Pendant vingt minutes, le peuple vert y a cru. Sevré de victoire depuis huit matchs, Saint-Etienne pensait bien la tenir. Et c'était mérité, tant les partenaires de Janot s'étaient arrachés à leurs démons pour renverser la tendance face à des Bordelais réalistes devant mais fébriles derrière. L'égalisation de Fernando dans les derniers instants a tout fichu par terre et laisse l'ASSE en proie à ses doutes, elle qui n'a plus remporté la moindre victoire à domicile depuis deux mois. C'était en huitième de finale de la Coupe de la Ligue et Saint-Etienne avait battu... Bordeaux.
Entre le dixième et le onzième du classement au coup d'envoi, la fantaisie n'est pas de mise durant ces premières minutes. La pluie fine et le froid verglaçant ne favorisent pas non plus l'emballement général. Rivière, lancé en profondeur, tente bien de réchauffer l'ambiance mais l'attaquant stéphanois se mélange les pinceaux au moment de frapper et se fait reprendre par Ciani, bien revenu (12e). Il faut attendre 25 minutes pour voir le premier tir cadré du match, un coup de tête bien placé de Bocanegra sur lequel s'envole un Carrasso vigilant. Entre-temps, Bordeaux a payé un lourd tribu à la bataille qui fait rage depuis le début de la partie puisque Tremoulinas, touché à l'arcade après un choc avec Landrin, est obligé de céder sa place à Marange. A l'image de l'oeuf de pigeon qui orne l'arcade du latéral bordelais, Bordeaux couve pourtant quelque-chose. L'éclosion a lieu à la demi-heure de jeu quand Ben Khalfallah hérite d'un ballon dévié par Modeste pour ouvrir le score d'une frappe précise (0-1, 30e) !
Ce premier but de l'ex-Valenciennois sous ses nouvelles couleurs girondines assomme totalement les Verts, écoeurés par le réalisme adverse, comme par leur impuissance à construire une véritable réplique. Hormis une frappe croisée de Rivière qui se heurte à Carrasso qui a bien bouché son angle, les hommes de Galtier n'arrivent pas à se montrer dangereux. Bordeaux, comme rassuré par cette ouverture du score (sur les six fois où ils ont marqué en premier, ils ont remporté cinq matchs et fait un match nul), se contente de faire tourner le ballon. Plutôt habilement d'ailleurs.
Fernando majeur
Mais, à force d'attendre, Bordeaux prête le flanc. Car les Verts sont revenus avec d'autres intentions à la reprise. Bien décidés à mettre fin à la malédiction du Chaudron, les Foreziens ne calculent plus. C'est parfois brouillon, désordonné, mais ça a le mérite de faire reculer les Bordelais. Le souffle vert suffit pour faire vaciller l'édifice girondin qui, en deux minutes, s'effondre comme un château de cartes ! C'est d'abord Ebondo qui profite des errements de la défense où Ciani et Plasil se téléscopent pour égaliser d'une belle frappe croisée (1-1, 67e) avant que Bocanegra, complètement oublié, ne libère Geoffroy-Guichard d'un coup de tête qui file entre les jambes de Carrasso (2-1, 69e). Bordeaux, si appliqué pendant une heure, paye cash une concentration défaillante. Un mal récurrent depuis le début de la saison.
Dans la foulée, Rivière est tout près de réussir le but du break définitif mais il bute de nouveau sur un Carrasso bien sorti. Si le portier marine sauve les siens sur cette parade, Jérémie Janot, lui, connaît une destinée tout autre. Sur un coup-franc excentré, il semble hésiter dans son placement avant de commettre une petite faute de main sur une tête renversée de Fernando (2-2, 89e). L'égalisation est très cruelle pour Saint-Etienne au vue de cette seconde période en même temps qu'elle permet aux hommes de Tigana de remonter à la huitième place du championnat. Mais personne ne se satisfera de ce partage des points.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/05122010/70/ligue-1-verts-pas-vernis.html
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