Trop jeunes, trop tendres, trop inexpérimentés, trop naïfs, trop timides, trop polis, trop appliqués... Il y a mille et une façon de le dire, mais un seul constat à faire, après la défaite de l'équipe de France contre la Biélorussie (0-1) : cette équipe manque dramatiquement de référence et de bouteille pour ne pas se briser comme du verre au premier élément contraire. Cette formation constituée de jeunes internationaux, de potentiels intéressants mais non confirmés, n'était même pas armée pour commencer correctement une campagne de qualification à domicile contre un sans-grade du continent. On peut trouver que Laurent Blanc en fait beaucoup quand il dit : " La bonne surprise aurait été que cela se passe différemment. Malheureusement, c'est une confirmation." Ou lui répondre que la mauvaise surprise a été que la plupart des joueurs soient engoncés plutôt que sublimés par le contexte de la haute compétition. Il reste le constat final : les Bleus ont touché leurs limites.
"Je ressens qu'ils ont besoin d'être rassurés, de se lâcher", confie le capitaine d'un soir Florent Malouda. "Quand vous faîtes votre première sélection au Stade de France en match de qualification, vous avez les papilles qui tremblent un peu", lâche Laurent Blanc comme une fatalité. France - Biélorussie, c'était comme une rentrée des classes à J+2, avec des élèves qui ont préféré se laisser bercer par le cours des événements plutôt que s'installer dans leur nouvel environnement. "On a vu beaucoup d'application, parfois un peu trop, reconnaît Malouda. Cette envie de bien faire, ce sont les qualités et les défauts de la jeunesse. On s'est fait avoir, mais il ne faut pas non plus se dévaloriser. Mon rôle est de remobiliser tout le monde, soigner un peu les têtes, ne pas se laisser abattre et avoir envie de se refaire."
"Voilà, j'ai des gens qui débutent..."
Etant entendu que les joueurs ne vont pas gagner 40 sélections en quatre jours, la formation accélérée est la seule solution identifiée par le capitaine et le sélectionneur pour ouvrir le compteur mardi en Bosnie. Leçon numéro un : être réaliste. "Quand on ne peut pas gagner un match, il ne faut pas le perdre, a insisté Blanc. Il aurait fallu faire au moins 0-0." Leçon numéro deux : à ce niveau, il n'y a pas cinquante moments où les rencontres peuvent basculer. "Quand on a des occasions, il faut les concrétiser, assène Blanc. Plus le match avance, plus l'adversaire devient gaillard. Si tu ne tues pas l'adversaire, il peut toujours te prendre en contre. Quand on regarde ce genre de match, on sait ce qui risque de se passer, tous les joueurs le savent, les entraîneurs, les spectateurs aussi. On le sait. On se le dit toujours, mais ça arrive toujours. J'espère que cela n'arrivera plus."
Le sélectionneur balaie d'un revers l'idée que ses joueurs n'ont peut-être pas le niveau requis. "Le niveau va avec l'expérience. Voilà, j'ai des gens qui débutent. Il faut qu'on fasse le jeu, qu'on marque des buts, devant notre public, égrène-t-il comme la liste des travaux d'Hercule. Quand on débute, il faut un certain temps." Mais, avec ce ton qui faisait parfois grincer des dents à Bordeaux, il place déjà ses joueurs face à leurs responsabilités. "De temps en temps, il faut réfléchir. Le football c'est les jambes, mais aussi un peu la tête." Il ne mène pas ce combat seul. Malouda rappelle des évidences : "L'équipe de France A, c'est l'objectif, mais c'est là que tout commence. On parle souvent du potentiel des joueurs français, mais à un moment il faut transformer ce potentiel en performance. A nous de faire en sorte qu'il y ait de meilleurs moments. Le climat est favorable honnêtement."
Du terrain, Malouda, sent les mêmes choses que son sélectionneur sur la prédominance du facteur mental plutôt que sur le facteur technique. "Si on compare notre potentiel avec celui de la Biélorussie, il y a moyen de gagner un match. Ce n'est pas une question de talent. Ce qui révèle une force de caractère, c'est cette capacité à se surpasser dans les moments où ce n'est pas facile. On a besoin de ça. La déception, d'accord, mais on a besoin de révolte. Il faut que cette série de résultats s'arête et ce ne sera pas le fruit du hasard." La question centrale, après qu'un tel joker a été brûlé, c'est de savoir combien de temps peut durer la reconstruction. "Faire une équipe, ça peut prendre des mois, on peut même ne jamais y arriver, dit Blanc. Nous sommes face à cette équation." Elle commence par un zéro.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/04092010/70/04092010173359.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire