Pourquoi êtes-vous venu à Quevilly? A cause de son passé en Coupe de France?Non, il fallait que je quitte le Midi un moment. J’y connaissais beaucoup trop de monde. En passant deux ans à Nîmes, c’est comme si vous suiviez une formation de cinq ans parce que tout est compliqué. Donc, je suis venu prendre l’air dans une région que je connaissais pour avoir joué à Caen. Et puis, retrouver le monde amateur où il faut se démerder tous les jours, ça me fait du bien.
C’est ce passé professionnel qui fait que vous n’aimez pas l’expression de «Petit Poucet»?Oui, le terme me gène un peu. Il y a peut-être la différence de division avec les autres équipes, et si certaines équipes sont en L1, il y a des raisons pour ça. Mais j’ai un effectif avec des joueurs qui connaissent le monde professionnel et qui étaient à la limite de passer pro. Après, pour des blessures, des mauvais choix, un entraîneur qui ne leur a pas fait confiance, des agents qui les ont mal orientés, ils ont basculé du côté amateur. Aujourd’hui, ils se mettent en évidence, ça montre qu’ils ont de la valeur et du talent.
Le talent est important pour vous?Moi, si demain j’ai la plupart de mon effectif qui part jouer dans les divisions supérieures, j’en serai très fier. Ca voudrait dire qu’en un an-et-demi de travail avec moi, ils ont progressé. On a mis en lumière ce quelque chose qu’ils avaient. On peut appeler ça du talent. Il y a une citation que j’aime bien: «Le talent vous fait gagner des matchs, mais c’est le collectif qui fait gagner le championnat».
Face à Boulogne, c’est le talent qui s’est exprimé?Le talent était forcément en leur faveur, mais on peut minimiser cette différence par le collectif, le plan de jeu. On avait prévu des choses et tout a fonctionné à merveille. Il y a des soirs où tout marche à la perfection. Du coup, on se qualifie avec la manière.
Qu’est-ce qui fait que votre équipe est une équipe de coupe?Le travail évidemment. Mais je crois aussi que les parcours en Coupe de France commencent toujours par un match difficile. Pour nous, ça a été contre Pacy-sur-Eure. On se qualifie en prolongations, après une première mi-temps où on a été baladé et où le gardien sauve l’équipe. Après ce match, on a senti qu’il s’est passé quelque chose.
Ce quelque chose vous permettra-t-il de faire tomber Paris?Il n’y a pas de recette. Ce sera un autre match, un nouveau scénario. Contre Angers, on se qualifie en maîtrisant le match, puis face à Rennes grâce à notre tête. Et enfin Boulogne… Face à Paris, il ne faut pas oublier que c’est une demi-finale. Les joueurs sont à 90 minutes d’un stade de 80.000 personnes. Je ne sais pas comment ils vont se comporter, comment ils vont gérer le côté émotionnel des choses, dans un autre stade, avec plus de médias, des regards différents sur eux parce qu’ils ont un nouveau statut. Moi, ce que je vais leur dire, c’est que notre vraie finale, c’est ce match. C’est Paris, pas le Stade de France. Si on gagne, les joueurs auront gagné quelque chose.
Et vous? Votre adjoint dit que vous n’avez rien à faire en CFA...(il sourit). C’est gentil de sa part. C’est un peu difficile de parler de soi. Je connais le monde professionnel, j’y ai fait ma carrière. J’ai mes convictions, j’ai ma vision du jeu et de la gestion d’un groupe. Je l’ai dit haut et fort, j’aspire à retrouver un niveau professionnel parce que ça me manque. Là, je me suis régalé à préparer ces matchs contre des L1. J’ai énormément bossé dessus, mais je n’ai pas travaillé pour rien.
20MINUTES
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