Les messages enamourés fleurissent sur les grilles de la Pinetina, le centre d’entraînement des Nerrazzuri. On vénère José Mourinho, l’homme qui a redoré le blason intériste aux yeux de l'Europe. On le glorifie et on le supplie de réfléchir une dernière fois avant de céder à l’appel du Real. Pour le moment, le «Special One» se contente d’écharpes et de banderoles à sa gloire. En attendant peut-être beaucoup mieux, samedi soir, en cas de victoire des siens en finale de la Ligue des champions, face au Bayern. «Je m’avance peut-être, mais si l’Inter gagne, ils vont lui ériger une statue là-bas», annonce Sabri Lamouchi, ancien joueur maison qui prend toujours le temps d’envoyer un petit texto à son pote Diego Milito.
Pour quelqu’un qui a déjà un pied en Espagne et qui est définitivement fâché avec le football italien, le bouquet final semble improbable. Il couronnerait pourtant les choix d’un stratège hors pair, pas vraiment repu par le doublé Coupe–Serie A. Sans diriger le meilleur effectif d’Europe - ni le plus séduisant sur un terrain - Mourinho est en passe d’offrir à son club sa troisième C1. Une réussite que cet Inter doit avant tout à sa capacité d’adaptation. Incisif et joueur face à Chelsea. Replié à outrance devant le Barça. A chaque fois, le résultat est le même, l’adversaire déjoue.
Face à son ancien mentor
«Mourinho, c’est un entraîneur pour gagner. Et pas forcément par le beau jeu, enchaîne Lamouchi, qui suit les rencontres du club italien pour Canal+. Ses équipes ne mettent pas le ballon au sol, mais il sait toujours créer le danger.» Inutile pour autant de critiquer son équipe. Le Portugais dégaine illico. «Au cours de cette Ligue des champions, je ne me souviens pas d'un match comme Inter-Barcelone à San Siro. Personne n'a joué le football que nous avons pratiqué ce soir-là, en attaquant autant les champions d'Europe».
«On préfère cet Inter là à celui qui a affronté le Barça au Camp Nou, reconnaît Lamouchi. Mais sa force, c’est aussi de contraindre ses attaquants à défendre dans leurs surface de temps en temps.» Excepté Ballotelli, rares sont ceux qui remettent en question les exigences passagères du «Mou», toujours aussi fuyant lorsqu'il s'agit de dévoiler ses plans avant une rencontre importante. Mais il mijotera forcément quelque chose pour piéger l’équipe de Louis Van Gaal, celui dont il fut l’adjoint au Barça à la fin des années 90. «C'était il y a vraiment longtemps, il a dû changer. Et puis, à l'époque, j'étais son assistant. Maintenant, je suis moi-même entraîneur. Il ne sait pas comment je travaille.» Quand l’élève se nomme Mourinho, le maître ne part pas forcément avec beaucoup d’avance.
20minutes
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