Ce trio est l’une des grandes nouveautés du 4-3-3 de Raymond Domenech. Le système permet d’aligner en même temps Yoann Gourcuff, Florent Malouda et Franck Ribéry, mais à des postes où ils n’évoluent pas toujours en club. Relayeur chez les Bleus, Gourcuff joue en 10 à Bordeaux, tandis que Malouda est généralement aligné sur l’aile gauche à Chelsea. De son côté, Ribéry est milieu gauche dans le 4-4-2 classique du Bayern. Bien sûr, ils ont les caractéristiques pour occuper les postes auxquels ils sont assignés en équipe de France. Mais il leur faudra rapidement trouver leurs automatismes. Jamais ils n'avaient évolué de la sorte chez les Bleus avant le stage de Tignes. Si ça fonctionne, ce trio peut faire très mal. Au top de leur niveau, ces trois joueurs sont de classe internationale. Si Malouda sort probablement de la meilleure saison de sa carrière, Gourcuff et Ribéry ont connu une année plus délicate, marquée par les blessures. Un inconvénient qui peut devenir un avantage sur le plan de la fraîcheur physique. Il reste cependant plusieurs inconnues. Seule certitude, ce trio a du potentiel, et il jouera un rôle essentiel dans le destin sud-africain des Bleus.
ESPAGNE, PAYS-BAS, PORTUGAL : PLACES AUX ARTISTES
Parmi tous les favoris du plateau, ces trois équipes semblent les plus fortes offensivement. L’Espagne avait basé son succès à l’Euro 2008 sur l’attaque, elle emploiera la même recette en Afrique du Sud. Si l’on excepte le gardien et la défense, Sergio Busquets est le seul joueur à vocation vraiment défensive dans l’effectif de la Roja. A la récupération, Xabi Alonso et Xavi sont déjà quasiment des meneurs. Avec Iniesta, David Silva ou Fabregas, ça donne l’entrejeu le plus créatif de ce Mondial. Celui des Pays-Bas promet d’être spectaculaire lui aussi. Devant van Bommel, van Marwijk fait la part belle aux milieux offensifs avec Sneijder, Affelay, de Jong ou van der Vaart. C’est extrêmement compétitif. Le Portugal a lui aussi sorti l’artillerie lourde. Emmenée par le génie de Cristiano Ronaldo, la formation de Queiroz a du talent créatif à revendre. Ses dribbleurs arrivent en force (Nani, Danny, Simão), mais elle peut aussi compter sur la qualité de passe de Raul Meireles et sur un organisateur remarquable, l’inoxydable Deco. Les génies tiendront les premiers rôles de la Selecçao pour faire face, aussi, à l’absence d’un vrai buteur de classe mondiale. Mais sur le papier, sur le plan de la créativité, le Portugal a l’une des plus belles forces de frappe.
BRESIL, ARGENTINE : LA MAGIE AU SECOND PLAN
Pour le Brésil façon samba, on attendra au moins 2014. Dunga a bâti une sélection à son image en se privant de Ronaldinho, Diego, Pato ou encore Ganso et Neymar, les étoiles montantes de Santos. Un milieu en losange avec trois marathoniens, ça en dit déjà long sur le visage de la sélection auriverde. C’est encore plus net quand on regarde la liste des 23 Brésiliens où ne figure qu’un seul véritable créateur, Kakà. Et encore, le Madrilène, qui sort d’une saison délicate, est en concurrence avec Julio Baptista, plus à l’aise dans la finition que dans l’organisation. En Afrique du Sud, le Brésil s’en remettra à la solidité de son bloc et au génie de Robinho pour tenter d’aller chercher son sixième trophée. De façon plus surprenante, l’Argentine de Diego Maradona adopte elle aussi un visage assez défensif. Il y a foule de talents en attaque (Agüero, Tevez, Milito, Higuain), mais El Pibe semble vouloir jouer avec une seule pointe, soutenue par Messi. Derrière, il n’y a pas beaucoup de créateurs. L’ancien numéro 10 albiceleste a choisi de retenir les meneurs des extrêmes, Veron (35 ans), parti pour être titulaire, et le très prometteur Pastore (20 ans). Mais le pouvoir créatif argentin passera essentiellement par Di Maria à gauche et Messi, qui se sentira plus seul qu’à Barcelone au moment d’organiser le jeu.
L’ITALIE SANS GENIE, L’ANGLETERRE A DES AILES
De tous les favoris, l’Italie semble la sélection la plus faible d’un point de vue offensif. Les seuls créateurs de la liste de Lippi sont Marchisio et Montolivo, deux joueurs qui manquent de référence au niveau mondial. Pirlo, s'il se remet de sa blessure, et De Rossi auront probablement plus de responsabilités offensives qu’en club. D’autant plus qu’il n’y a plus de génie en attaque, comme c’était le cas auparavant avec Baggio, Del Piero ou Totti. L’Angleterre n’a pas les mêmes soucis. Avec Gerrard et Lampard, Capello possède deux milieux offensifs de classe mondiale. Mais l’absence d’un récupérateur d’envergure pose problème. Lampard défendra plus qu’en club dans le 4-4-2 anglais. Gerrard, souvent blessé et qui sort d’une des pires saisons de sa carrière à Liverpool, suscite des interrogations. Dans ce contexte, le salut de la sélection aux Trois Lions pourrait passer par les ailes avec Lennon, Joe Cole et Wright-Phillips. Mais plus probablement par le talent de Rooney en attaque. Le système mis en place par le technicien italien, traditionnellement porté sur l’efficacité, est taillé pour faire briller le buteur de Manchester United plus que Lampard ou Gerrard.
ALLEMAGNE, ROULEZ JEUNESSE !
Le forfait de Ballack va obliger Joachim Löw à revoir sa stratégie offensive. Et surtout à miser sur la jeunesse de Müller (Bayern - 21 ans) et Özil (Werder - 21 ans). Les deux joueurs sont très prometteurs, mais peut-être encore un peu tendre pour une Coupe du monde. Le potentiel créatif de l'Allemagne s'en trouve amoindri, et Schweinsteiger devra compenser l'absence du capitaine de la sélection allemande dans ce domaine. A la limite, la Serbie est plus redoutable dans le même groupe, offensivement parlant. Avec Krasic, Jovanovic et Stankovic, s'il est remis de sa blessure, les Serbes semblent mieux armés, même s'ils ont du mal à le montrer sur le terrain. Pour rivaliser avec les Anglais, les Etats-Unis compteront sur Dempsey et Donovan, qui avaient conduit les Américains en finale de la Coupe des Confédérations 2009. Dans le groupe F, la Slovaquie pourra s'appuyer sur Hamsik, qui fait à 22 ans la pluie et le beau temps à Naples avec Lavezzi. Ce joueur pourrait être la révélation parmi les milieux offensifs au Mondial.
http://fr.sports.yahoo.com/07062010/70/coupe-du-monde-2010-trois-cracks-dans-leur-coquille.html
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