vendredi 10 décembre 2010

Qualif. Euro 2012 - "Avons-nous les moyens de gagner ? Non"

Depuis son arrivée à la tête des Bleus il y a un peu plus de cinq mois, Laurent Blanc n'a pas pris l'habitude de faire de la langue de bois. Notamment quand il s'agit d'évoquer le potentiel de l'équipe de France. Et le patron tricolore, qui s'est confié longuement à L'Equipe, ne passe une nouvelle fois pas par quatre chemins : "L'exigence, avant une grande compétition, reste toujours la même : on veut gagner", affirme-t-il. "Mais", selon lui, "on ne se pose pas la question : avons-nous les moyens de gagner ? La réponse aujourd'hui, c'est non." Et encore une fois, il demande du temps pour cette équipe en "construction". Interrogé sur la place des Bleus dans la hiérarchie mondiale, l'ancien entraîneur de Bordeaux prévient ainsi : "rester dans les six, sept premiers, c'est très difficile". "Plonger en revanche, c'est facile. Avant que l'on revienne dans ces eaux-là, il faudra du temps".


"BENZEMA, C'EST PAPIN, C'EST CANTONA"


S'il dresse un bilan sans concession du potentiel de son équipe, Laurent Blanc défend en revanche ses joueurs. Toujours très attentif aux prestations de Karim Benzema dont il attend beaucoup mais à qui il n'hésite jamais à lancer quelques piques, le sélectionneur français a encore évoqué le cas de l'ancien Lyonnais. Il s'est d'abord montré élogieux vis-à-vis du Madrilène, auteur d'un triplé face à Auxerre cette semaine (4-0). "Il a un gros avantage par rapport aux autres dans son secteur : son talent. (...). Il n'a pas encore confirmé son potentiel. Mais c'est une pépite", lâche-t-il dans le quotidien sportif avant d'expliquer ce qu'il attend de lui : "Benzema, c'est Papin, c'est Cantona. C'est un buteur et je veux qu'il soit buteur". Mais Blanc prévient encore une fois : "S'il s'avérait que sa situation en termes de temps de jeu n'évoluait pas, ça deviendrait un gros problème. Mais c'est dur de partir du Real."


Karim Benzema n'est pas le seul Tricolore à retenir l'attention de Laurent Blanc. En attaque, Kevin Gameiro et Guillaume Hoarau ont aussi droit à des éloges. "Je me languis de le voir jouer dans un grand club français ou étranger", estime Blanc à propos du buteur lorientais. Et Hoarau ? S'il "ne fait pas rêver, ne fait pas des roulettes", n'est pas "l'hyper doué", Blanc le trouve "tellement efficace". Le sélectionneur défend aussi sa charnière centrale. "Je ne suis pas certain qu'il y ait beaucoup de joueurs qui puissent considérer être supérieurs à Rami, Mexès et Sakho", constate-t-il. Et au sujet de la polémique sur Yoann Gourcuff, un joueur qui a besoin "d'avoir la confiance de tout le monde", "d'avoir les clefs du camion", Blanc se dit "très déçu" par Paolo Maldini. "C'est étonnant de parler comme ça, aussi tardivement d'un joueur qui a si peu marqué l'histoire de l'AC Milan".


"ON NE PEUT PAS SE PERMETTRE D'AVOIR DEUX OU TROIS BREBIS GALEUSES"


Forcément, il ne pouvait pas y couper. Comme toujours depuis son arrivée, Laurent Blanc a été interrogé sur les "meneurs" de Knysna, Franck Ribery et Patrice Evra, qui peuvent maintenant revenir en Bleu. Et Blanc précise dans L'Equipe qu'il ne peut pas "se permettre d'avoir deux ou trois brebis galeuses". "Je ne mettrai pas en danger la vie du groupe par rapport à un, deux ou trois individus". Mais il se demande aussi "vous croyez qu'on ne peut pas changer d'état d'esprit ?" "Si ce sont des mecs vraiment pourris, ils le seront avec moi. Alors, il n'y aura pas 36 solutions. Ce sera eux ou ce sera moi." Toutefois, il n'exclut rien et attend qu'ils "démontrent un bon état d'esprit". "Je ne ferme la porte à personne à condition que les principes de base soient respectés et que les performances sur le terrain suivent", martele-t-il encore dans Le Figaro. Un constat qui s'adresse aussi à William Gallas, très bon à Tottenham actuellement et qui ne fait pas partie des joueurs sanctionnés suite à Knysna. "A-t-il été si irréprochable en équipe de France ? Dans l'analyse, il faut l'intégrer", estime Blanc. Une chose est sûre : s'il revient, Franck Ribéry jouera au poste voulu par Blanc et personne d'autre : "Si chacun commence à dire je veux jouer ici ou là, l'entraîneur sert à quoi ?"


"LA L1 DONNE LE MOINS SA CHANCE AUX JEUNES"


Vendredi matin, Laurent Blanc a aussi choisi de s'exprimer dans Le Figaro. L'ancien défenseur central avait déjà estimé au micro d'Eurosport il y a quelques semaines qu'il fallait repenser les critères de formation, trop axés sur le physique à son goût. Cette fois-ci, il s'inquiète du manque de jeunes lancés au plus haut niveau dans l'Hexagone. "Ce n’est pas la frilosité supposée des entraîneurs qui m’inquiète mais plutôt leurs réticences à lancer des jeunes, estime Blanc. Une enquête de la DTN a montré que la L1 et la L2 sont les championnats qui donnent le moins leurs chances aux jeunes. La pression du résultat fait qu’on privilégie l’expérience. Et pourtant nous formons toujours des joueurs de qualités, pour preuve l’attitude des clubs étrangers qui sont à l’affût comme des piranhas." Et le "Président" regrette les départs trop précoces dans les autres grands championnats européens : "J’ai joué à l’étranger. Et je crois qu’il faut y aller quand on a vraiment prouvé en France ce que l’on vaut. On y a d’ailleurs un statut beaucoup plus établi. Mais je ne suis pas sûr d’être entendu par le joueur et son environnement."


Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/10122010/70/qualif-euro-2012-avons-nous-les-moyens-de-gagner-non.html
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