LA SPIRALE BORDELAISE
Si comme Lyon, Bordeaux n'a gagné qu'une seule rencontre cette saison en Ligue 1 (2-1 au Parc des Princes), sa dégringolade dure depuis bientôt dix mois. En championnat, les Girondins n'ont remporté que cinq succès sur toute l'année 2010. Leader confortable en janvier, hors d'Europe en juin (6e), 17e en septembre. Un "parcours de relégable" disait récemment Jean Tigana. Le mal est, on le sait, bien plus profond qu'à Lyon qui, de son côté, s'était repris en fin de saison dernière pour finir dauphin de l'Olympique de Marseille. Les départs n'ont de toute façon jamais été le fort des Lyonnais, même au plus fort de leur domination. En revanche, quand vient septembre, la Ligue des champions met de l'huile dans les rouages lyonnais.
LE CALME OLYMPIEN DE LYON
Dans le Rhône, on ne panique pas facilement. Sans doute l'héritage des sept titres de champion - et une marge sur les autres- qui confère à l'OL une sorte de sérénité dans les périodes plus difficiles. Une défaite à Lorient (2-0)? "Pas besoin de tout remettre en cause" pour Jean-Michel Aulas. Un nul face à Valenciennes à Gerland (1-1)? "Notre meilleur match" disait alors Claude Puel, insistant sur le potentiel de son équipe encore en rodage. A Bordeaux, c'est l'inverse. Nicolas de Tavernost, patron du club, a déjà poussé un premier coup de gueule il y a trois semaines. Après le revers à Nice (2-1), c'est le président Jean-Louis Triaud qui avouait "que ça ne pouvait plus durer". Lyon laisse le temps au temps quand Bordeaux reste en boucle.
LE CHAMBOULE-TOUT GIRONDIN
Autre élément à charge contre Bordeaux, son effectif. Tigana a une équipe à reconstruire. Avec les départs Marouane Chamakh et Yoann Gourcuff, les Girondins ont perdu deux éléments essentiels. Surtout que le départ du milieu international tricolore, qui s'est fait sur la fin du marché, a obligé le technicien à adopter un autre schéma tactique. Il doit aussi attendre que les recrues (Maazou, Modeste, Ben Khalfallah) s'intègrent. A Lyon, on a gardé l'ossature et ciblé le recrutement. Pour faire du poste pour poste (Briand pour Govou, Diakhaté pour Boumsong) où remplacer qualitativement des joueurs indésirables ou abonnés aux seconds rôles (Gourcuff pour Bodmer). Pas de quoi perturber Claude Puel dans son éternel 4-3-3.
UN PATRON EN DEVENIR
Même si Lyon n'apporte pas encore toutes les garanties dans le jeu, on sait que lorsque Yoann Gourcuff prendra pour de bon les clés du camion et donnera la pleine mesure de son talent, l'OL franchira un cap. Le joueur lui-même concédait après Schalke (1-0) qu'il lui fallait encore quelques matchs. "Je découvre ce système en 4-3-3 et je ne suis pas encore au top physiquement". Et à Bordeaux ? Ce qui ressemblait à une démission collective à Nice (2-1) n'augure rien de bon. Alou Diarra, capitaine des Bleus en Bosnie, ne peut pas tout faire tout seul. Ciani et Chalmé, pour ne citer qu'eux, sont très loin de leur meilleur niveau. Tigana souhaite que sa formation agisse plutôt qu'elle ne réagisse. Pour cela, il faut deux, trois leaders qui tirent les autres vers le haut.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/17092010/70/ligue-1-pourquoi-bordeaux-inquiete-et-pas-lyon.html
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