Il n'y a pas si longtemps, disons deux à trois semaines, chacun s'accordait à parler de triplé voire de quadruplé pour les coéquipiers d'Alou Diarra. Une phrase de Jean-Pierre Escalettes sur la possible succession de Raymond Domenech, une déclaration de Marc Planus sur son possible départ doublé d'un tacle à peine déguisé sur son possible futur ex-coéquipier Marouane Chamakh, une intervention-recadrage de Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6 et administrateur des Girondins, et deux défaites plus loin (Rennes puis Monaco) et l'édifice semble « moins solide » voire quelque peu fissuré. Et comme le dit Laurent Blanc avec plein de lucidité : « C'est ennuyeux ». Effectivement, c'est ennuyeux. Et comme toujours, cela arrive au mauvais moment, encore eut-il fallu qu'il y en ait un bon... Dans les semaines à venir, les Bordelais vont devoir être « encore plus forts ». En championnat, ils vont devoir surveiller Montpellier qui avance encore à visage masqué, mais pour combien de temps ? Et puis les deux Olympiques, de Lyon et de Marseille et qui n'ont pas définitivement renoncé à aller chercher Bordeaux, tandis que se profilent les huitièmes de finale de la Ligue des champions face aux Grecs de l'Olympiakos. De sacrés challenges.
Pourtant, de nombreux clubs échangeraient volontiers leur situation avec celle des Bordelais. Demandez donc leur avis à Antoine Kombouaré, confronté aux perpétuelles errances du Paris-SG, à Didier Deschamps, désabusé par l'irrégularité chronique de ses Marseillais, ou à Claude Puel, qui ne semble pas toujours comprendre le fonctionnement de ses Lyonnais.
Certains voudraient y voir une entreprise de « déstabilisation » fomenter par des adversaires tapis (pas Bernard, pour une fois) dans l'ombre du Haillan. J'en doute. Et si les causes étaient plus simples. Et si personne ne cherchait vraiment à déstabiliser les Girondins. Et si les joueurs de Laurent Blanc subissaient, tout simplement, la pression « normale » exercée sur une équipe qui domine le football français depuis deux saisons, qui a réussi une belle première partie de Ligue des champions et qui possède un entraîneur promis à un bel avenir et ce, depuis bien plus longtemps que son arrivée en Gironde.
Finalement, c'est la suite qui va être intéressante. Comment les Girondins vont-ils réagir en coulisse puis sur le terrain ? Comment Laurent Blanc va-t-il s'y prendre pour préserver l'unité de son vestiaire tout en faisant abstraction des sollicitations extérieures le concernant (et pas seulement de l'équipe de France...) ou concernant ses joueurs. Alors simple incident mécanique ou grosse panne ?
francefootball
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