« Du passé faisons table rase. » C’est le leitmotiv de Franck Ribéry en 2010, lui dont les derniers mois se limitaient à ses passages quotidiens à l’infirmerie (tendinite du genou gauche et une inflammation des gros orteils). Celui que l’on a surnommé outre-Rhin « Kaiser Franck » se projette avec envie vers une fin de saison palpitante entre la course au titre en championnat et la phase finale de la Ligue des champions.
Aujourd’hui, la relation tendue qu’il entretient avec son entraîneur, Louis Van Gaal, s’est apaisée. Ce ne sera jamais le grand amour entre eux, comme Ribéry l’avait déjà connu à Metz et à l’OM avec Jean Fernandez. « Pour lui j’irais à la guerre… c’est quelqu’un qui a un gros cœur, c’est quelqu’un qui me considérait comme son petit », a confié Ribéry dans un entretien diffusé ce soir sur Canal+ à propos de l’actuel coach de l’AJ Auxerre. Parfois rude dans ses commentaires, Van Gaal se répand désormais en compliments : « Franck est un gars gentil. C’est un “petit cœur”. » Ses coéquipiers ne tarissent pas non plus d’éloges. Pour le défenseur Philipp Lahm, Ribéry peut « élever l’équipe à un autre niveau ». « Il apporte un supplément à l’équipe que nous devons utiliser », ajoute Arjen Robben. « J’aime jouer avec lui, je suis heureux qu’il soit à nouveau en forme », poursuit le Néerlandais.
« Pas encore à 100 % »
Le Boulonnais est sur le bon chemin grâce à un retour à la compétition très carré, censé le ménager pour éviter toute rechute. Malgré son envie de toucher le plus de ballons possible et son coup de gueule lors d’un remplacement, il peut dire merci à son entraîneur, Louis Van Gaal. Son genou tient le coup. Il a effectué sa rentrée face au Werder Brême fin janvier avec vingt-deux minutes de jeu. Il est monté en puissance pour être titulaire pour la première fois ce week-end en championnat face à Dortmund (3-1). Le Français a délivré deux passes décisives. Il avait fait encore plus fort quelques jours auparavant face à Greuther Fürth (6-2) en Coupe avec un but et deux offrandes à ses coéquipiers. Pour le moment, « Francky » a été utilisé à 14 reprises toutes compétitions confondues avec un bilan de 3 buts et 7 passes décisives. Le public de l’Allianz Arena a définitivement retrouvé l’un de ses chouchous même si lui-même ne se considère « pas encore à 100 % ».
Une bonne nouvelle avant d’affronter les Italiens de la Fiorentina en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Le Bayern Munich connaît par cœur l’équipe transalpine entraînée par Cesare Prandelli. Les deux clubs s’étaient affrontés la saison dernière en poules. Les Bavarois avaient cartonné à domicile (3-0) avant de rapporter un point de leur voyage à Florence (1-1). Ribéry avait disputé les deux matches. Quand on lui demande quels sont les trois joueurs du Bayern qu’il craint le plus, Prandelli n’a pas hésité une seconde à cibler le danger : « Ribéry, Ribéry, Ribéry. » La défense de la « Fio » est prévenue.
Les Bleus lui manquent
Avant la revanche du soir, le milieu de terrain munichois Arjen Robben a prédit un 6-0 en faveur de son équipe. Ribéry croise les doigts pour que le Néerlandais dise vrai. Il l’a toujours répété : un jour, il soulèvera cette coupe aux grandes oreilles qui fait rêver tous les footballeurs de la planète. Aujourd’hui il n’a pas le sentiment que le Bayern lutte à armes égales avec les FC Barcelone, Chelsea ou Real Madrid. La saison dernière, les Munichois avaient été balayés en quarts de finale par d’intouchables Barcelonais (4-0, 1-1), futurs vainqueurs. Ce retour sur la scène européenne permettra aussi à Ribéry de s’étalonner à trois semaines du match amical entre les Bleus et l’Espagne.
Lundi, l’une des stars des Guignols de l’info a reçu la visite du sélectionneur Raymond Domenech, qui voulait savoir où en était l’un des cadres de son groupe sur le plan physique. Ribéry a manqué les deux derniers rassemblements de l’équipe de France et le barrage face à l’Eire en novembre. Sans oublier le rendez-vous incontournable de l’année : le Mondial 2010. Domenech apprécie la prudence de Ribéry, pas rassuré par un tirage au sort très abordable sur le papier : « Je n’oublie pas qu’en 2006 on en a bavé. Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Notre groupe en Afrique du Sud (NDLR : le pays hôte, le Mexique et l’Uruguay) sera encore plus dur. » A n’en pas douter, la date du match d’ouverture face aux Uruguayens, le 11 juin, est soulignée en gros sur le calendrier de l’un des Chtis préférés des Français avec l’acteur Dany Boon.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire