jeudi 14 octobre 2010

On y voit plus clair

Trois mois après son arrivée au poste de sélectionneur, Laurent Blanc a affirmé ses préférences en équipe de France. Si des places restent à prendre ou à verrouiller, des tendances se dégagent sur toutes les lignes à un peu plus d'un mois du premier vrai test face à l'Angleterre
DEFENSE : La percée de Réveillère


C'est le secteur le plus stable de l'équipe depuis la prise de fonction de Laurent Blanc. La charnière centrale Mexès-Rami a disputé les cinq matches depuis l'arrivée du nouveau sélectionneur et semble trouver ses marques après trois rencontres consécutives sans but encaissé. Mais ce bilan est à relativiser, et Blanc n'a pas manqué de le souligner. "La défense, on va la juger face aux attaquants de classe internationale. C'est contre des équipes comme le Brésil qu'on va la juger et qu'on va voir la complémentarité et son niveau". Il parait cependant peu probable de voir les choses évoluer dans l'axe.




La donne n'est pas la même sur les côtés, avec des nuances. Clichy est la solution numéro un à gauche, où la concurrence est loin d'être féroce. Trémoulinas n'a pas l'expérience internationale du Gunner mais garde une longueur d'avance sur Cissokho dans l'esprit de Blanc, tandis que l'avenir d'Evra chez les Bleus après sa suspension reste une énigme. Clichy n'a pas été irréprochable pour autant. "Gaël doit être meilleur dans sa phase défensive", a souligné Blanc. A droite, c'est plus ouvert. La blessure de Sagna a relancé Réveillère. "Anthony m'a plu sur les deux matches. Il a montré des qualités défensives et offensives importantes. Ça lui fait du bien, ainsi qu'à Bakary qui était installé ", s'est réjoui le sélectionneur.


MILIEU : Places très chères et Gourcuff relancé


Après trois mois et cinq matches, Laurent Blanc avoue ne pas avoir beaucoup de certitudes. Mais s'il est un secteur où le chantier semble plus avancé et regorge de talents individuels et de promesses collectives, c'est bien le milieu de terrain de l'équipe de France. Alou Diarra, porteur du brassard lors des trois derniers matches a fait son trou. S'il n'est pas assuré de le conserver sur le long terme, le Bordelais semble avoir gagné sa place au sein du triangle vu en Bosnie ou du 4-2-3-1 mis sur pied face à la Roumanie. "Il a marqué des points, dit Blanc. C'est un joueur qui en a envie. Le fait de porter le brassard le réconforte et l'épanouit". Aux côtés de Diarra, Yann M'Vila et Abou Diaby font partie du noyau dur qui émerge. Laurent Blanc l'a rappelé indirectement jeudi. Quand on lui demandait si Nasri et Gourcuff pourraient rapidement jouer ensemble, le sélectionneur a émis une petite réserve: "Ça peut être une solution mais vous vous focalisez sur ces deux joueurs et vous manquez un peu de respect à M'Vila et Diaby..." Le message est passé.


Si M'Vila et Diaby comptent déjà énormément, l'avenir des Bleus ne s'écrira pas sans Samir Nasri et Yoann Gourcuff. Les deux joueurs ont fait leur retour et ont gagné le droit de revenir face à l'Angleterre le mois prochain. Notamment le Lyonnais, auteur de deux buts en deux matches. "On l'avait sélectionné pour qu'il reprenne confiance en ses moyens. On sait ce qu'il peut faire. C'est bien pour lui, l'équipe de France et surtout son club, l'Olympique Lyonnais. Pendant ces dix jours, on a vu une personne heureuse", a glissé Laurent Blanc, visiblement tout aussi ravi.


ATTAQUE : Il manque un truc à Benzema et Hoarau


Le chantier est plus important en attaque qu'ailleurs, sauf pour le cas Benzema. Blanc accorde toute sa confiance à l'ancien Lyonnais, rarement titulaire au Real Madrid mais incontournable chez les Bleus depuis l'arrivée du sélectionneur. Malgré une condition physique précaire due à son manque de temps de jeu en club, il a démarré les trois derniers matches de l'équipe de France et inscrit deux buts. "Karim Benzema n'est pas au top physiquement, déplore le sélectionneur. Il faut qu'il enchaine les matches et il ne les enchaine pas. Son problème est qu'il ne joue pas. Il ne peut pas jouer en réserve. Alors il faut un complément d'entraînement, ce qu'il n'a pas toujours. Mais c'est un problème. A lui de le résoudre. Et on va l'aider à le résoudre", a ajouté le sélectionneur.


Hoarau, lui, n'a pas profité du passage au 4-4-2 face au Luxembourg, sa troisième titularisation, pour marquer des points. Blanc n'en apprécie pas moins son profil. "Avec deux attaquants, il est utile. Le contexte était difficile hier car on a mal animé les côtés", a jugé le sélectionneur. Sur les ailes, la concurrence bat son plein. A droite, Valbuena a été convaincant face à la Bosnie et à la Roumanie, mais il voit poindre la menace Payet. Rémy, buteur face aux Roumains, est une solution à droite mais aussi dans l'axe. Cette polyvalence est un atout, mais elle semble le confiner à un rôle de joker pour le moment. A gauche, Malouda est indéboulonnable, malgré des prestations décevantes chez les Bleus par rapport à son rendement à Chelsea (voir par ailleurs).


Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/13102010/70/qualif-euro-2012-on-y-voit-plus-clair.html
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