Le phrasé n'est pas le même. Mais le fond est identique. Demandez à un joueur de l'équipe de France de vous parler du Honduras, et vous obtiendrez une vague réponse, entre la volonté de ne pas vexer l'adversaire et celle de ne pas passer pour un idiot. Derniers exemples en date : Stéphane Ruffier et Loïc Rémy, interrogés vendredi en conférence de presse. Le gardien stéphanois ne "connaît pas de joueurs" mais "pense que s'ils sont là, c'est que c'est une très belle équipe". L'attaquant de Newcastle "n'en connaît pas des masses" mais avance l'hypothèse de "joueurs physiques, comme les Sud-Américains tout simplement". Bonne pioche.
Avec une 33eplace au classement Fifa - la France est 17e - le Honduras est l'adversaire présumé le plus faible du groupe E. Une étiquette dont les Bleus vont devoir se méfier car la Bicolor - c'est son surnom - "a des aptitudes pour aller au combat", comme le signalait Didier Deschamps en début de semaine. "On est prévenu, on sait à quoi s'attendre demain (dimanche), il va falloir montrer notre niveau d'agressivité", expliquait encore Hugo Lloris samedi. Solides, physiques mais aussi rugueux les Honduriens. En témoigne leur match amical face aux Anglais le 8 juin dernier. Un nul (0-0) au tableau d'affichage mais pas en termes d'avertissements. Cinq cartons jaunes à trois, un rouge à zéro.
Une "rancœur" contre les Français
"Une chose est sûre : même si on perd nos trois matchs, les joueurs vont tout donner, jusqu'à la dernière goutte de leur sang", avait déclaré leur sélectionneur Luis Fernando Suarez, un brin théâtral. Ces mots ont en tout cas résonné dans l'esprit de ses joueurs, conscients de porter les espoirs de tout un peuple. "Nous pouvons battre la France, c'est le football et la possibilité de finir victorieux existe. Mais nous sommes conscients que nous devons réaliser un bon match, rester concentrés pendant 90 minutes et profiter de toutes les occasions qui se présentent", a assuré l'attaquant Jerry Bengston, déjà prêt à faire face à Mamadou Sakho. Car les Honduriens connaissent très bien les joueurs français.
Et si la rage de vaincre de cette équipe qui joue systématiquement en 4-4-2 venait d'ailleurs ? En février dernier, Canal Plus diffusait un documentaire consacré à la sélection et intitulé "les "Misérables" du Honduras. Un titre, inspiré de l'œuvre de Hugo, que les intéressés n'ont pas apprécié, suscitant la polémique. "C'est une petite rancœur que nous aurons pendant le match contre la France. On fera tout pour leur montrer qu'ici, on n'est pas misérables. Et ils verront ce qu'on peut faire", avait alors promis Bengston.
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