La saison dernière, Rennes avait la réputation d'une équipe très défensive. Frileuse, même. Cette année, la formation bretonne séduit par son panache offensif. La promenade des Rouge et Noir à Sochaux (2-6), mercredi, a accentué l'impression que ce Rennes-là est devenu beaucoup plus joueur, nettement plus entreprenant. La preuve en chiffres : avec 17 buts inscrits en sept journées, l'attaque rennaise est la plus prolifique de Ligue 1. A Bonal, elle a pourtant manqué de réalisme. "Le match aurait pu être plié à la mi-temps, déplore Frédéric Antonetti. Quand on a autant d'occasions, il faut être efficace. A 2-2, j'étais énervé et je l'ai dit aux joueurs à la mi-temps."
Emmenés par un excellent Julien Féret, altruiste, techniquement irréprochable et toujours dans le sens du jeu, les Rennais ont vite donné le tournis aux défenseurs sochaliens. A l'image de Peybernes, qui a connu toutes les difficultés pour contenir les assauts bretons. Youssouf Hadji, très remuant, a élargi les lignes par ses appels incessants. Montano, double buteur, a souvent profité des espaces laissés par son compère offensif. Très facile sur le plan technique, Pitroipa a en revanche souffert face à Corchia. "Performants dans l'utilisation du ballon" selon Antonetti, Rennes a aussi su alterner le jeu court et le jeu long, sous l'impulsion de M'Vila, et de Tettey, qui donne plus d'impact physique à l'entrejeu.
"Un passage pour grandir"
Dominateurs dans tous les compartiments, les Rouge et Noir peuvent nourrir des ambitions élevées cette saison s'ils parviennent à suivre ce rythme. Frédéric Antonetti ne s'en est jamais caché : son équipe a les moyens de jouer les trouble-fêtes. Son banc est suffisamment fourni. Entré en jeu à la 61e minute, à la place de Pitroipa, Kembo Ekoko a apporté sa pierre à l'édifice, en signant le sixième but rennais dans le temps additionnel (90e+5). Yacine Brahimi, qui a suppléé Montano (72e), a prouvé qu'après cinq semaines d'arrêt, il n'a rien perdu de sa finesse technique.
Si le milieu de terrain et l'attaque ont pleinement maîtrisé leur sujet, l'arrière-garde n'a pas donné les mêmes garanties. Sans Kader Mangane, blessé à la cheville, elle a souffert. Les deux buts encaissés sur les deux seules incursions sochaliennes de la première période donneront du grain à moudre pour le perfectionniste qu'est Fréderic Antonetti. Avant la pause, le Corse n'a cessé de replacer ses joueurs. "Le coach nous a secoués à la mi-temps, raconte Victor Hugo Montano, auteur d'un doublé dans le Doubs. Sochaux nous posait des problèmes, mais nous sommes rentrés avec beaucoup d'envie en seconde période." Le coup de gueule a porté ses fruits. Rennes a brillamment effacé son revers à Udine (2-1) et son nul face à Nancy (1-1). Désormais, Antonetti "espère que cette victoire fera office de déclic pour les joueurs". "C'est en tout cas un passage pour grandir", sait-il.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire