Franck Ribéry a rejoué avec Yoann Gourcuff sous le maillot de l'équipe de France. Disons, sous le chasuble. C'était lundi soir sur terrain réduit, à l'entraînement, et c'est en soi un petit événement. Aucun geste agressif à signaler, plutôt même quelques passes. Aucune complicité ostensible et surjouée non plus, mais le geste du sélectionneur n'est pas passé inaperçu à Clairefontaine. Laurent Blanc n'était pas obligé du tout d'associer les deux joueurs pour la première séance de la semaine. Ribéry à gauche, Gourcuff à droite, il l'a fait, pour préfigurer un nécessaire rabibochage après une Coupe du monde à couper au couteau.
"Tout n'a pas été inventé, il y a sûrement eu des choses, admet Laurent Blanc sur leur conflit larvé. Ça arrive dans un groupe, on n'est pas dans un pays merveilleux. On a des manières de réagir différentes, des couleurs de peau, des religions différentes. Qu'ils ne partent pas en vacances ensemble, pas de souci. Mais il faut que l'on tende tous vers l'objectif commun, l'Euro." Interrogé sur sa compatibilité avec le Lyonnais, Ribéry a commencé par une référence implicite avec la bagarre de l'avion, qui semble n'avoir jamais eu lieu. "Comment avez-vous pu écrire des choses comme ça, je n'ai jamais eu de problème avec Yoann" a-t-il interrogé. Il a ensuite dressé l'état des lieus suivants d'une relation tiède : "J'ai discuté avec lui durant la Coupe du monde, je n'aimais pas qu'il passe pour le malheureux et moi le méchant. J'aurais aimé qu'il fasse un démenti. Il ne l'a pas fait Maintenant, ce n'est pas grave. Mais je vais avoir une discussion avec lui."
A DROITE, OU LA OÙ ON LUI DIRA
Personne n'a oublié ces épisodes, un brin pathétiques, de la fin de règne de Raymond Domenech : Franck Ribéry, milieu droit à succès depuis le Mondial 2006, revendiquant mois après mois de jouer à gauche, avec l'insistance d'un garçonnet capricieux, finissant par l'obtenir, et y étant absolument sans intérêt lors de la Coupe du monde. Le retour de Franck Ribéry a été escorté d'un préalable, posé dès cet automne : "Ne me dites pas que Ribéry ne peut pas animer le côté droit ou derrière la pointe. Si je juge dans le futur qu'il doit nous amener ses qualités à droite, il jouera à droite." Or, pour le Munichois, le problème est sensiblement le même qu'à l'époque : Florent Malouda a posé son empreinte sur le poste de milieu gauche, le seul qu'il peut occuper. Ribéry est plus désirable à droite, là où Valbuena (non retenu), Ménez et Rémy animent une concurrence qui ne devrait pas lui résister s'il est au top.
"Il ne doit pas penser qu'il n'y a que lui qui peut gagner le match à lui tout seul, lui rappelle Blanc. Karim, Samir, Malouda peuvent le penser... Sinon, on fait fausse route. Il est capable de jouer sur tout le front de l'attaque. Quand il est bien physiquement, il peut éliminer partout". Et c'est exactement le genre de profil que recherche Laurent Blanc : "On peut avoir le collectif le plus performant, à un moment donné si l'adversaire est ultra-décisif, la différence vient des joueurs qui peuvent éliminer." Interrogé sur le sujet en clôture de sa conférence, Ribéry n'a pas eu la réponse d'un joueur qui avait renoncé à faire valoir ses vues : "Ma préférence ? Je préfère est à gauche, tout le monde le sait. Mais Jean-Louis (Gasset) m'a dit : tu peux jouer partout. On verra bien." Pendant longtemps, même sous l'ère Domenech, Ribéry a prétendu qu'il ne revendiquerait rien...
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