jeudi 6 mai 2010

Deschamps, l'homme providentiel

L'OM n'avait plus rien gagné depuis 17 ans. En une saison, Marseille a décroché une Coupe de la Ligue et un titre de champion de France. Un succès qui porte la patte de Didier Deschamps. L'entraîneur a guidé sa formation dans le choix des hommes et dans ses inspirations tactiques. Gros plan.
1992, l'OM remporte son huitième titre grâce à une victoire sur Cannes (2-0) et un but de la tête de... Didier Deschamps. Il aura fallu attendre son retour dans les Bouches-du-Rhône pour dépoussiérer le monument et lui redonner un peu d'éclat. Nombreux sont ceux qui se sont cassé les dents sur cette mission périlleuse. De Marc Bourrier à Eric Gerets en passant par Rolland Courbis, Abel Braga, Gérard Gili, Alain Perrin, Jean Fernandez, Javier Clemente ou Philippe Troussier. Au total, ils sont seize à être rentrés bredouilles de leur séjour phocéen. Dès sa première saison, Didier Deschamps a redonné une seconde jeunesse à un palmarès qui commençait à jaunir sous le poids des années de disette.

Dix mois de travail et deux titres : une Coupe de la Ligue pour s'ouvrir l'appétit et un titre de champion de France pour couronner une saison pleine. Forcément, ce sacre porte la patte de l'ancien capitaine de l'équipe de France. Dès l'été dernier, il apporte son expérience en ciblant ses recrues et s'impose de suite comme le seul vrai patron du sportif. Pas une mince affaire à Marseille. Contrairement à d'autres mercato olympiens, celui-ci privilégiera la qualité à la quantité.

Un recrutement ciblé et intelligent

Souleymane Diawara, Stéphane M’bia, Gabriel Heinze, Lucho Gonzalez, Edouard Cissé: ce sont là les hommes de Deschamps mais aussi les hommes de base du sacre olympien. "Il y a eu des investissements importants sur le choix des joueurs, sur Lucho, M’Bia, Diawara. Ce sont des joueurs qui ont amené des choses différentes. Heinze, également, a apporté son mental et son caractère. J'avais une priorité des priorités, c'est Lucho Gonzalez. C'est un joueur qui fait passer une bonne équipe à un statut de très bonne équipe", déclarait dimanche le coach olympien sur le plateau du Canal Football Club.

Deschamps a construit un effectif d'une vingtaine de joueurs dans lequel il ne cessera de puiser. Fabrice Abriel sera bien plus qu'un second couteau et en début de saison, il n'est pas loin d'être le meilleur Marseillais sur la pelouse. Viendront ensuite le tour de Ben Arfa puis de Valbuena et de Kaboré. Le plus grand mérite de Didier Deschamps cette saison ? Avoir su jongler avec les états de forme de chacun et mettre les égo de côté. Le Basque n'a jamais hésité à trancher dans le vif. Benoît Cheyrou en baisse de forme ? Qu'importe son poids dans le dispositif, Kaboré prend le relais avec succès. Pareil pour Ben Arfa ou Taïwo qui goûteront également au banc.

Une parfaite gestion de l'effectif

"Il est le seul dans ce club à être capable de mener l'équipe très loin. Le problème, l'année dernière, c'est qu'il y avait Gerets, très bon, et Diouf avec un fort caractère aussi. Deschamps sait aussi très bien gérer le banc de touche. Il faut des remplaçants au niveau des titulaires et leur faire accepter de ne pas jouer. Et ça, il sait très bien faire !", analysait très justement Bernard Tapie dans les colonnes de La Provence ce mercredi. Deschamps aura aussi eu le mérite de réviser son jugement sur deux laissés pour compte, Hatem Ben Arfa et Mathieu Valbuena. Le premier lui a sauvé quelques matches, le second, sur lequel il ne comptait pas et qui était promis à un départ cet hiver, est redevenu titulaire indiscutable, également décisif.

Ses choix tactiques se sont avérés payants. Le plus évident : le repositionnement de Stéphane M'Bia dans l'axe qui a consolidé la base défensive. Mais difficile de ne pas souligner également le rôle d'Edouard Cissé en sentinelle devant l'arrière-garde. Tant de choix judicieux qui ont conduit Marseille au paradis. "Le succès, ce sont les joueurs, et Deschamps et son staff. C'est leur succès. Vous vous rendez compte ? Il arrive et il gagne deux titres. Chapeau Monsieur Deschamps !", jubilait Jean-Claude Dassier, le président de l'OM, après la victoire contre Rennes (3-1). Les supporters ne s'y trompaient pas. Et dans un Vélodrome en fusion ce mercredi, une banderole se distinguait des autres : "Deschamps : Joueur ou entraîneur, tu es notre bonheur."

Eurosport

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