dimanche 12 décembre 2010

Gerland et ses têtes de turc

Pas facile pour certains joueurs de l'OL d'évoluer à domicile. Demandez à Gomis ou Makoun. Mais les deux têtes de turc préférées de Gerland ont un peu de répit ces temps-ci. D'autres prennent le relais. Et au milieu, Claude Puel compte les points. L'animosité du public, l'entraîneur de l'OL connait
Comme tout public, celui de Gerland a ses têtes. Quand il n'aime pas, il peut même faire quelques fixettes. Ils sont quelques-uns dans l'effectif actuel de l'OL à pouvoir en témoigner. Encore que, comme toutes les foules, celle-ci peut aussi se montrer versatile. Bafétimbi Gomis et Jean II Makoun, cibles privilégiées des supporters lyonnais depuis des mois, se voient ainsi offrir en ce moment un (petit) peu de répit. Pour poursuivre leur petit jeu de massacre, les Gones se sont trouvé de nouvelles victimes, notamment en la personne d'Aly Cissokho.


Mercredi soir, face à l'Hapoël Tel-Aviv, l'arrière gauche a été pris en grippe par le public à sa sortie du terrain. Idem pour Miralem Pjanic. Le petit meneur de jeu bosniaque n'a pas été épargné non plus. Au moins le sort actuel de Gomis et Makoun peut-il leur donner un peu d'espoir. L'ancien attaquant de Saint-Etienne, qui paie sans doute aussi ce statut, est tout doucement en train de gagner, sinon la sympathie, au moins le respect du public. Comment? Par ses performances, tout simplement. Les blessures à répétition de Lisandro lui ont ouvert une porte. Il a su saisir sa chance. Son doublé à Lens, son but égalisateur contre Paris lui ont permis de faire grimper sa cote de popularité. Au moins provisoirement.


Puel: "Il ne faudrait pas que d'autres prennent le relais"


Le cas Gomis vient rappeler que les joueurs performants, en règle générale, n'ont pas grand chose à craindre. Basile Boli, par exemple, a connu ça à son arrivée à Marseille en 1990. Le public marseillais ne l'aimait pas, notamment depuis un sale tacle sur Jean-Pierre Papin, l'idole du Vélodrome, un an plus tôt. C'est peu dire qu'il n'arrivait pas en terrain conquis. "J'ai pris cher quand je suis arrivé, a-t-il rappelé récemment sur RMC. Puis quand j'ai commencé à aligner les bons matches, le public a compris que je n'étais pas un ennemi. Il faut savoir se faire accepter et pour ça, le meilleur moyen, c'est encore d'être bon. Mais c'est vrai que ce n'est pas forcément facile de l'être quand vous savez qu'à la moindre erreur, vous allez vous faire huer."


Jean II Makoun peut confirmer. Plus encore que Gomis, l'international camerounais subit les foudres du public lyonnais. "Parfois, j'appréhende, j'hésite à prendre un risque, témoigne le milieu de terrain dans France Football, car la sanction peut arriver tout de suite. Il faut être fort". Makoun, lassé d'être conspué, avait même fini par se résoudre à envisager un départ. Pour lui, c'est la double peine. L'ancien Lillois - qui devrait évoluer à son poste contre Toulouse, devant la défense, en raison de l'absence de Toulalan - contre Toulouse paie à la fois des prestations jugées insuffisantes mais aussi sa proximité avec Claude Puel. Sous-entendu, il joue parce que Puel l'aime bien, pas parce qu'il est bon. "Tout ce qui se passe autour de moi n'a rien à voir avec le jeu (...). Je paie l'impopularité du coach, reprend Makoun. Je suis perçu comme son fils. C'est très, très bête." Mais lui aussi connait un certain répit en ce moment. Du coup, il faut bien que d'autres prennent à leur place. "Il ne faudrait pas que d'autres joueurs prennent le relais", prévient Claude Puel.


Puel, justement. Lui, au moins, jouit d'une indéniable constance dans l'animosité que lui porte "son" public. Il a touché le fond en termes de popularité au début de l'automne. La force de l'habitude est telle chez une partie des supporters lyonnais que même les récents résultats en championnat (9 matches sans défaite, 6 victoires, 3 nuls) n'a pas freiné leur ardeur. Ainsi, samedi dernier, à Montpellier, une banderole "Puel démission" a encore été sortie alors que l'OL venait juste de s'imposer à la Mosson. Invité vendredi à évoquer les soucis de certains de ses joueurs avec le public, Puel a répondu par une pirouette et un sourire. "Je ne suis pas bien placé pour parler de l'ambiance au stade", a-t-il dit. L'humour, un autre moyen de se (re)mettre le public dans la poche? Dans son cas, pas sûr que cela suffise...




LES EQUIPES PROBABLES :




LYON : Lloris - Réveillère, Cris, Lovren, A. Cissokho - Makoun, Pjanic, Källström - Bastos, Lisandro - B. Gomis.




TOULOUSE : Valverde - Gunino, Congré, M. Fofana, M'Bengué - E. Capoue - Tabanou, Mou. Sissoko ou Machado, E. Didot, Mansaré - Santader.


Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/12122010/70/ligue-1-gerland-et-ses-tetes-de-turc.html
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