Peut-on décemment évoquer l’intérêt sportif du match Lens-PSG de samedi soir ? Les deux équipes, rentrées dans le rang et dans le ventre du classement depuis longtemps, n’ont pas grand-chose à gagner ou à perdre, fors l’honneur.
L’honneur, justement, du Paris-Saint-Germain, pourrait être une fois encore bafoué samedi soir, moins par une énième défaite, au fond bien habituelle, mais par de nouveaux débordements de ses hooligans. Après leur comportement dimanche dernier à l’occasion de PSG-OM (0-3), où les supporteurs d’Auteuil avaient affronté ceux de Boulogne, laissant l’un d’eux grièvement blessé, le pire est à craindre samedi soir.
Conformément aux engagements de Robin Leproux, président du club, aucun billet n’a certes été vendu à des supporteurs du PSG se revendiquant comme tels, mais la probabilité de voir des extrémistes se rendre individuellement à Bollaert est forte, d’autant que les relations entre fans de Paris et de Lens sont tendues depuis l’affaire de la banderole anti-Ch’tis.
L’enjeu principal – le seul, même – de cette rencontre résidera donc dans la capacité des autorités à contenir les débordements des supporteurs parisiens. Vingt stadiers du Parc des Princes monteront à Lens pour tenter d’identifier d’éventuels fauteurs de trouble, selon Jean-Philippe d’Hallivillée, le responsable de la sécurité au PSG et le ministère de l’Intérieur ont annoncé la mise en place d’un « dispositif très renforcé » à l’issue d’une réunion Place Beauvau mardi. Plusieurs unités de police seront déployées, des agents en civil seront mêlés à la foule, et le tribune « visiteurs » sera bien entendu fermée. Cela suffira-t-il à calmer les ardeurs des hooligans ? Guy Delcourt, maire de Lens, n’a en tout cas, une nouvelle fois, pas joué l’apaisement avant la rencontre en affirmant que Robin Leproux n’était « pas le bienvenu » à Bollaert samedi soir.
A quelques heures du match, édiles comme dirigeants sportifs feraient pourtant mieux de garder leur calme ; la situation devrait exiger tout leur sang-froid ce soir.
France soir
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