samedi 13 février 2010

Kombouaré : l'homme de la situation

Antoine Kombouaré est arrivé à Paris précédé d'une réputation d'entraîneur impulsif. Sa méthode : titiller l'ego de ses joueurs pour susciter une réaction. Dernier exemple, ses déclarations choc avant la débâcle lorientaise (0-3). «Aujourd'hui il n'y a pas les joueurs, en tout cas pas complètement, qui ont le niveau pour jouer au PSG, il faut le dire», clamait-il sur RTL. Depuis, le technicien s'est adouci, estimant qu'il était préférable «d'encourager» ses troupes. Comme l'aveu que son discours n'est pas toujours très bien compris -ou apprécié- par son vestiaire. «Il peut être maladroit dans sa manière de s'exprimer ou dans la tonalité avec lequel il le fait, mais il n'a jamais joué un rôle, juge Gaël Danic, qui était sous ses ordres à Valenciennes (Photo L'Equipe). Quand il a été engagé à Paris, tout le monde savait qu'il avait un gros tempérament. Après, ça passe ou ça casse...». Déjà, lorsqu'il entraînaît la réserve du PSG, «ça soufflait dans les bronches les lendemains de défaite», appuie Maxime Baca. «Parfois, il gueulait même sur l'entraîneur adverse en plein match (Rires). Mais bon, c'est surtout parce qu'il est vrai, entier et honnête. Ce sont de belles qualités humaines.»

... mais peut-il passer à Paris ?
Toute la difficulté à laquelle est confronté Kombouaré réside dans sa capacité à s'adapter à l'environnement parisien. A en juger par les résultats de l'actuel 15e de la L1, Paris ne peut pas se gérer comme Valenciennes, Strasbourg ou la réserve du club de la capitale. «Mais il connaît ce club pour y avoir joué, il va réussir à condition qu'on lui laisse le temps, assure Danijel Ljuboja qui l'a côtoyé en Alsace (Photo L'Equipe). Le problème à Paris, c'est que le temps, justement, il n'y en a pas...». De toute façon, «c'est un faux problème. Dans un club, il y a une hiérarchie, il faut la respecter», affirme pour sa part Danic, qui souligne toutefois l'importance de «la gestion humaine». L'ancien Troyen parle en connaissance de cause. Deux mois après son arrivée à VA, un clash l'a opposé à Kombouaré qui lui a valu d'être écarté de l'entraînement pendant trois jours, puis du groupe nordiste le week-end qui a suivi. «Mais je n'étais pas exempt de tout reproche. J'étais un petit nouveau, il fallait que je me mette dans le moule, raconte-t-il. Ce qui est bien, c'est que le lundi, on en a discuté et c'était passé. Même s'il agit parfois à chaud, il est capable de faire abstraction et de remettre tous les compteurs à zéro. Mais il faut aussi que le joueur ait l'intelligence de se remettre en question...»

A condition que les joueurs le veulent...
Antoine Kombouaré n'est pas le premier -et il ne sera sûrement pas le dernier- à connaître une crise de résultats à Paris. C'est la raison principale qui pousse nos témoins à porter davantage le débat sur la valeur réelle du club de la capitale au sein du Championnat. «Pour moi, ce qui se passe à Paris n'a rien d'étonnant. C'est une année comme les autres, soupire Ljuboja. Là-bas, il y a une grosse pression et peut-être que les joueurs n'assument pas. Tu auras beau changer d'entraîneur, si les joueurs ne sont pas capables...». Maxime Baca (Photo L'Equipe) abonde dans son sens. «Peu importe l'effectif, peu importe les saisons, Paris a toujours son lot de soucis. Le Parc des Princes et le centre de formation rénové devraient être des forces, c'est dommage... Aux joueurs, quels que soient leur statut, de se remettre en question.» Avec une série de victoires, Danic se dit persuadé que le débat serait clos. Mais si la 15e place du PSG ne correspond qu'à une «photo à un instant T», il fait remarquer: «Paris est un grand club parce que c'est la capitale et qu'il est médiatique. Mais pour moi qui suis acteur, les grandes équipes se jugent par rapport à leurs résultats. L'an dernier, ils étaient sixièmes, OK. Mais les deux saisons précédentes ?» Seizièmes et quinzièmes...

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