Plutôt que lire le classement du groupe D, il y a une autre façon de constater que l'équipe de France est dans les clous par rapport à ses objectifs. Il suffit d'écouter Laurent Blanc. En deux mois, ses Bleus sont passés du stade où son noyau dur était à peine "un pépin de melon" à celui où le sélectionneur peut dire : "J'ai un groupe où tout le monde peut jouer, tous les joueurs peuvent amener quelque chose, les vingt-trois, et il sera encore difficile d'en mettre certains en tribune mardi." Le noyau dur, c'est le concept central du mandat du successeur de Domenech. Celui auquel il rattache toutes ses recherches. Celui qui convoque les certitudes nées de la période où il était joueur, quand "avant l'annonce de chaque liste, vous connaissiez à l'avance quinze ou seize noms", avait-il dit aux journalistes la semaine dernière.
S'il n'y a pas de blessé le mois prochain pour aller rendre visite à l'Angleterre, on en connaît au moins autant, car cette recherche-là avance à la vitesse du lumière. Déjà, dans sa liste initiale, donnée il y a dix jours, le principe d'une continuité importante entre le premier rassemblement et le second avait été retenu malgré la défaite contre la Biélorussie (0-1). Seuls trois nouveaux noms avaient été intégrés à la liste : Nasri, Gourcuff et Payet. Le premier était titulaire samedi - il l'a été à chaque fois que cela a été possible sous l'ère Blanc - et les deux autres ont joué et co-signé le second but. Autrement dit, le noyau des hommes de confiance s'est encore accru en l'espace d'une soirée. Ou plutôt, d'une semaine d'entraînement. Blanc en a salué le contenu avec beaucoup de chaleur ce week-end. Il a vu "une implication totale" et souligné à plusieurs reprises "la qualité des séances."
Le noyau d'hier peut se poser des questions
"J'ai une confiance totale en ces joueurs-là, a insisté le sélectionneur dimanche. Les performances collectives et individuelles sont au rendez-vous. Vous savez, nous entraîneurs, on propose et ensuite ce sont les joueurs qui font que la séance est bonne ou pas. Elles le sont." Et s'il convoque les aléas de la vie en sélection pour nier tout caractère définitif à sa réponse, Blanc avoue : "Il y a un noyau qui se dessine. Certains joueurs depuis que je suis sélectionneur ne m'amènent que des satisfactions. On n'est pas encore à ce qu'on veut mais ça progresse." Des noms ? Évidemment, il n'en donne pas, mais une liste est facile à établir vu ses discours et ses choix. Les trois gardiens, Lloris, Mandanda et Carrasso, ne lui causent "aucun souci". Le duo Rami-Mexès dans l'axe est un choix fort qu'il va cultiver. Au milieu, MVila, Diaby, A. Diarra, Nasri, Gourcuff et L. Diarra ont écarté la concurrence. Aux postes offensifs, Malouda est reconnu comme un moteur naturel, Valbuena marque son territoire, Rémy a un profil chéri par le sélectionneur, Benzema se fait quasiment harceler pour devenir un joueur de premier plan. Réveillère et Payet ont eux aussi marqué des points à écouter le discours proposé aux médias.
Parmi les élus, il y a ceux qui jouent moins, comme Hoarau ou Sakho, mais auxquels le patron envoie des signaux depuis deux mois. "C'était un soulagement d'être dans la liste. Je sais qu'il y a une carte confiance placée en moi, commentait le premier nommé cette semaine. Mais elle ne sera pas éternelle." Rami : "Installé ? Non. Je n'ai encore rien prouvé. Je travaille pour me sentir installé, mais je ne me sens pas installé". En revanche, il serait facile de comprendre que certains profils du "noyau d'hier", comme Abidal ou Toulalan, se sentent écartés, revenus au pied de la montagne, avec tout à recommencer pour réintégrer la sélection. La solidité du noyau sera définitivement mise à l'épreuve quand Ribéry (c'est déjà le cas) et Evra (en 2011) redeviendront sélectionnables. Le tapis rouge est au fond de la pièce, derrière les meubles. Pas spécialement prêt à être déroulé.
http://fr.sports.yahoo.com/10102010/70/qualif-euro-2012-blanc-casting-reussi.html
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