ANDRE-PIERRE GIGNAC, comment expliquez-vous vos difficultés depuis votre arrivée à Marseille ?
A-P.G : Je n’ai pas vécu un cauchemar depuis que j’ai signé à l’OM. Mais ça n’a pas bien commencé. Je me faisais une joie de signer dans le club de mon cœur. Et ça s’est mal passé pendant six mois. Je suis plus fort que ça. Vous savez, ma première année à Toulouse a été dix fois pire que ça…
Mais vous êtes originaire de la région. L’adaptation aurait dû être plus facile pour vous…
A-P.G : Ici, il faut être dans sa bulle. Il ne faut pas faire attention aux à-côtés. C’est vraiment difficile. Mais désormais, j’ai tout ce qu’il faut pour être bien. Car maintenant j’habite à quinze minutes de la Commanderie (centre d’entraînement de l’OM, ndlr). Avant, je rentrais à Fos-sur-Mer. Ça faisait 45 minutes de trajet. J’ai été moins pro. J’écourtais les massages après l’entraînement pour rentrer vite chez moi faire la sieste. Maintenant, je me concentre sur mon métier. Au club, ma famille, tout le monde m’en a parlé…
Vous reconnaissez que votre attitude n’était pas la bonne ?
A-P.G : Je sais faire mon autocritique. Je sais ce que j’ai fait. Je reviens en cette nouvelle année avec de meilleures intentions. Je suis venu ici pour être décisif et pour permettre à l’OM de conserver son titre de champion. Bien sûr, je n’ai pas été décisif. En treize matches de Ligue 1, je n’ai mis qu’un seul but. Ce n’est pas assez. Je n’ai pas été à la hauteur. Il faut s’adapter au club, à la ville… J’aimerais que ça aille plus vite.
Cette année sera celle du renouveau pour vous ?
A-P.G : Je me suis adapté. C’est un nouveau Gignac en 2011. Ce club est fait pour moi. J’en suis convaincu. Ce n’est pas possible que je ne réussisse pas ici. Sinon, j’aurais refusé de venir. Je ne suis pas à Lorient ou Toulouse. Il faut simplement que je m’adapte. Dans ma tête, je suis costaud. Je doute rarement.
Les critiques vous ont déstabilisé ?
A-P.G : C’était justifié. Je n’étais pas décisif. Je n’étais pas mauvais mais moyen. J’ai confiance en moi. J’aime trop ce club pour rester sur un échec. Il y a beaucoup d’attente du club, des supporters et de moi-même aussi. C’est comme ça. Ça fait partie du métier. Et puis j’ai connu bien pire lors de ma première saison à Toulouse. Je suis costaud mentalement.
Comment avez-vous vécu les sifflets du Vélodrome ?
A-P.G : Ce n’est jamais facile d’être sifflé par ses supporters. Mais j’ai été supporteur. Et je le suis encore ! J’étais exigeant moi aussi. Donc je comprends. Le club a déboursé une grosse somme pour m’avoir. Et je n’ai pas fait tout ce qu’il fallait. Je n’ai donc pas d’excuses.
Mais vous êtes tout de même arrivé à l’OM blessé…
A-P.G : Je n’ai pas fait la préparation d’avant-saison. Il y a eu un été compliqué. Je paye la saison dernière. C’est sûr. Mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je n’ai pas écouté mon corps. J’ai voulu continuer car il y avait quelque chose d’extraordinaire au bout. Je n’ai plus d’excuses, ça y est !
Comment expliquez-vous votre rendement très faible devant le but ?
A-P.G : Le Téfécé jouait pour moi. J’étais tout seul devant. Je balayais tout le front de l’attaque. Ici, quand l’OM a le ballon, il y a beaucoup de joueurs offensifs. C’est moi de m’adapter à eux, pas l’inverse. C’est le cas pour Lucho par exemple. Il faut que je m’adapte à lui. C’est un très bon passeur, il a une super vision de jeu. A moi d’améliorer les déplacements. On bosse à l’entraînement. Ça va le faire.
On a l’impression que vous ne faites plus les bons choix dans la surface de réparation…
A-P.G : J’ai besoin de marquer pour ma confiance. Je suis attiré par le but mais je ne pense pas avoir été trop personnel. Il ne faut pas que je ne reste dans les seize mètres. Ce serait vraiment jouer contre nature. Je suis un joueur de largeur et de profondeur. J’aime bien aller à gauche pour repiquer et frapper, j’aime bien aller à droite pour centrer. Il faut trouver un juste milieu.
Vous avez un objectif de buts pour la deuxième partie de saison ?
A-P.G : Je ne me fixe pas un nombre de buts. C’est plus collectivement qu’il faut raisonner. On va dire que ce sera difficile de marquer 25 buts à trois. Mais ça reste possible. Il va falloir s’y mettre. C’est un problème de finition. Certains joueurs manquent de confiance. Quand ça ne rentre pas tu te poses des questions, tu manques de précision. Inconsciemment, ça joue.
Dimanche, l’OM reçoit Bordeaux. L’occasion est belle d’ouvrir votre compteur au Vélodrome…
A-P.G : J’attends ce premier but à domicile. Il ne faut pas que je le force. Ce n’est pas une obsession mais ce serait bien qu’il arrive. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! C’est le foot. J’ai été maladroit et je n’ai pas eu de réussite. Les deux ensemble, ça fait zéro but. Un premier but à domicile pourrait donc me libérer. Il me fera beaucoup de bien. Et puis Bordeaux, c’est un match très important. On doit se remettre dans le bain. Le championnat c’est vraiment le pain quotidien. Il faut encore plus batailler que l’an dernier pour être champion. Car contre l’OM, toutes les équipes sont surmotivées. Et aucun match n’est facile. L’adversaire est plus concentré, plus agressif…
Le stage en Espagne vous a permis de vous remettre à niveau physiquement ?
A-P.G : Je suis à 100%. Je ne suis plus blessé. J’ai un gros déficit physique que j’essaye de rattraper à l’entraînement. L’an dernier, je ne me suis pas beaucoup entraîné. J’ai joué blessé car au bout il y avait une Coupe du monde.
Pensez-vous pouvoir réintégrer l’équipe de France rapidement ?
A-P.G : Ça passe par les performances en club. Elle n’est pas entre parenthèses car j’y pense toujours. C’est fantastique de représenter son pays. Mais il faut que je sois bon et décisif avec mon club.
Comment trouvez-vous votre marionnette aux Guignols ?
A-P.G : Ça me fait rire. Ce n’est pas méchant. J’adore. Il n’y a pas de problème. Mais si je peux perdre un ou deux kilos ce serait pas mal…
Eurosport
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