dimanche 1 janvier 2012

Ancelotti, une main de fer dans un gant de velours

Avant de s'asseoir sur le banc du PSG, Carlo Ancelotti a su instaurer un management basé sur deux notions en apparence incompatibles : "la liberté" et "la discipline". Voici la méthode que l'Italien a instaurée à Milan puis à Chelsea. Et qu'il entend importer à Paris.
Plus qu'un technicien reconnu, Carlo Ancelotti est avant tout un manager hors pair, qui a su mettre à profit son passé de joueur pour devenir un entraîneur respecté. Bien avant de s'engager en faveur du PSG, l'Italien s'était longuement confié à nos confrères Daniel Riolo et Christophe Paillet. Dans un ouvrage passionnant, intitulé Secrets de coachs, Ancelotti y dévoile toutes les ficelles de sa gestion humaine.
. LE COLLECTIF AVANT TOUT

A Paris, le discours de Carlo Ancelotti va forcément détoner : "Un joueur n'a jamais fait gagner un match. C'est l'équipe qui gagne les matches." La formule de l'Italien prend tout son sens à Paris, où les excès d'individualisme sont encore trop perceptibles. "Pour faire progresser un joueur qui a énormément de talent, on doit lui faire comprendre qu'il doit mettre son talent au service de l'équipe. S'il joue pour lui, ça n'a aucun intérêt."
. LE DISCOURS DE LA GAGNE

Ancelotti est un entraîneur pragmatique. Un perfectionniste qui ne laisse aucune place au hasard. "La chance est un élément très important, mais on doit aussi la provoquer. Avant une finale, je ne me dis jamais : 'Il va falloir être chanceux "! Je pense à préparer l'équipe au mieux, à donner de la conviction et de l'assurance aux joueurs." On appelle ça la culture de la gagne.
. L'EXPÉRIENCE, ÇA S'APPREND

Ancelotti a un palmarès long comme le bras. Joueur, il a tout gagné avec la Roma et le Milan. Mais quand il a embrassé la carrière d'entraîneur, le natif de Reggiolo ne s'est pas reposé sur ses lauriers. Il a planché, pour combler ses lacunes. "Certains grands joueurs ont pensé que leur expérience pro suffisait. Cela ne fonctionne pas comme ça. Un entraîneur doit savoir beaucoup de choses : toutes les tactiques du jeu, tous les aspects de la préparation physique, psychologique, la gestion d'un groupe. Tout s'apprend." Même à 52 ans.
. MOTIVER LES REMPLAÇANTS

Depuis le temps, Ancelotti a appris à gérer des egos surdimensionnés. A Paris, il devra dégager une hiérarchie. "Ces choix conditionnent les rapports avec les joueurs. Il faut toujours motiver ceux qui ont moins de temps de jeu." Mais pas question pour autant de se perdre dans des justifications superflues. "Je n'explique jamais mes choix. Quand je jouais et que l'entraîneur venait m'expliquer pourquoi je ne serais pas titulaire, je n'étais jamais d'accord avec lui."
. LES "PETITS DÉTAILS" DE L'ENTRAÎNEMENT

Ancelotti se définit lui-même comme un entraîneur "assez cool dans la gestion des joueurs". "Je ne suis pas quelqu'un d'autoritaire. Je leur donne beaucoup de liberté." Mais attention : l'Italien "aime la ponctualité et la discipline", "que les joueurs soient sérieux et impliqués à l'entraînement". "Là, je ne transige pas. Si un joueur ne s'implique pas à l'entraînement, je le renvoie." Et c'est souvent sur ce genre de "petits détails" qu'il finit par "choisir entre deux joueurs de même niveau".
. L'IMPLICATION DES JOUEURS

En politique, on appelle ça la démocratie participative. Ancelotti en est un adepte. Il préfère les échanges constructifs aux directives intransigeantes. "Je parle beaucoup avec eux et je cherche à les impliquer dans la programmation des entraînements. Je ne suis pas du genre à imposer à un entraînement à 10 heures si les joueurs préfèrent s'entraîner à 10h30. Cela ne change rien pour moi. Quand je suis arrivé ici, à Chelsea, j'ai essayé de maintenir les habitudes que les joueurs avaient avant mon arrivée."
. DES RELAIS DE TRANSMISSION

Technicien reconnu, Ancelotti estime qu'"élaborer une tactique n'est pas très compliqué". "Le plus difficile est de transmettre. Tu dois être clair, simple." A Paris, Ancelotti a déjà annoncé qu'il s'efforcerait de communiquer en Français dans le texte. En Angleterre, il avait consenti des efforts colossaux pour apprivoiser la langue de Shakespeare. Mais maîtriser la langue du pays ne suffit pas. Pour faire passer son message passe, Ancelotti n'hésite pas à s'appuyer sur "des joueurs avec lesquels il a plus d'affinités" ou sur "des leaders d'équipe". A Paris, ils s'appelaient Coupet, Giuly et Makelele. Aujourd'hui, Ancelotti doit leur trouver des successeurs dans un effectif considérablement remanié.
. LE COACHING, TOUT UN ART

Il arrive qu'un joueur n'en fasse qu'à sa tête. Qu'il sorte du cadre établi. Dans ce cas, Ancelotti avoue "ne pas être très rigide". Là encore, il joue la carte de l'empathie. "J'ai l'avantage d'avoir été pro, donc je peux comprendre les difficultés qu'un joueur a sur le terrain." Et si elles persistent, alors là, il intervient. "Soit je le remplace, soit je lui dis qu'il doit changer sa façon de jouer." Mais en aucun cas, il se lance dans un coaching prématuré, qui pourrait s'avérer hasardeux. "Dans ma carrière, je n'ai jamais remplacé un joueur en première mi-temps pour une question tactique." D'autres, comme Fabio Capello, n'hésitent pas à trancher dans le vif dès qu'ils le jugent nécessaire. Et eux aussi, ils gagnent.
Eurosport
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