Quand Marouane Chamakh est passé répondre aux journalistes, jeudi au Haillan, il a flotté comme un air de fin de règne. Comme si l'élimination de mercredi soir en quarts de finale de la Ligue des Champions avait signifié qu'une histoire atteint son terme. Que le rêve était passé. L'international marocain a d'abord confirmé ce que tout le monde savait déjà : son départ. Mais Chamakh a tout de même tenu à ajouter, empreint d'une certaine émotion, qu'il ne comptait pas quitter les lieux comme un ingrat. Mais par la grande porte : "Il me reste là que cinq semaines. Un compte à rebours est lancé. A moi de faire neuf gros matches pour essayer d'aller le plus loin possible avec Bordeaux. Pour l'équipe et surtout pour moi." Aller le plus loin, en d'autres termes, cela signifie remporter le titre de champion de France.
Mais Bordeaux en a-t-il vraiment les moyens ? Il y a deux manières de voir les choses. En s'appuyant sur la performance de mercredi soir et penser que la prestation européenne des Bordelais les a regonflés à bloc. Face à Lyon (1-0), les Girondins ont ressemblé à la machine de guerre de 2009. Conquérants et inspirés, les joueurs de Laurent Blanc auraient pu, avec un peu plus de réussite et d'expérience, être les heureux de l'affaire et, aujourd'hui, se féliciter de défier le Bayern Munich en demi-finale de la Ligue des Champions. Personne ne le niera.
Une semaine capitale
Personne ne niera non plus que le résultat prime bien souvent. Pour ne pas dire toujours. Et cela pourrait prendre le pas dans les têtes girondines à l'heure de la remobilisation. Certes, les Bordelais ont été bons. Mais voilà, la fête est finie. Et maintenant, il faut se coltiner ce championnat déjà remporté l'an dernier et qui, depuis quelques semaines, ne sourit pas à la formation girondine.
Pour faire simple, à ce moment précis de la saison, Bordeaux peut encore réussir quelque chose de grand. Ou, plus cruellement, tout perdre, ce qui n'émeut guère Laurent Blanc : "Moi, ça ne me gêne pas de me trouver en position de tout perdre. J'aimerais bien que l'on ait tous les ans l'occasion de tout perdre, car cela veut dire que vous êtes allé très loin dans toutes les compétitions que vous disputez", confie-t-il dans les colonnes de Sud-Ouest.
Wendel n'est pas plus ému par cette perspective. Pour le milieu de terrain, tout se jouera "sur les trois prochains matches. Si on s'en sort bien, on va vous dire si on peut jouer les trois premières places." Ces trois prochains matches verront Bordeaux aller à Paris samedi, au Mans mercredi, et, dans neuf jours, il faudra remettre ça face à l'Olympique Lyonnais, à Chaban-Delmas. "La semaine qui s’annonce sera très importante, confirme Matthieu Chalmé sur le site du club. Le championnat était l’objectif prioritaire au départ. Il faut se transcender pour faire quelque chose de bien." Histoire de boucler la boucle.
Eurosport
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