Égypte-Algérie, acte IV ! Après les deux rencontres en aller-retour comptant pour le groupe C des éliminatoires de la Coupe du monde 2010 et le match d'appui disputé à Omdurman au Soudan, les Pharaons et les Fennecs se retrouvent en demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations, ce jeudi à Benguela. Trois mois après le dernier match entre les deux équipes, le caillassage du bus algérien et les incidents survenus lors du match d'appui à Omdurman, près de Khartoum, avec des supporters pris dans les coups de matraques d'une police soudanaise trop zélée, ont laissé des traces tenaces. Pourtant, les Algériens refusent dans une grande majorité de revenir sur ces deux sujets sensibles. Une façon habile de ne pas se mettre la pression et de se concentrer uniquement sur le terrain et sur le jeu avant d'aborder une confrontation contre l'un des favoris logiques de la compétition.
Raouaroua: "Il ne s'est rien passé sur le terrain"
Si les deux nations se connaissent bien et font les beaux jours de l'Afrique du Nord dans cette épreuve disputée en Angola, les tensions ne sont pas encore totalement retombées. Interrogé sur les ondes de RMC dans l'émission Luis Attaque, Mohamed Raouaroua, président de la Fédération algérienne, revenait sur le caillassage du bus avant la rencontre décisive prévue au Cairo Stadium, le 14 novembre dernier. "Je n'ai pas changé de position par rapport à ce qui s'est produit au Caire", expliquait ainsi le dirigeant de la Fédération, tout en précisant: "Le seul responsable du caillassage qui s'est passé là-bas est le président de la fédération égyptienne, M. Samir Zaher. De toute façon, cette affaire sera réglée le 22 février par la FIFA. Là, on saura qui est le coupable et qui est la victime."
Malgré tout, président, sélectionneur et joueurs veulent se concentrer uniquement sur le terrain pour s'ouvrir les portes de la finale. Mohamed Raouaroua le précisait également au cours de l'entretien, rappelant la bonne tenue des acteurs lors de cette triple confrontation précédente. "Sur les trois rencontres de qualification face à Égypte, il ne s'est rien passé sur le terrain. [...] Nous sommes tranquilles. Nous sommes sortis du contexte de qualification dans lesquels nous étions. Il y avait eu beaucoup de passion autour de ce match. Beaucoup de conditions extra-sportives avaient été utilisées pour nous diminuer. Les jeunes ont prouvé à Khartoum, qu'ils méritaient de gagner", ajoutait-il comme pour mieux calmer les esprits les plus violents.
Belhadj: "L'Égypte est une très bonne équipe"
Même son de cloche du côté de Rabah Saâdane, le sélectionneur algérien, ou des joueurs, à l'instar de Yazid Mansouri ou de Nadir Belhadj. "On doit rester dans le sport. Avec l'Égypte, sur le terrain, ça s'était très, très bien passé", explique ainsi le sélectionneur des Fennecs pendant que Nadir Belhadj, l'Algérien de Portsmouth, préfère aussi se concentrer sur le terrain tout en apaisant la situation entre les deux pays. "L'Égypte est une très bonne équipe. Nous aussi, nous sommes dans une belle dynamique après un début raté dans la compétition. C'est un gros match en vue. [...] On va essayer de développer notre jeu comme on l'a fait jusqu'à présent et faire un bon match. Nous n'avons pas de pression particulière", indiquait-il ainsi, mercredi, sur le site officiel de la Confédération africaine de football.
Dans les colonnes du Parisien, Yazid Mansouri, le milieu de terrain lorientais, en a aussi profité pour lancer un message à des supporters qui devraient investir en nombre l'enceinte sportive et qui pourraient en venir aux mains avec les homologues égyptiens. "On aurait aimé jouer une autre équipe. Mais c'est une demi-finale et, si l'Égypte en est là, ce n'est pas par hasard. Khartoum, Le Caire, c'est du passé. Là, on est dans un autre contexte, dans un pays neutre, à la CAN. [...] Animosité, non. Mais avec Égypte, il y aura toujours ce truc, comme un petit conflit entre guillemets. Après, on va entrer sur le terrain pour jouer au foot, pas pour faire la guerre. J'espère qu'il n'y aura pas trop de débordements du côté des supporteurs." La CAF, organisateur de la compétition, doit l'espérer également, elle qui n'avait pas été à la hauteur lors du mitraillage du bus togolais à Cabinda. Déjà endeuillée, cette CAN n'a vraiment pas besoin d'une autre publicité dans le même genre.

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