samedi 18 décembre 2010

Le football français veut exorciser les fantômes de Knysna

Le vote est sans appel : 82,7% des voix. A une écrasante majorité, l'assemblée générale de la Fédération française de football a adopté samedi la loi-cadre sur la réforme de sa gouvernance qui prévoit notamment l'élection du président au scrutin de liste et un rééquilibrage du poids respectif des professionnels et des amateurs au sein de l'assemblée. Le point le plus contesté de cet accord est le passage de 25 à 37% du poids des représentants du football professionnel au sein de l'assemblée générale. En échange, la contribution financière versée par le monde professionnel au monde amateur est pérennisée (2,49% des droits audiovisuels et des recettes des paris sportifs) avec un plancher fixé à 14,26 millions d'euros par an.


"Cette loi-cadre n'est pas au service du football professionnel ou du monde amateur. Elle est au service du football et elle est là pour mener à bien une révolution tranquille du football", a assuré Jean-Pierre Louvel, président du syndicat des clubs professionnels (UCPF), lors de la présentation du projet. Joël Léonard, président de la Ligue d'Aquitaine, a de son côté estimé que ce texte était "une feuille de route pour écrire les textes qui devront être adoptés le 2 avril" lors de la prochaine assemblée fédérale. Les travaux continueront néanmoins ensuite et "l'objectif est de livrer à l'équipe en place en 2012-2016, une nouvelle Constitution", a-t-il ajouté.


Prochaine étape : le 2 avril


La loi-cadre prévoit l'élection d'un président et d'un comité exécutif resserré (10 membres) au scrutin de liste sur la base "un homme, une équipe, un projet". Tout licencié depuis au moins 6 mois peut être candidat. Une Haute Autorité de 18 à 25 membres (dont obligatoirement une licenciée féminine), représentant toutes les composantes du football français, verra également le jour. Cette Haute Autorité disposera d'un pouvoir d'alerte et de contrôle.


Cette réforme en profondeur de la gouvernance de la FFF doit servir à tourner définitivement la page désastreuse du Mondial-2010, marquée, entre autres, par une grève de l'entraînement surréaliste des Bleus le 20 juin à Knysna. Les Etats généraux du football français des 28 et 29 octobre furent la première étape du projet de refonte et de démocratisation du fonctionnement fédéral. Une fois la loi-cadre votée, la prochaine étape décisive est fixée au 2 avril, date à laquelle une assemblée extraordinaire devra voter les nouveaux statuts.


Fernand Duchaussoy réélu


Fernand Duchaussoy, président par intérim de la Fédération française de football depuis le 23 juillet, a été réélu à la tête de la FFF samedi lors de son assemblée générale à Paris, avec 79,4% des voix. Il avait été élu une première fois par le Conseil fédéral en juillet pour assurer l'intérim à la suite de la démission de Jean-Pierre Escalettes, survenue en réaction aux tribulations de l'équipe de France au Mondial-2010 et sa fameuse grève de l'entraînement, le 20 juin à Knysna. Son nouveau mandat court jusqu'au 18 juin, date de la prochaine assemblée élective. Sa candidature a été proposée par le Conseil fédéral de vendredi après le désistement de Noël Le Graët, vice-président de la FFF qui a renoncé à se porter candidat afin de ne pas mettre à mal "l'unité entre football professionnel et football amateur" nécessaire à la réforme de la gouvernance, adoptée par l'AG. Cette réélection conclut pour lui cinq mois mouvementés, entre les suspensions des meneurs de la grève de Knysna, le licenciement de l'ex-sélectionneur Raymond Domenech, l'affaires des primes du Mondial et trois démissions de poids (le directeur technique national Gérard Houllier, le directeur général Jacques Lambert et Lilian Thuram, membre du Conseil fédéral). Son bilan contient cependant la réussite de la réforme de la gouvernance de la FFF, dont la loi-cadre a été approuvée samedi. "J'ai suivi une feuille de route sans faillir; pourtant, je n'ai pas été épargné par les fantômes de Knysna et ses conséquences, avait-t-il dit avant le vote. Je n'ai pas cessé de faire le deuil de l'Afrique du Sud tout en donnant une chance à l'avenir".


http://lci.tf1.fr/france/societe/2010-12/revolution-de-palais-au-sein-du-football-francais-6190421.html
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