sa maladresse persistante ont fini par agacer le public olympien. Dans son couloir gauche, Andre Ayew a fait trop peu de différences pour forcer la décision. "Pour gagner, il faut marquer, résume Deschamps dans une réflexion aux allures de lapalissade. Ce soir, on n'a pas été capable de le faire." Ce déficit d'efficacité plombait le début de saison de l'OM en Ligue 1. Il compromet déjà fortement son avenir en Ligue des Champions.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/16092010/70/ligue-des-champions-l-om-maladroit-au-but.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire