mardi 16 novembre 2010

Angleterre-France - Un test grandeur mature

Arsène Wenger n’a pas quitté son bureau cossu de Saint Albans, lundi, sous un soleil rasant, juste avant la tombée de la nuit, afin d’assister à la courte séance d’entraînement des Bleus. Les hommes de Laurent Blanc avaient squatté l’exceptionnelle pelouse d’Arsenal avec sa bienveillante autorisation. Karim Benzema l’a quittée le dernier, pour cause de footing prolongé, avant de rejoindre comme les autres leur repaire de Sopwell House. Younès Kaboul, le défenseur de Tottenham, est arrivé seulement pour le dîner : il a appris sa convocation l’après-midi, des doutes consécutifs à une douleur au mollet de Philippe Mexès incitant le staff à anticiper son possible forfait.


Sopwell House, au nord de Londres ; c’est dans ce cadre bucolique que Nicolas Anelka, alors jeune recrue d’Arsenal, a logé de longs mois. Il y était encore lorsqu’il a inscrit son doublé à Wembley, un soir magique de février 1999. Laurent Blanc était sur la pelouse. En revanche, dimanche, il était dans les tribunes de Stamford Bridge pour voir l’attaquant banni prendre avec Chelsea une sévère et méritée déculottée face à Sunderland (0-3). Le sélectionneur débarquait tout juste en Angleterre pour préparer la 30e opposition entre les deux meilleurs ennemis. Il attend de ce 11e déplacement tricolore en Angleterre, face à une équipe qui, elle aussi, a raté son Mondial, d’avoir davantage de certitudes sur son groupe.


« On reste en période de construction »
Rasséréné mais pas dupe des trois victoires de rang dans les qualifications pour l’Euro 2012, il a fixé le cap des deux rendez-vous amicaux de prestige qui se profilent (après Wembley, réception du Brésil le 9 février au Stade de France) : « J’espère que l’équipe va progresser dans le jeu et que certains sauront démontrer qu’ils sont devenus des éléments incontournables de la sélection. » Mais, au-delà du score, Blanc tient à prévenir que, même s’il s’agit de rencontres à fort potentiel, « il n’y aura pas ce goût de la compétition ». Selon le patron des Bleus, « on reste en période de construction. Elle va durer énormément, d’autant que l’on a de jeunes joueurs, surtout dans le domaine offensif ». Il précise aussi que l’Angleterre et le Brésil « sont très en avance sur nous en termes individuels et collectifs. »


Bref, le sélectionneur évacue d’emblée la pression du résultat. Pour se concentrer sur le jeu, l’état d’esprit. Après Mexès, Malouda et Alou Diarra, il devrait de nouveau faire tourner le brassard. Samir Nasri, étincelant avec Arsenal, voire Eric Abidal, qui opère son retour en bleu après un Mondial calamiteux, pourraient porter l’étoffe. Moins performant avec Chelsea, Florent Malouda jouera gros, lui aussi, de même que Karim Benzema, incontournable en attaque et un peu plus convaincant avec le Real Madrid depuis quelques sorties. Le chantier de la défense sera également scruté. La concurrence sur les côtés jouera à plein, avec à droite Sagna et Réveillère, Abidal et Clichy à gauche. « Avoir du choix est une très bonne chose. Mais pour une meilleure stabilité défensive, et même si on aura le droit à six changements, on ne les verra pas tous les quatre contre l’Angleterre », a-t-il précisé, avant de confirmer qu’une décision commune a été arrêtée concernant les primes d’Afrique du Sud. « Laquelle ? Ça, vous ne le saurez pas tout de suite… » a-t-il dit dans un sourire forcé.


http://www.francesoir.fr/equipe-de-france-football-ligue-1-ligue-des-champions/angleterre-france-un-test-grandeur-mature.55290
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