Lyon connaît la chanson. Il sait combien la pression qui entoure un tour préliminaire de Ligue des Champions est suffocante. L'OL a déjà goûté aux "joies" de ces quitte ou double aoûtiens. Depuis 1999, il en a joué trois. Celui perdu face à Maribor (0-1, 0-2), il y a douze ans, avait eu l'effet d'une bombe. D'un coup de tonnerre. A l'époque, Bernard Lacombe n'était pas encore le bras droit du président Aulas. Il était assis sur le banc rhodanien. "Dans ma carrière d’entraîneur, Maribor, c’est la pire des choses", se souvient Lacombe dans les colonnes du Progrès.
L'OL a retenu la leçon. Il n'est jamais retombé dans le panneau. Que ce soit face à l’Inter Bratislava (2-1, 2-1), en 2000-2001, ou face à Anderlecht (5-1, 3-1), en 2009-2010. Il y a deux ans, Lloris, Réveillère, Cissokho, Cris, Källström, Bastos, Lisandro et Gomis avaient su résister à la chaleur ambiante. Il fallait franchir l'obstacle belge. Lyon venait de débourser 72 millions d'euros sur le marché des transferts.
20 à 25 millions chaque saison
La double confrontation face au Rubin Kazan sera tout aussi vitale pour l'OL. Il y va de sa santé économique. Pour compenser un déficit de 30 millions d'euros, à peine comblé par la vente de Toulalan à Malaga (11 millions), le club de JMA a besoin de la très lucrative Ligue des Champions. Faîtes les comptes : depuis 2004, Lyon atteint, au minimum, les huitièmes de finale de l'épreuve. Depuis 2004, son parcours européen lui rapporte entre 20 et 25 millions d'euros chaque saison. A ce pactole s'ajoutaient des primes de victoire (800000 euros), de match nul (400000 euros) et un bonus de 3 millions pour la qualification en huitièmes. Sans compter les droits télé et les recettes aux guichets, décuplés par les projecteurs de la C1.
S'il veut rester en pleine lumière, s'il aspire à rester dans la cour des grands, qu'il fréquente assidument depuis plus d'une décennie, Lyon n'a pas le droit à l'erreur. "La motivation est là, assurait Bafétimbi Gomis samedi, après le nul concédé face à Ajaccio (1-1). C'est ce match qui doit nous permettre de jouer toutes les grandes rencontres de Ligue des Champions comme ces dernières années." Parce que Lyon "est au dixième rang européen", parce Lyon a infiniment plus de vécu en C1 que le Rubin Kazan (104 matchs pour l'OL, 14 pour les Russes), le club de Jean-Michel Aulas "se doit d’éliminer ce club que l’on respecte beaucoup".
Bastos : "La vitrine idéale"
Et s'il n'y parvient pas ? "Le risque existe, reconnaît Michel Bastos dans France Football. Mais je préfère rester positif et penser qu’on se qualifiera." Porté par un Gerland acquis à sa cause, Rémi Garde se doute bien que l'état de grâce hérité de l'après-Puel ne résisterait pas à une sortie de route en C1. "Passer ou pas nous conditionnera psychologiquement un certain temps, mais dans le sport il faut se remettre en question et avancer, dédramatisait l'entraîneur de l'OL lundi, dans Le Progrès. La Ligue des Champions est un objectif, mais il ne doit pas occulter tous les autres."
Sans doute. Mais une qualification ou une élimination lyonnaise dès le tour préliminaire ne dessinerait pas les mêmes contours pour les mois à venir. Dans la seconde hypothèse, l'OL devrait certainement vendre, voire brader, un ou plusieurs joueurs pour limiter le désastre financier. Les esprits moins chagrins diraient ceci : "Après tout, les Gones ne sont pas éjectés de la scène continentale pour autant". "Oui, mais on n’échangera jamais une participation à la Ligue des Champions contre un beau parcours en Ligue Europa, rétorque Bastos. La C1, c’est essentiel pour le club et pour les joueurs. C’est la vitrine idéale." Une vitrine tellement plus reluisante, tellement plus rentable. L'an passé, les trente-deux équipes qualifiées pour la phase de groupes avaient empoché 7,2 millions d'euros chacune. En comparaison, Porto, vainqueur de la Ligue Europa, n'a gagné "que" 7 millions. Un autre monde, on vous dit…
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