lundi 14 juin 2010

L'attaque en mode défense

Mieux derrière, toujours aussi désespérant devant. France-Uruguay propose deux lectures bien distinctes, pas nécessairement liées. L'idée que les Bleus aient gagné en solidité ce qu'ils ont perdu en efficacité, ne pèse pas lourd face aux statistiques. En 4-3-3 comme en 4-2-3-1, les attaquants français marquent peu : trois buts en 2010, seulement deux si l'on enlève celui contre son camp inscrit face au Costa Rica (2-1). C'est peu au regard des occasions que les Bleus se procurent. C'est peu en soi et forcément «frustrant». «Les attaquants étaient un peu énervés après le match, mais c'est normal, non ?», interroge Abou Diaby. «Dans un Mondial, tu sais très bien que tu n'auras pas beaucoup d'occasions de marquer alors celles que tu as, il faut les mettre au fond», insiste Eric Abidal.
Les chances de qualification n'étant pas compromises, les joueurs de Raymond Domenech continuent «de positiver» en brandissant fièrement leur solidité retrouvée. Néanmoins, leur inefficacité chronique amène forcément «à se poser des questions». «Mais regardez le début de la Coupe du monde, invite Abidal. Des équipes ont le potentiel pour marquer et pourtant elles non plus n'y arrivent pas. Ça se joue sur des détails et ce sont justement ces détails qui nous manquent». Dès le nul concédé en Tunisie (1-1), Jérémy Toulalan avait pointé du doigt la nécessité de jouer «plus vite». Un peu plus de deux semaines plus tard, le discours repris par Diaby n'a pas varié d'un iota : «avoir une meilleure circulation de balle et lâcher le ballon plus vite pour libérer des espaces». La recette est connue. Les Bleus peinent à l'appliquer.
Des choix qui ne payent pas
Contre la Celeste, aucun des quatre joueurs à vocation offensive n'a donné satisfaction. Si Domenech a répété dimanche qu'il n'était pas question de «couper des têtes», l'idée de changement n'en reste pas moins pertinente. Elle mérite au moins de s'inviter au débat. Pour ne citer qu'elle, la relation entre Yoann Goucuff et Nicolas Anelka a été inexistante au Green Point Stadium, le peu d'affinités entre les deux joueurs en dehors du terrain expliquant peut-être cela. A ce sujet, Domenech «partage l'idée que c'est une interprétation, mais ce n'est pas la (sienne)». «Je ne sais pas si notre manque d'efficacité relève d'un manque d'affinité entre les attaquants, confirme Abidal. A un moment donné, les joueurs font des choix : frapper plutôt que de passer la balle. Parfois ça marche, parfois non...». Pour l'instant, c'est non.
http://www.lequipe.fr/Football/breves2010/20100613_191624_l-attaque-en-mode-defense.html

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