La dernière fois que les Bleus ont fait escale à Londres, Wembley était encore Wembley. Le temple du football avait cette allure reconnaissable entre mille, ce charme désuet qui sied si bien à l'Angleterre, cette pelouse parfaite et ces deux tours ("Twin Towers") qui invitaient au rêve et poussaient à pénétrer dans ce lieu sacré, théâtre du match du siècle entre l'Angleterre et Hongrie en 1953 (3-6), de la finale de la Coupe du monde 1966 et d'autres événements qui ont durablement marqué la mémoire collective, tels que le gigantesque concert Live Aid en 1985. Mercredi soir, lorsqu'il ira s'asseoir sur son banc devant une pelouse qui n'a pas encore retrouvé son standing d'antan, Laurent Blanc ne reconnaitra pas l'enceinte dans laquelle il avait martyrisé l'équipe d'Angleterre en février 1999 (0-2). Un moment d'éternité à la saveur inédite dans une enceinte majestueuse, bâtie en 1923 et démolie en 2003.
Aujourd'hui, Wembley s'appelle toujours Wembley. Le "new" qui précédait le patronyme du stade a disparu mais cela ne fait en rien oublier l'ancienne enceinte qui est tombée devant le pragmatisme britannique, pragmatisme devant lequel le respect des traditions ne pèse finalement pas si lourd. Il fallait rebâtir un stade moderne pour des raisons économiques évidentes, celles-là mêmes qui ont poussé Arsenal à quitter Highbury, celles-là mêmes qui obligeront demain Liverpool, Tottenham et d'autres à laisser derrière eux leur histoire. L'Angleterre l'a fait. Wembley est aujourd'hui impressionnant de modernisme, à l'image de cette arche blanche qui culmine à 133 mètres de haut et domine la skyline du nord de Londres, remplaçant tant bien que mal les symboliques "Twin Towers".
"On ne joue pas tous les jours à Wembley"
L'ancien Wembley est mort avec le XXe siècle. Un dernier tour d'honneur en octobre 2000, symbolisé - ironie du sort - par une défaite face à l'Allemagne (0-1) et basta. 2003, on détruit. 2007, on inaugure avec du retard et une facture qui a enflé avec les mois (environ 1,5 milliard d'euros). Après une première entre Espoirs italiens et anglais, l'inauguration officielle est célébrée le 19 mai avec une finale de Cup remportée par Chelsea et un but de Didier Drogba.
Coéquipier de l'Ivoirien chez les Blues, Florent Malouda n'avait pas encore signé à Chelsea à l'époque. Mais depuis, le Guyanais s'est rattrapé et a foulé quelques fois la pelouse de Wembley. Il y a gagné trois titres (deux coupes d'Angleterre et un Community Shield) et même marqué son premier but officiel sous le maillot de Chelsea. Alors, ce Wembley, dont les corridors immaculés ressemblent à des couloirs d'hôpitaux, lui va très bien : "Ce sont des moments qu'on apprécie dans une carrière. C'est un match de prestige. Pour moi, ce n'est que du bonheur. Il faut apprécier. Il faut essayer de se libérer et de profiter de ce moment. Je n'ai pas de conseil de vieil éléphant à donner mais on ne joue pas tous les jours à Wembley."
Fabio Capello, qui y "joue" un peu plus souvent que Malouda, peut confirmer. Ce stade a changé. Mais son âme plane toujours au-dessus de la pelouse. Et mercredi, jeunes Anglais comme Français vont le sentir. Le Stade de France, qui a impressionné plus d'un nouvel international tricolore, n'est rien à côté de Wembley. Le sélectionneur italien de la sélection aux Trois Lions prévient d'ailleurs les siens : "Ce n'est pas facile de jouer un tel match. Mes jeunes me satisfont mais il fait supporter ce genre de pression. Si cela ne se passe pas bien, il faudra assumer. Il faudra supporter tout cela. Jouer devant 90.000 personnes, ce n'est jamais simple." L'histoire, même rénovée, pèse lourd.
Ce soir sur Eurosport.fr :
- En direct de Wembley dès 19h30
Ce soir sur Eurosport :
- Entretien exclusif avec Laurent Blanc à 20h10.
- Tour d'Europe, avec Frank Leboeuf, à 22h45.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/17112010/70/matches-amicaux-sous-le-vernis-wembley.html
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