vendredi 21 janvier 2011

Gillot : "Des têtes à désenfler"

Alors que Sochaux affronte le Paris FC en 16e de finale de la Coupe de France (20h45), Francis Gillot affiche la mine des mauvais jours. Si le FCSM n'avance plus beaucoup, c'est parce que des "têtes ont enflé". Certains jeunes, qui pensent à leur carrière plus qu'à leur club, ne jouent plus le jeu.


FRANCIS GILLOT, vous affrontez le Paris FC, vendredi en 16e de finale de la Coupe de France. Cette équipe a déjà éliminé Toulouse et vous avez été vous-mêmes sortis par une formation de National (Bastia) en Coupe de la Ligue. Un Sochalien averti en vaut-il deux ?


F.G. : Aujourd'hui, on est loin d'être serein dans le jeu ou l'efficacité, on sera donc d'autant plus vigilants contre le Paris FC. On a déjà eu du mal à passer contre une CFA2 (ndlr : Jarville, 0-1)... Mais vous savez, tous les ans c'est pareil, il y a des surprises en coupe.


Le FC Sochaux est sur une mauvaise série depuis la mi-décembre. En championnat, le club n'avance plus. Avez-vous des explications ?


F.G. : Il y a beaucoup de raisons. Il est difficile d'en parler en deux minutes mais je pense qu'il y a quelques joueurs qui ne sont plus à leur niveau. Ils se sont peut-être vus trop beaux et font un peu moins d'efforts. Alors collectivement, ça se ressent. Après, on est également moins bien car les terrains plus lourds et dégradés. Pour les gabarits légers, c'est plus dur. On souffre plus, c'était prévu.


Vous dites que certains se sont vus trop beaux, qui visez-vous ?


F.G. : Je ne vais pas donner de noms mais ils vont se reconnaitre. D'ailleurs, ils le savent, je leur ai dit. Mais c'est de la cuisine interne. C'est parfois de la suffisance. Il y a peut-être un peu trop de sollicitations autour de certains joueurs. Les têtes ont enflé. On va essayer de désenfler tout ça.


Comment s'y prend-on ?


F.G. : C'est compliqué car l'entraîneur est toujours le cocu de l'histoire. On a beau dire aux joueurs qu'il reste encore beaucoup de travail, ils n'écoutent pas. C'est compliqué à gérer. C'est pour cette raison qu'on est aussi moins bien.


Votre équipe n'est-elle pas trop joueuse également ?


F.G. : Il y a de ça mais pas seulement... Samedi au Parc, on joue avec deux défensifs (Anin et Carlao), ce n'est pas pour cela qu'on ne prend pas de but (défaite 2-1). Ce n'est pas une question de système. Quand on a des joueurs offensifs qui veulent faire leur boulot défensif, ça ne pose pas de problème. C'est plus une question d'état d'esprit. Le système est un faux problème, il faut trouver un bon équilibre. On l'avait trouvé en début de saison. On ne l'a plus. Encore une fois, le souci vient du fait que certains joueurs ne sont plus au niveau qui était le leur il y a trois ou quatre mois.


On vous sent frustré...


F.G. : C'est le lot de toutes les équipes et de tous les entraîneurs. Aujourd'hui, les jeunes n'ont plus la même mentalité. Il n'y a plus de projet collectif. Les jeunes ont plutôt un projet individuel. Le projet collectif, ils s'en foutent. Ce qu'ils veulent, c'est partir dans un bon club et gagner de l'argent.


Compte tenu du sombre tableau que vous nous dépeignez, avez-vous revu vos ambitions à la baisse ?


F.G. : Il faut déjà se sauver. Après, on verra. Aujourd'hui, compte tenu de l'état des troupes et ce que je vois depuis un mois et demi, je ne vois rien d'autre... On a un calendrier très difficile jusqu'à la fin février. Si on arrive à passer quatre ou cinq matches sans problème, on pourra revoir nos objectifs à la hausse mais il n'y aura pas beaucoup d'écart tant le championnat est homogène.


Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/20012011/70/coupe-de-france-gillot-des-tetes-a-desenfler.html
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