vendredi 11 mars 2011

"A la moindre erreur…"

Mardi, les arbitres mutins sont rentrés dans le rang "sans condition", selon les termes employés par le président de la FFF, Fernand Duchaussoy. Mercredi, ils ont été reçus par la ministre des Sports, Chantal Jouanno, et ont obtenu une charte tout ce qu'il y a de plus symbolique. Ce week-end pour certains, un peu plus tard pour d'autres*, il faudra revenir sur les terrains de Ligue 1. Sans doute pas le moment le plus évident d’une semaine agitée comme rarement.


Remplacés le week-end dernier par leurs collègues de National après avoir menacé de retarder d'un quart d'heure le coup d'envoi des rencontres de Ligue 1, les arbitres ont clairement perdu la bataille. Alors qu'ils réclamaient plus de respect de la part des acteurs du monde du football et une revalorisation de leur rémunération - revendication liée à l'entrée en vigueur du contrat signé par la FFF avec Nike -, les arbitres ont été renvoyés dans leurs vingt-deux par les instances dirigeantes du football français. "Depuis trop longtemps, l'arbitrage était un état dans l'état. Le pouvoir fédéral avait démissionné. Là, il faut rendre hommage à Fernand Duchaussoy et à la Ligue. Il y a eu un discours de fermeté et tout le monde est rentré à la maison", décrypte Bruno Derrien, ancien arbitre international.


En observateur avisé, il n’a pas été étonné de cet épilogue et de la faible résistance des frondeurs du SAFE (syndicat des arbitres), dont le secrétaire Tony Chapron a été convoqué par le Conseil National de l’Ethique suite à ses déclarations à l'encontre du président de la FFF et privé de Rennes-OM. "La solidarité s'est fissurée. Les arbitres se sont rendus compte qu'ils allaient dans le mur. Ils pouvaient avoir plus, certes. Mais aussi moins. Ils sont dans la fourchette haute par rapport à leurs collègues européens. Ces dernières années, des efforts ont été faits même s'il ne faut pas nier qu'il existe un problème de statut et de reconversion."


"Tout le monde a fait exprès de bien se tenir"


Et la Direction Nationale de l’Arbitrage dans tout ça ? On ne l’a guère entendue alors ses troupes lançaient la fronde. "Elle a plus subi qu'anticipé, regrette Bruno Derrien. Etait-elle au courant du mouvement ? Si oui, elle peut-être considérée comme complice. Si c'est non, elle peut donner l'impression de ne pas tenir ses troupes." Bref, la DNA ne sort pas grandie de cette histoire. Marc Batta, dont le fils Florent a été suspendu à titre conservatoire (comme quatre autres arbitres) après avoir retardé les coups d’envoi des matches de L2 le week-end dernier, a même laissé poindre un certain abattement dans les colonnes de L’Equipe, mercredi.


Le directeur national de l’arbitrage ne veut cependant pas quitter le navire et, d’une certaine manière, peut toujours se réconforter en se disant qu’à la différence des hommes en noir, il ne sera pas en première ligne sur les pelouses de Ligue 1 ce week-end où l'accueil risque d’être frais. Loin de la rare et appréciable sérénité dans laquelle ont œuvré les intérimaires lors de la journée précédente. "Tout le monde a fait exprès de bien se tenir, tempère néanmoins Bruno Derrien. Il ne faut pas se voiler la face, les arbitres de National, quand ils arbitrent dans leur division, ils se font flinguer et critiquer." Comme les arbitres de l’élite qui ne sont sans doute pas au bout de leurs peines. "Ce qui est terrible pour eux, c'est qu'ils se sont mis une pression considérable et qu'à la moindre erreur, on va réclamer des arbitres de National. Le boomerang est revenu. C'est un beau gâchis mais pas une surprise."


*Tony Chapron, Bruno Coué et Hervé Piccirillo ont été remplacés alors qu’ils devaient revenir aux affaires ce week-end.


Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/11032011/70/ligue-1-a-la-moindre-erreur.html
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