MICHEL HIDALGO, des joueurs de l’équipe de France auraient demandé à Raymond Domenech de revenir sur certains de ses choix. D’après votre expérience de sélectionneur, ont-ils des chances d’être écoutés ?
M. H. : Moi, je n’avais pas besoin d’écouter les joueurs. J’allais leur demander leur avis. Pas à tous bien sûr : les expérimentés, les habitués de la haute compétition, les trois ou quatre plus âgés. J’ai toujours entendu ce qu’ils avaient à me dire. Je ne les ai jamais obligé à faire ceci ou cela sans leur avis. Un entraîneur n’est pas sur le terrain, à ma connaissance. Il ne se rend pas compte de tout. Les joueurs l’éclairent sur ce qui se passe sur le terrain. La grande qualité d’un entraîneur, c’est l’écoute.
Pour vous, cela entre dans l’ordre naturel des choses ?
M. H. : Oui car ils sont dans l’inconnu avec ce 4-3-3. A part en défense, on n’a aucune certitude sur les meilleurs joueurs pour chaque poste. Sur un tableau, c’est facile de faire un 4-3-3 ou un 4-4-2. Mais moi je crois aux joueurs plus qu’aux systèmes. Cela fait des années que ces joueurs travaillent avec Raymond Domenech. S’ils ne se connaissent pas suffisamment, c’est regrettable. Il faut que ce dialogue se déroule de bonne façon.
Céder aux joueurs, ne serait-ce pas la preuve d’un manque d’autorité ?
M. H. : Mais comment un entraîneur peut-il avoir de l’autorité quand il est assis sur un banc ? Ceux qui sont sur le terrain savent très bien ce qui marche et ce qui ne marche pas. C’est quoi, un entraîneur ? C’est un grand frère. Il doit savoir écouter. J’ai même vu des joueurs ne pas être d’accord sur ce qu’il fallait faire. On s’est rassemblé et on a décidé ensemble. Ces joueurs-là ne sont ni des minimes ni des cadets.
Les gens oublient que vous avez été joueur. Suscitiez-vous des changements auprès de votre entraîneur ?
M. H. : J’ai été entraîné par Albert Batteux, il n’avait aucune raison d’écouter le jeune Michel Hidalgo, 22 ans, mais il parlait avec Kopa, Jonquet, bien sûr. On a tous connu ça. Et quand des gens comme Giresse ou Trésor venaient me dire qu’ils avaient constaté des choses, je ne pouvais pas ne pas les entendre.
Vous avez souvenir d’un choix qui vous a été inspiré par un joueur ?
M. H. : C’est arrivé plusieurs fois. Je ne peux pas sortir un souvenir particulier, ce serait mettre des noms dans ces histoires. Mais il est arrivé que j’ai eu tort sur ma première idée, bien sûr.
On a beaucoup parlé de conflits d’ego en équipe de France. Excluez-vous totalement que les joueurs soient allés trouver l’entraîneur pour de mauvaises raisons ? Pour jouer avec leur pote, si vous préférez ?
M. H. : Je ne vois pas comment un joueur pourrait faire ça. Il s’exclurait automatiquement de l’équipe à mes yeux. Pas en pro ! Tout ce qu’on pourrait lui répondre dans ce cas-là, ce serait : oui, je vais peut-être changer un joueur, mais ça risque d’être toi.
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Eurosport
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