
«Raynald Denoueix, le titre est-il déjà joué pour Bordeaux ?
Non, car il reste un paquet de matches et Bordeaux est engagé sur tous les fronts. Ses adversaires ont pas mal de possibilités pour espérer les rattraper. Mais il est vrai que Bordeaux maîtrise son jeu. On dit qu'il est soi-disant exigeant physiquement mais je le trouve au contraire assez économique car tous les efforts s'inscrivent dans le collectif. Bordeaux est l'équipe qui fait le plus de passes, Gourcuff est le joueur qui fait le plus de passes dans la moitié de terrain adverse. Les joueurs bougent, bien sûr, mais c'est leur force. Dans d'autres équipes, les efforts sont moins bien répartis et les individualités peuvent s'épuiser.
Justement, Bordeaux n'a-t-il pas beaucoup d'avance sur le plan technique, en plus de son avance sur le plan mathématique ?
La chance des autres serait que Bordeaux réussisse en Ligue des champions. Quels que soient les efforts déployés, il est impossible que la C1 ne parasite pas tout dans les semaines à venir. Dans la concentration, quand un match contre une grande équipe européenne arrive, tu as beau te dire que le match de championnat dans trois jours contre une équipe moyenne est plus important, tu ne peux pas occulter ce qui va t'arriver quinze jours après. C'est humain. Et l'entraîneur est le premier concerné. Si tu joues le Real le mardi, tu ne prépares pas ton match le dimanche matin qui précède, mais bien des semaines à l'avance.
Qui peut-être champion si ce n'est pas Bordeaux ?
Je n'en ai aucune idée. Tous les autres clubs évoluent pour l'instant avec leurs irrégularités. A Lyon et Marseille, c'est difficile de savoir vraiment ce qui coince. Il y a plusieurs petites choses qui ne vont pas sur un match, qui sont réglées au match suivant, et c'est là qu'un autre problème surgit. Ce ne doit pas être très facile pour les entraîneurs. Lille, en revanche, est capable de reproduire ce qu'il a déjà fait. Et cette équipe a l'avantage d'avoir faim. Il y a longtemps que le club n'a rien gagné.
Le LOSC peut-il aller au bout ?
On a une équipe qui arrive à maturité, un club qui fonctionne pas mal, et surtout, une capacité à marquer à tout moment, qui est essentielle dans ce débat-là. Défendre, une équipe est toujours capable d'y arriver. Mais savoir qu'on va pouvoir marquer, pas seulement par le collectif, mais aussi parce qu'on a les joueurs qui peuvent débloquer une situation, ça donne des ailes. Les joueurs le savent. Lille est diabolique de ce point de vue-là. Mentalement, c'est une équipe assez libérée, qui n'a pas d'obligation ''à la con'', de gagner ou de jouer la Ligue des champions.
Vous connaissez cette situation, c'est celle qui vous a mené au titre avec Nantes en 2001...
Je suis sûr que depuis la victoire de Lille contre Bordeaux (2-0), les joueurs y croient. Ils y croient forcément. Même si la route est longue, ils peuvent se dire : pourquoi pas ? Evidemment.
On dit souvent que la qualité du banc est primordiale pour un sprint final. Comment évaluez-vous ceux des candidats ?
Ce n'est pas là que ça se joue. Pour moi, ce qui est important, c'est que l'équipe-type fonctionne. Et là, Marseille et Lyon ont encore des interrogations alors que Bordeaux et Lille en ont dégagé une. Avec treize ou quatorze joueurs, ils sont sûrs d'avoir un certain niveau. Sur le banc, je dirais qu'il y a ce qu'il faut chez les quatre. Mais une nouvelle fois, ce n'est pas le problème. »
l'équipe
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