Après quatre victoires et deux nuls, Marseille concède sa première défaite de la saison. La défense est pointée du doigt car les Olympiens ont mené deux fois au score avant de s'incliner. Dans la foulée de cette rencontre, l'OM s'incline à Madrid (3-0) et devant Monaco (1-2). Les recrues, notamment Souleymane Diawara, peinent à s'intégrer. On commence à évoquer des erreurs de casting. Il faudra attendre la mi-octobre pour que la formation de Didier Deschamps renoue avec le succès, à Nancy (0-3). Ce soir-là, pour la première fois de la saison, Stéphane M'Bia est titularisé en défense centrale. Ce ne sera pas la dernière...
Le match de l'année, celui de la décennie ont même dit certains. A la 79e minute, Marseille mène 4-2 à Gerland. Onze minutes plus tard, l'OL est repassé devant avant que Toulalan, contre son camp, n'offre le point du nul aux Olympiens. Tout le monde loue la qualité du spectacle proposé et il y a de quoi. En revanche, dans le camp marseillais, on regrette d'avoir laissé échapper la victoire à cause, une nouvelle fois, d'une défense bien trop friable. "C'est une frustration", reconnait Souleymane Diawara. Il n'empêche. Cinq jours après le 6-1 infligé à Zurich, Marseille a confirmé sa force de frappe. Tout le monde ne peut pas en passer cinq à l'OL, surtout à Gerland.
Sans doute l'une des plus mauvaises prestations marseillaise de la saison. Apathiques, sans imagination, les Olympiens manquent le peu d'occasions qu'ils ont et se font prendre en contre. Les réactions sont sans équivoque. "Tout le monde doit se remettre en question, à tous les niveaux, et réfléchir de son côté, avoue Benoît Cheyrou. On a pris une bonne claque." Didier Deschamps sera lui bien plus cinglant. "Ce n'est pas le néant, mais ça y ressemble quand même beaucoup." C'est la fin des matchs aller et le bilan de l'OM est "largement insuffisant" pour le coach. Pas faux, Bordeaux vire avec onze points d'avance (et un match de plus).
C'est le match où tout peut basculer. En cas de victoire, les Girondins peuvent compter 14 points d'avance et plier le championnat. Il n'en sera rien. Au terme d'un partie qui fera couler beaucoup d'encre (but contestable de Chamakh, expulsion de Planus), l'OM parvient à arracher le nul à la 82e par Cheyrou et manque en fin de rencontre de signer un premier succès depuis 32 ans en terre bordelaise. Les entrées de Mathieu Valbuena et d'Hatem Ben Arfa, jugés transférables au mercato mais qui sont restés, sont déterminantes. Après ce match, les deux hommes retrouveront régulièrement une place de titulaire et joueront un rôle important dans la remontée au classement.
Jusqu'à cette rencontre, l'OM est invaincu en 2010: deux victoires en Coupe de la Ligue, une en Coupe de France, un nul et un succès en L1. Mais comme d'autres, le club phocéen tombe chez le surprenant promu. Résultat, 12 points de retard sur le leader et une sortie remarquée de Diawara: "Il faut arrêter de parler du titre, on fait rire les gens". Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que ce sera le dernier revers de la saison. Le déclic a sans doute lieu trois jours plus tard à Toulouse. Marseille y arrache son billet pour la finale de la Coupe de la Ligue après prolongation (1-2). Une confiance retrouvée et la dégringolade de Bordeaux feront le reste...
Au-delà du symbole, notamment pour les supporters marseillais qui n'ont pas fait le déplacement, cette rencontre est l'exemple même de la facilité et de l'assurance dégagées par l'OM dans cette deuxième partie de saison. Trois jours après une qualification en 8e de finale de la Ligue Europa, les Olympiens domptent le Parc des Princes sans vraiment trembler. Didier Deschamps dira qu'il a vu la différence entre une équipe qui doute et une autre en plein boom. Avec ce cinquième succès consécutif, l'OM revient à trois points de Bordeaux. "Le titre n'est pas un sujet tabou, confie Mathieu Valbuena. Nous l'avons tous en tête". Les ambitions sont de retour.
Comme à l'aller (5-5), la rencontre est intense et de qualité. Marseille ouvre le score par Kaboré qui remplace Cheyrou, blessé. Preuve que le banc a de la profondeur. Mais les Lyonnais, qui ne veulent pas décrocher pour le titre, égalisent par Gomis (80e). Dans la foulée, Taiwo, encore un remplaçant habituel, place une mine et offre un succès précieux. Une belle réaction d'orgueil, trois jours après l'élimination en Ligue Europa par Benfica, au Vélodrome, dans les arrêts de jeu. "Je crois que c'est l'envie qui nous a permis de remporter ce match, dira Hatem Ben Arfa. "Libérés" de compétition européenne, les hommes de Deschamps peuvent aborder sereinement avril et son calendrier favorable où ils aligneront sept victoires consécutives.
La réception de Sochaux est l'occasion pour l'OM de remettre enfin son calendrier à jour. Initialement prévue en novembre, cette rencontre va vite tourner à l'avantage des Olympiens. Personne n'en doutait. En revanche, le succès confirme au classement ce que tout le monde pressentait depuis quelque temps: l'OM est bien la meilleure équipe du championnat depuis le début de l'année. Elle a même, entre temps, glané son premier titre depuis 18 ans avec la Coupe de la Ligue. Pour la première fois de la saison, Marseille s'installe dans le fauteuil de leader avec deux points d'avance sur Lyon, Montpellier et Auxerre. Un fauteuil qu'il n'a pas lâché depuis...
Le feu d'artifice a mis du temps à prendre. Lyon avait fait le job plus tôt dans la soirée en battant Auxerre (2-1). La voie était libre, Marseille allait chavirer. Pourtant Briand glaçait le Vélodrome en fin de première mi-temps alors que Heinze ouvrait la marque dès le début du match. Mais il était écrit que l'OM décrocherait le titre dans son stade. Comme un symbole, c'est le capitaine et le joueur le plus régulier de l'OM depuis tant de saisons qui faisait sauter le verrou breton. Mamadou Niang envoyait l'OM au septième ciel, Lucho Gonzalez, la recrue la plus chère de l'histoire du club phocéen, assurait une victoire éclatante sur un modèle de frappe enroulée. Comme face à Sochaux, Boulogne-sur-Mer ou Saint-Etienne, Marseille a souffert, Marseille a tangué mais Marseille s'est imposé. L'OM est couronné. Voilà l'essentiel.
Eurosport
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