Il les collectionne même. A Madrid, personne n'a oublié ceux de Glasgow. Entré en jeu à la place de Cesar, à vingt minutes du terme de la rencontre, il avait signé trois parades décisives en fin de match pour permettre à son équipe de remporter la Ligue des Champions en 2002, face au Bayer Leverkusen (2-1). Cette soirée, immortalisée par une volée mythique de Zinédine Zidane, restera celle qui aura lancé la carrière glorieuse de Casillas. "Pour moi, il y a un avant et un après ce match", reconnaissait-il dans So Foot. Car il n'a plus jamais perdu sa place de titulaire après ce match. Avant, il avait essuyé quelques critiques sur son irrégularité. Mais il était surtout trop jeune pour être perçu comme un dernier rempart crédible au Real. Après Glasgow, ces considérations ont disparu et il est devenu indiscutable à Madrid. Où il s'est forgé un palmarès en béton. Double champion d'Europe (2000, 2002), quadruple champion d'Espagne (2001, 2003, 2007, 2008), le gamin de Mostoles, dans le sud de la banlieue madrilène, a connu toutes les gloires et survécu à toutes les crises traversées par la Maison Blanche. Sans que son statut ne soit jamais remis en question. Il y a deux ans, les dirigeants merengues ont d'ailleurs prolongé le contrat de San Iker jusqu'en... juin 2017. Un geste qui prouve à quel point il est indispensable.
Le sort avec lui
Casillas a aussi réussi le tour de force de le devenir en sélection nationale. Et là, difficile de ne pas croire au destin. Après Cesar à Glasgow, Santi Canizares s'était en effet blessé à son tour pour laisser la place de gardien titulaire de l'Espagne vacante à l'aube du Mondial au Japon et en Corée du Sud. Une chance que San Iker n'a pas laissé passer. Héros du 8e de finale remporté aux tirs au but face à l'Eire, San Iker est resté depuis cette Coupe du monde le numéro un de la Seleccion. Aujourd'hui, il est le troisième joueur le plus capé de l'histoire de l'équipe d'Espagne avec 101 sélections, juste derrière Raùl (102) et Andoni Zubizarreta (126). Entre temps, il a nettement contribué au titre de champion d'Europe acquis en 2008, sauvant notamment son équipe lors d'une séance de tirs au but face à l'Italie en quarts de finale. Une performance parmi d'autres qui lui a valu d'être sacré meilleur gardien du monde, titre qu'il a conservé en 2009. Indispensable sur le terrain, Casillas l'est tout autant dans le vestiaire. Après avoir décidé de ne pas sélectionner Raul en 2008, Vicente del Bosque, le sélectionneur espagnol, lui avait ainsi confié le brassard de capitaine. Le gardien madrilène ne l'a plus quitté depuis.
De par son palmarès, son statut au sein d'un des clubs les plus populaires du monde et sa personnalité, qui fait l'unanimité, Casillas est déjà une légende. Mais son parcours est certainement loin d'être terminé. Et cette année 2010 pourrait se révéler encore bien glorieuse pour San Iker. Avec le Real, deuxième de la Liga, il tentera de mettre à terre l'armada barcelonaise pour conquérir son cinquième titre national avec les Merengues. Il aura surtout à coeur de briser la malédiction madrilène sur la scène européenne en franchissant enfin les 8es de finale de la Ligue des Champions, face à Lyon. Et l'été prochain, Casillas partira à la conquête de cette Coupe du monde qui n'a jamais souri à l'Espagtne jusqu'ici. Le gardien du Real semble convaincu que cette fois-ci sera la bonne. "Cela me semble logique que l'on nous considère comme les favoris du Mondial en Afrique du Sud, nous l'avons mérité et en plus, nous sommes en tête du classement FIFA. A l'heure actuelle, notre équipe est bien rodée, peu d'équipes peuvent en dire autant. Peut-être l'Angleterre, mais pas le Brésil, ni l'Italie, la France ou l'Argentine", estime-t-il. Les challenges sont encore nombreux pour San Iker. Le Real et l'Espagne prient plus que jamais pour que sa bonne étoile ne le quitte pas.
Eurosport
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