mardi 7 décembre 2010

Drogba : Loin des yeux, près du cœur

Didier Drogba va revenir au Stade Vélodrome pour la première fois depuis son départ en 2004, mercredi lors de Marseille – Chelsea (20h45). L’international ivoirien, qui a connu une aventure courte mais fusionnelle avec l’OM, reste un cas unique dans l’histoire du club. Témoignages
C'est l'histoire d'un coup de foudre qui a débouché sur une histoire d'amour sans nuage. Une romance comme on en vit rarement dans une vie de footballeur. Ce grand bonheur fusionnel, Didier Drogba l'a connu avec les supporters de l'Olympique de Marseille. Mercredi soir, alors que l'attaquant de Chelsea foulera la pelouse du Vélodrome pour la première fois depuis son départ en 2004, il pourra se rendre compte que sa cote d'amour est toujours intacte. Que six ans "d'éloignement" et 1000 kilomètres n'ont rien changé à l'affaire. Mercredi, le joueur préféré des Marseillais ne portera sans doute pas une tunique floquée de l’écusson olympien. Mais le maillot d'en face.


Arrivé avec un grand sourire, reparti en pleurant, Didier Drogba aura passé à Marseille l'année la plus pleine de sa carrière, si l'on ajoute l'émotionnel au sportif. Dix-neuf buts en championnat, 11 en coupes d'Europe, pendant une saison, Didier Drogba s'est mué en Midas, transformant en or tout ce qu'il touchait. "Si l'OM va cette année-là en finale de l'UEFA, on ne peut pas dire qu'un joueur fait tout. Mais quand même, c'est à 70 ou 80% à lui que l'OM le doit", juge Alain Pécheral, journaliste-historien de l'OM et, pour l’anecdote, inventeur de l'expression "papinade".


"C'est un coup de foudre assez exceptionnel. Un joueur qui reste aussi peu de temps et qui marque autant en si peu de temps, embraye Mario Albano, reporter à la Provence, qui suit l'OM depuis plus de 25 ans. Quelques années auparavant, Sonny Anderson qui était resté encore moins longtemps, avait également marqué les gens et le public. Mais pas autant que Drogba. Il succédait à Völler, Boskic, Papin. Alors que Drogba, finalement, ne succédait à rien. Le degré de ferveur qu'il a suscité pour le peu de temps qu'il est resté..."


"Les gens qui meurent jeunes sont adorés des dieux"


Une star, oui. Mais pas n'importe laquelle. Christophe Bouchet, son ancien président, parle d’un homme "entier", d’un "affectif" qui a aimé son club, la ville de Marseille et les Marseillais comme peu, avant et après lui. "Les gens sentaient qu'il était heureux comme un poisson dans l'eau. Le public se sentait aimé et voyait qu’il était bien à Marseille. D'où cette fusion", analyse Mario Albano. "Il y plein de joueurs que le public a aimé, Skoblar, Magnusson, Papin, Waddle mais ils sont restés trois, quatre ou cinq ans", explique Alain Pécheral. Pour lui, cette période flash d’une année, sorte de parenthèse enchantée rock n'roll, a finalement servi l'homme et le joueur : "Ça rend l'histoire encore plus magique. De la même façon que les gens qui meurent jeunes sont adorés des dieux, là c'est pareil. Le public ne l'a pas vu baisser mais dans sa pleine ascension".


Après son départ, Drogba a longtemps eu du mal à couper le cordon. Durant toute la fin de l'année 2004, en mal de Marseille, l'Ivoirien revenait constamment. Passages à la Commanderie, visites chez le médecin du club, toutes les excuses étaient bonnes... "Quand il revenait, les supporters chantaient son nom. A un moment, il s'est dit qu'il ne fallait plus revenir car il avait l'impression de bloquer les autres. Il a un peu ‘tué’ Luyindula d'ailleurs", juge Mario Albano. Si les visites se sont raréfiées au fil du temps, l’ombre du joueur n’a jamais cessé de planer sur l’OM. Impossible de traverser un mercato sans la rumeur d’un retour de Drogba. D’ailleurs, le joueur s’est longtemps montré ambigu sur le sujet. Du côté du club, l’éventualité d’un come back, pourtant irréalisable sur le plan économique, a été savamment entretenue par les dirigeants. Cet été encore, Jean-Claude Dassier a "tenté la piste Drogba (…) mais le joueur était trop cher", selon ses dires.


Six ans après son départ, aucun joueur n'a rempli le vide laissé par Drogba. Franck Ribéry a eu un impact sportif certain. Mais n'a pas été aimé comme Drogba. Même constat pour Mamadou Niang qui, pendant cinq ans, a tenu la baraque, sans prendre la place de l'Ivoirien dans les coeurs. Quant à Samir Nasri, pourtant enfant de la cité phocéenne... "Il était bien aimé. En plus, il est marseillais. Il avait tout pour être aimé des gens mais je ne suis pas sûr qu'il ait laissé un souvenir aussi fort que Drogba", pense Pécheral. On ne peut que suivre. Si Nasri venait faire un crochet par le Vélodrome, pas sûr qu'il recevrait autant que l'ancien numéro 11 de l'OM mercredi soir. "Ça va être super, se réjouit Alain Pécheral. En plus, il n'y a pas d'enjeu. Sinon, il y aurait bien eu quelques imbéciles pour le siffler. Là, c'est un sorte de super match amical." Un jubilé ou le match d'adieu auquel il n'a pas eu le droit en 2004.


http://fr.sports.yahoo.com/07122010/70/ligue-des-champions-drogba-loin-des-yeux-pres-du-c-ur.html
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