THIERRY HENRY, comment qualifieriez-vous la prestation des Bleus ?
T.H. : Quand tu prends 2-0 chez toi contre n'importe quelle équipe, ça n'est pas très bon. C'est même loin d'être bon. On sait très bien qu'on est passé à côté du match. Mais on ne perd pas un match tout seul. En face, il y avait une équipe qui est très dure à manoeuvrer.
L'équipe de France a eu beaucoup de difficultés face à l'Espagne...
T.H. : Oui. Mais, malheureusement, on savait à quoi s'attendre. On savait que cette équipe espagnole était redoutable. Je suis bien placé pour le savoir. Et se retrouver pour une fois de l'autre côté à courir après la balle, c'était dur. Ils nous ont donné une leçon de football. Il faut le dire, même si on a perdu deux ballons qu'on aurait peut-être pu mieux gérer sur les deux buts. Mais ce n'est pas pour ça que l'Espagne ne mérite pas sa victoire, elle a livré un match extraordinaire. On sait que c'est l'une des meilleures équipes au monde à l'heure actuelle.
Ce match illustre-t-il le fossé qui existe entre la France et un favori de la prochaine Coupe du monde ?
T.H. : Oui, tout à fait ! On est là pour travailler mais c'est vrai qu'on a joué contre un candidat à la victoire et, aux yeux de pas mal de personnes, nous ne sommes pas candidats à la victoire. Je pense que ça s'est vu. Mais on va travailler pour essayer de revenir à ce niveau-là. Eux, par leur culture, ils ont déjà l'habitude de jouer comme ça. Je le vois tous les week-ends. Quand tu rassembles tous ces joureurs ensemble avec l'aisance qu'ils ont... C'est même plus que de la confiance. A un moment, tu te sens intouchable. On l'a vu sur certains gestes. Ils sont sur une autre planète. De l'autre côté, on a vu une équipe qui est toujours en train de se chercher.
Etes-vous inquiet ?
T.H. : Oui et non. Oui parce que tu as toujours envie de te rassurer. On avait envie de faire un gros match. Maintenant, ça reste l'Espagne. On n'a pas joué contre n'importe qui. Il ne faut se chercher d'excuses mais c'est quand même l'Espagne. Ca n'a pas été évident. En plus, on prend un but très tôt qui les conforte dans leur système et leur façon de jouer. Après, il a fallu courir après la balle. Ca a vraiment été difficile.
A titre personnel, peut-être étiez-vous aussi à court de forme...
T.H. : Oui, j'étais à court de forme. Je pense que ça s'est vu. Un manque de rythme total. Je reste confiant sur le fait que je pourrai faire une grosse préparation avant la Coupe du monde (entre le 17 mai et le 10 juin, ndlr). Ce qui sera important, ce sera de ne pas arriver blessé à cette préparation. Mais là, un match en un mois et demi, ça a été dur, surtout dans un match contre une grosse équipe où tu dois courir après la balle. Je me suis senti lourd. L'un des points positifs pour moi, c'est que j'ai joué. Vous rigolez mais c'est vrai...
Votre statut de remplaçant au Barça peut-il être un handicap ?
T.H. : Je ne pense pas que ce sera un handicap pour la Coupe du monde mais ça a été un gros handicap (mercredi) soir. C'était difficile au niveau du rythme et des changements de rythme. Je n'ai pas de préparation, pas d'entraînement fort... Mais j'espère que la grosse préparation que je ferai avant la Coupe du monde pourra effacer tout ça. Ce qui me laisse avoir espoir, c'est cette préparation. Mais ça n'est pas évident. C'est quelque chose de nouveau à gérer. Ca ne m'était jamais arrivé dans ma carrière. En général, il fallait plutôt que je stoppe. Là, je cherche les minutes.
Vous avez été sifflé lors de votre remplacement. Comment l'avez-vous pris ?
T.H. : Comme tout le monde. Comme Nico (Anelka), comme Franck (Ribéry) lorsqu'ils sont sortis. Comme à chaque passe ratée. Comme lorsque Hugo (Lloris) lorsqu'il rate une relance à la main. C'est comme d'habitude. Ca n'est pas la première fois que je me trouve dans ce genre de situation au Stade de France. On ne va pas refaire un débat sur le public. C'est à nous de les emballer. Et encore une fois, on ne les a pas emballés. Je pense que les gens avaient à coeur de nous voir bien jouer contre l'Espagne. Je le comprends. Quand tu ne joues pas bien, il faut s'attendre à être sifflé. Je ne sais pas si on peut dire qu'ils étaient justifiés mais il faut faire avec. Quand tu joues bien, il n'y a pas de sifflets.
Eurosport
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