Laurent Blanc a mis fin à une vieille coutume que Raymond Domenech avait lui-même raréfiée : celle des debriefs du sélectionneur après deux dates internationales. Les journalistes avaient pris l'habitude, après une série de deux rencontres comme celles que les Bleus viennent de jouer en Albanie (2-1) et en Roumanie (0-0), d'interroger le sélectionneur en longueur et à froid, au lendemain de la fin du stage. Blanc ayant pris ses distances avec le procédé, il est revenu à son patron, le président de la FFF Noël Le Graët d'assurer mercredi ce service après-vente. Il l'a fait au micro de RTL, avec une égalité d'humeur remarquable malgré le contenu des questions.
"Les joueurs l'ont applaudi"
Au micro de Christophe Hondelatte, Le Graët s'est étonné de toutes les inquiétudes nées du surplace de ces derniers jours. Le temps fort de son intervention reste son récit de la soirée d'hier. Blanc en perte d'autorité ? Le nouvel homme fort de la fédération dort sur ses deux oreilles. "J'ai entendu son discours (de Laurent Blanc) d'après-match, et j'ai vu les joueurs l'applaudir sur ce qu'il a dit. Après un 0-0 pénalisant pour les joueurs, parce qu'ils avaient envie de gagner, c'était un match extrêmement difficile, Laurent Blanc leur a donné un message de confiance et les joueurs l'ont applaudi. C'est très rare. J'en ai fait des vestiaires j'ai rarement vu ce que j'ai vu hier soir..."
L'idée que les Bleus puissent sous-investir la sélection fait également bondir l'homme élu en juin dernier. "Les joueurs viendraient tous à pied en équipe de France, contrairement à ce que je lis, qu'ils sont lassés, blasés... Quand ils ne sont pas sélectionnés, c'est un vrai drame, ils ont envie de l'équipe de France, ils aiment l'équipe de France". Ne pas confondre, demande-t-il, l'irrespect pour le maillot et le souhait légitime de jouer. "Quand il y a 23 joueurs, il y en a onze qui jouent, c'est la vie. Il y a quelquefois des petites concurrences, c'est normal que certains joueurs soient un peu déçus. Il serait un peu dommage que quelqu'un de sélectionné qui ne joue pas dise: 'Qu'est-ce que je suis content d'être là, le sélectionneur, bravo'. Il y a des discussions normales qui sont aujourd'hui médiatisées davantage".
La rumeur Bernès
Ce qui a été médiatisé en début de semaine, dans Libération et L'Equipe, c'est le sentiment partagé par certains déçus de l'ère Blanc, que le sélectionneur pouvait, au moins inconsciemment favoriser des joueurs disposant du même agent que lui. Le Graët a répondu en se portant garant de "l'honnêteté intellectuelle de Laurent Blanc". "Il ne lui viendrait pas à l'idée, assure NLG, de sélectionner un joueur parce qu'il est chez Jean-Pierre Bernès. Il a la volonté de qualifier l'équipe, la volonté de bien jouer. Il se trouve que, c'est un hasard, il y a deux ou trois agents importants en Europe, et Bernès en fait partie. Jean Pierre Bernès a beaucoup d'excellents joueurs, cela montre qu'il a des qualités."
De façon générale, Noël Le Graët s'est efforcé de relativiser le sentiment d'échec de l'équipe de France, leader de son groupe mais qui disputera très probablement une finale contre la Bosnie le mois prochain au Stade de France après avoir abandonné sept points en route. "Nous sommes sur une série de onze matches, invaincus depuis septembre l'année dernière, rappelle Le Graët. On a très mal démarré dans ce groupe et depuis, on a d'excellents résultats. C'est la difficulté, quand on part sur une défaite dans un championnat serré. Cela pénalise longtemps, mais on est en tête." La France est première du groupe D avec 17 points, avec un point d'avance sur la Bosnie-Herzégovine.
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