mercredi 22 septembre 2010

Aston Villa et les défis d’Houllier

Ce soir, Gérard Houllier va enfiler son costume de manager d'Aston Villa en Coupe de la Ligue contre Blackburn. L'ancien DTN va devoir se relever les manches pour réussir son nouveau défi. Entre un vestiaire à conquérir et un président prudent, le pari Aston Villa ne s’annonce pas de tout repos.
Gérard Houllier sait où il met les pieds. La Premier League, il connait. Il est passé sur le banc de Liverpool de 1998 à 2004. Il revient six ans après. Mais un peu plus au sud, à Birmingham. A 63 ans, son désir de retrouver le terrain était trop fort, selon lui. L'opportunité de quitter la FFF où il faisait l'objet de nombreuses critiques suite à son soutien à Raymond Domenech en 2008 et sa situation compliquée ont aussi dû peser dans son choix. Dans ces conditions, Aston Villa représentait un pari alléchant. Alléchant mais risqué. Houllier aura en effet plusieurs défis à relever dans son nouveau costume. Et pas des moindres. A Birmingham, il n'arrive pas en terrain conquis. Martin O'Neill, l'ancien entraîneur qui était arrivé en 2006, était apprécié des supporters.

Avec son jeu direct à base de contre-attaques, il avait su redresser le club, actuellement huitième de Premier League. Dans son sillage, Aston Villa, dont le principal titre de gloire est d'avoir remporté la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1982 contre le Bayern Munich (1-0), avait terminé à la sixième place du championnat lors des trois dernières saisons en ramenant plus de points à chaque nouvel exercice. Grâce à lui, les Villans, qui veulent s’incruster dans le Big Four pour jouer régulièrement la Ligue des Champions, regardent maintenant devant. En Cup (demi-finaliste) et en Coupe de la League (finaliste) la saison passée, ils avaient même failli dépoussiérer une armoire à trophées qui a sérieusement jauni depuis 14 ans leurs parcours. Houllier devra assumer la succession. Ce n’est pas gagné.

Les joueurs pas convaincus

Pour compliquer un peu plus la donne, Kevin MacDonald, l'entraîneur de la réserve qui avait pris l'intérim depuis la démission d'O'Neill, était très populaire auprès des joueurs. La dernière sortie en conférence de presse de Gabriel Agbonlahor résume bien la situation. Interrogé sur ce que pourra apporter Houllier, l'attaquant a coupé court avec un "next question” (ndlr : question suivante) qui en dit long. Stephen Warnock et Brad Friedel, qui n'avaient pas les faveurs du Français quand ils étaient à Liverpool, s'inquiètent aussi quant à leur avenir personnel. La première mission d'Houllier sera donc dans le vestiaire. S'il veut proposer un jeu plus séduisant mais sait que cela prendra du temps ("Cela ne se fera pas en un match. Ca prendra du temps pour faire accepter les changements tactiques", a-t-il reconnu), la suivante devrait être dans les coulisses de Villa Park.

Grâce au travail d'O'Neill, Aston Villa possède une base solide avec des jeunes prometteurs et des joueurs d'expérience. Son "academy", le centre de formation, est l'une des plus prestigieuses du pays et sort de nombreux talents à l’image d’Ashley Young. Mais voilà, Randy Lerner, le propriétaire américain du club, n'a jamais fait l'effort de conserver ses meilleurs joueurs ces derniers étés. Les départs de James Milner et de Gareth Barry sont d'ailleurs la principale raison de la démission de Martin O'Neill. Houllier, qui avait été dépensier à Liverpool, saura-t-il convaincre son nouveau patron de lâcher un peu de livres sterling aussi bien pour renforcer l’équipe que pour garder ses pépites? Pour lutter face à Chelsea, Arsenal, Manchester United ou encore Manchester City et Tottenham, c’est indispensable à défaut d’être suffisant.

Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/22092010/70/premier-league-aston-villa-et-les-defis-d-houllier.html

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